Le roman écrit à la veille de la Seconde guerre mondiale, se situe à laube de 1914, et confronte dans une petite garnison autrichienne un jeune officier, Anton, et une jeune paraplégique, Edith, fille dune huile locale ; cest le huis clos dun amour impossible, marché de dupes où Anton cherche à laider tandis quEdith cherche à l'aimer. Adapter lunique roman de lAutrichien Stefan Zweig, romancier, mais aussi prolifique nouvelliste, essayiste, poète, historien ou encore biograp […]
BATAILLE GUERROIE CONTRE LES QUINQUAS Ce qu’il y a de pénible avec les critiques de spectacles, c’est qu’ils s’évertuent à vouloir reconnaître chez les nouveaux humoristes les marques de style des anciens, comme s’il fallait ressembler à quelqu’un, à moins que l’angoisse de la prise de risque incite les petits nouveaux à emboîter le pas, plutôt qu’à innover. Stéphanie Bataille n’échappe pas à l’incontournable règle. Sa voix rauque – on apprendra ensuite avec regret que les aléas […]
LA POÉSIE EST LA MUSIQUE DE LA PENSÉE Le mercredi 8 juin 2005, les élèves de 3e cycle du conservatoire dart dramatique jouaient « LÉchange » de Paul Claudel. Soyons clairs : je naime pas Claudel, ni lhomme ni lécrivain. Mais je sais, définitivement, que lauteur est un génie de la littérature : deux professeurs de faculté, Didier Alexandre et Bernadette Rey-Flaud, me lont brillamment démontré naguère à luniversité. Cest un magnifique styliste, qui possède un sens aigu de la langue f […]
UN BIEN FOUMercredi 8 juin 2005 à Avignon, Blandine Robert présentait son projet professionnel de fin détudes au conservatoire dart dramatique dAvignon. Un sans-faute. Blandine Robert na pas choisi la facilité pour son spectacle de fin détudes. Adapter à la scène le grand Arthur Schnitzler ne relève pas de lévidence. Et passionner le public avec un monologue intérieur, Mademoiselle Else, écrit par cet observateur aigu de latmosphère désenchantée de Vienne, à la fin du XIXe si&egr […]
LE SENS DU POIDS DES MOTSLe samedi 28 mai 2005, récompense du curieux de théâtre contemporain que je suis, jai découvert un auteur, Alain Gras, et une jolie pièce, « Dernier acte ». Un acteur très célèbre, Pierre, est au soir de sa carrière et de sa vie. Il a connu tous les succès. Il est marié à Annouk, jolie femme, plus jeune que lui. Ils vivent dans une maison bourgeoise et confortable. Pierre a un agent qui soccupe de tout : sa carrière, ses tournées, ses tournages. Cest devenu un am […]
MISE AU JOUR DE NOS PETITESSESBertrand Beillot présentait le résultat dun travail de latelier théâtre du lycée Pasteur dAvignon, le jeudi 26 mai 2005, au Théâtre de la Luna. Saluons dabord lambition de Bertrand Beillot : il na pas choisi léternel Molière ou La Leçon dIonesco comme support de ce travail. Cétait dautant plus difficile que la pièce ne comporte aucune didascalie et aucune distribution ! Jean-Yves Picq est pourtant un choix tout à fait indiqué, car il est, de mon point […]
UNE FÉE RUSSELe 19 mai 2005, dans le cadre de « Mai au cabaret » au Théâtre des Trois-Pilats, Dasha Baskakova a offert un récital de chansons et musiques russes, cocktail Molotov de mélancolie et dhumour. Le public était scotché. Dès les premières notes, la Russie sort de cette bouche gourmande, ourlée de rouge. La voix chaude, prenante, assurée, harmonieuse, enveloppante, sensuelle et le toucher pianistique très fin de Dasha Baskakova nous piègent immédiatement dans les filets de son âme […]
RIN QUUN MANNEQUIN AU SERVICE DES RICHESLe 6 mai 2005, dans le cadre de « Mai au cabaret », Jean-Claude Mézière et Serge Besset ont offert comme un cadeau le « Spectacle Gaston Couté » au Théâtre des Trois-Pilats, qui est sans doute la scène la plus généreuse dAvignon, malgré, rappelons-le vigoureusement, 0,00 de subventions. Il est vrai que ce lieu ne produit que des richesses artistiques, alors Je nen reviens toujours pas. Quand je pense que Gaston Couté a écrit tous ses textes entr […]
IL NE FAUT PAS AVOIR FROID AUX RÊVES « Échappées delles » a été représenté, le 4 mai 2005, dans le cadre de « Mai au cabaret » des Trois Pilats, mine de rien peut-être la scène la plus vivante dAvignon. Deux artistes, quelques lampions, une valise, une contrebasse, un violoncelle, des costumes rigolos et le petit théâtre portatif est créé, le pestacle peut commencer. Juste une consigne : « On ne parle pas de politique. » Cest le contraire qui va se produire, bien sûr. Mais de la plus be […]
UNE ODE À LA SOUFFRANCE DES FEMMESCe spectacle a été donné, les 29 et 30 avril 2005, au Théâtre des Halles, après son succès au Festival off dAvignon 2004. Cest difficile de parler dun spectacle comme Histoires delles. Pour au moins deux raisons : dabord, parce que cest presque plus de la poésie que du théâtre ; ensuite parce que lessentiel repose sur linterprétation dune seule comédienne, en loccurrence Sandrine Bestel. Deux histoires denfermement se croisent. La premi&egra […]
LE SANG DE LA MUSIQUECest vraiment une très bonne idée qua eue le Théâtre du Bourg-Neuf dinviter Meïssa MBaye, surnommé « le Léo Ferré africain », pour un concert les 28, 29 et 30 avril 2005. Ce chanteur franco-sénégalais se produisait en toute petite formation, puisquil nétait accompagné que de Clifford Lafleur, à la guitare. Mais lessentiel était là : une voix de baryton magnifique, ourlée de douceur et de puissance, cousue dharmonie et de chaleur, soufrée de sensualité et de pude […]
UN COUPLE ONDOYANT ET MAGNIFIQUELa compagnie Villanueva Tango offrait le vendredi 22 avril 2005 ses dernières créations, « En la quebrada » et « Échappées », au Théâtre Golovine. Contrairement à la majorité des spectateurs de ce vendredi-là, je suis un béotien parfait en ce qui concerne le tango. Cela ne minterdit pas pour autant davoir un avis sur ce spectacle. Non ? La première partie, intitulée En la quebrada (la « cassure », la « faille ») ne me convainc pas totalement. Marina C […]
« CEST MOI, CE SILENCE QUI TE CARESSE »Les 14 et 15 avril 2005, au Théâtre des Halles, la compagnie de lHomme-au-Nez-Rouge présentait « LHistoire des ours pandas racontée par un saxophoniste qui a une petite amie à Francfort », de Matéï Visniec.Le début de la pièce est excitant : un homme (Lui) se réveille dans son lit après une nuit agitée et largement arrosée. Jusque-là, rien que de très banal. Sauf que nous sommes chez Visniec, que la mécanique de la logique va se dérégler et que l […]
« OUI, ET ALORS ? »Dans le cadre des « Périphériques », VIe Rencontre européenne Théâtres Banlieues, la compagnie parisienne Waïtouké donnait « Être noire », de Claire Denieul et Thérèse Bernis. « Pour Être noire, Waïtouké travaille en relation avec le réel. Il ne sagit plus de faire entrer la fiction dans un environnement existant, mais de confronter une personne réelle avec sa mémoire, son histoire, à un espace, un temps théâtral tel que lest la représentation », affirme le dos […]
UNE SUBLIME PROVOCATION Ce spectacle a été donné, le 3 avril 2005, dans le cadre des « scènes ouvertes » des VIe Rencontres théâtres banlieues et aux Trois Pilats, la scène la plus joliment intimiste dAvignon, le 4 avril 2005. Dabord. Dabord, de jolies couleurs. Des costumes noirs, des sièges rouges, des visages blancs. Un pianiste en redingote et gilet, grand style, qui joue, peut-être, le 6e prélude en si mineur, de Chopin. Une scène et des éclairages chauds, moirés docre. Je me sen […]
LE PRÉCIPICE DU DÉSIRHafa veut dire, en arabe, « précipice ». Cest un endroit que beaucoup de Marocains connaissent. Et pour cause. De là, ils voient parfaitement le rocher de Gibraltar, comme un espoir dEurope, mère de tous leurs fantasmes dailleurs, cette utopie où on vit forcément une vie idyllique, comparée à la leur. Cest du moins ce que croient les clandestins qui sentassent près de lhafa avant de partir. Mais cet hafa peut être interprété aussi comme le symbole du désir daut […]
PÉDAGOGIE ET ENTHOUSIASMELe spectacle On peut rêver est le résultat dun atelier hebdomadaire qui réunit dix enfants, filles et garçons entre 8 et 16 ans, venus des quartiers Monclar, Champfleury, Saint-Jean et la Rocade. Il est animé, avec passion, par trois comédiennes (Ana Abril, Sophie Mangin et Salomé Charlier), assistées par une animatrice de lassociation Repères chargée de lencadrement et du suivi des enfants, Béatrice Denée. Or le résultat en question est plutôt joli. Comme qu […]
UNE UVRE VISIONNAIRELe sous-titre du spectacle dit bien ce quil veut signifier : « un projet de fiction minimaliste, daprès luvre de John Brunner ». Ce monsieur a écrit, en 1972, son 1984 à lui, Le Troupeau aveugle. Laction se déroule au XXIe siècle aux États-Unis. Cest-à-dire maintenant et ici ! Lhistoire débute à Noshri (Afrique), où la guerre civile, telle une chrysalide perverse sur qui se cristallisent toutes les peurs, a fait éclore son papillon de sang. Une énorme quantit […]
« À CHAQUE FOIS QUE JE MEURS DANS LE SPECTACLE, JE PLEURE » Ce dimanche 3 avril 2005, jai été profondément ému par un reportage vidéo, paradoxalement dans un festival de théâtre, les VIe Rencontres européennes théâtres banlieues. De quoi sagit-il ? Dune tribu de vingt-quatre enfants et de seize adultes de Belleville et de Mantes-la-Jolie, endroits réputés « difficiles », qui a monté un spectacle, Zorro el Zapato, en hommage au combat pacifique du « sous-commandant » Marcos et des In […]
UN CERTAIN MALAISE OU UN MALAISE CERTAIN ?Dans le cadre de la VIe Rencontre théâtres banlieues, une troupe polonaise, la compagnie varsovienne Teatr2.Strefa, a donné deux spectacles, « XXI » et « Téléphones 2 », à la fois différents et avec un air de furieuse ressemblance. Dans XXI comme dans Téléphones 2, il y est question de liberté individuelle, duniformisation, de totalitarisme Cest aussi une critique visible de notre société de consommation (la séquence des spaghettis, par ex […]
Parole de lecteur