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Festival d'Avignon

20 juillet 2007 5 20 /07 /juillet /2007 15:01
C’EST RICHARD QU’ON ASSASSINE !

Une mise en scène placée en vedette sur le plateau et une histoire plus hachée que condensée. Le Richard III de Peter Verhelst poignarde celui de Shakespeare. Et ne convainc pas.


Sous la plume de Shakespeare, « Richard III » est le dernier volet d’un triptyque théâtral se basant sur des faits historiques (la guerre des Deux-Roses) et qui s’achève avec un changement de dynastie, les Plantagenêt cédant le trône aux Tudor. Richard III, être laid et difforme, prenant sa revanche sur la vie par une conquête, aussi inutile que sanglante, du pouvoir.

richard-iii.jpg
L’immensément libre adaptation qu’en fait Peter Verhelst nous conduit en un temps incertain, dont la modernité est soulignée, peut-être à outrance, par le décor (des arches de toile rouges tendues entre les murs du cloître), les costumes (trois-pièces version disco flashy pour Richard III), les grincements de guitares électriques. Sans doute, la création est belle. Esthétiquement parlant. Sans doute aussi, est-ce bien joué. Mais ni l’esthétique, tant visuelle que sonore, ni le jeu des comédiens ne suffisent à faire oublier une mise en scène quasi aveuglante tant elle est évidente. Guindée, hermétique. Complaisante aussi.

Actes gratuits

Exit les difformités de Richard, joué tel un bellâtre de cinéma dans son complet de satin. Un visage avenant, sans doute pour mieux dénoncer les hypocrisies des actuelles conquêtes du pouvoir, aussi bien politiques qu’économiques. Si tant est que ces sphères soient encore séparées. Soit. Mais pourquoi nous en faire une peinture qui hésite entre farce et ridicule ? Pourquoi dénuder la Reine Anne ? Une nudité stérile, acte gratuit de l’esthétique pour l’esthétique.

On regrette enfin le texte. Non que Verhelst écrive mal. Mais en voulant condenser l’histoire originale, on nous livre des successions de scènes, rapides, qui rendent l’ensemble finalement plus haché que véritablement concentré. L’idée d’une voix off pour rapporter toutes les scènes qui se passent en dehors du palais est ingénieuse, mais la relative lenteur et surtout la linéarité de la narration est lassante.

Dans le public, quelques uns somnolent. Quelques courageux (?) quittent le cloître en cours de représentation. Et au moment du salut, entre les applaudissements mous de certains, d’autres s’extasient. Le snobisme intellectuel a encore de beaux jours devant lui.

Karine PROST
www.ruedutheatre.info

Richard III, de Peter Verhelst
Mise en scène : Ludovic Lagarde.
Avec Suzanne Aubert, Pierre Baux, Anne Bellec, Francesca Bracchino, Geoffrey Carey, Antoine Herniotte, Camille Panonacle, Laurent Poitrenaux, Samuel Réhault et Christele Tual.

Cloître des Carmes. Jusqu'au 26 juillet, à 22 heures. Durée : 1 h 30.
Tournée en France d'octobre 2007 à février 2008.

Credit photo © Ch. Raynaud de Lage

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Published by Karine PROST - dans Festival In 2007
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commentaires

Karine Prost 22/07/2007 09:09

en réaction au commentaire de Bernadette :vous dites que cette représentation permet " l'accessibilité du texte de Shakespeare". Mais le texte n'est pas de Shakespeare... il en est seulement inspiré. Et penser découvrir Shakespeare à travers le texte de Verhelst relèverait presque de l'imposture...KP

Bernadette 22/07/2007 00:21

Hé bien moi j'ai beaucoup appréciée ce Richard III, le satiné des costumes, l'accessibilité du texte de Shakespeare, beaucoup trop complexifié d'habitude, ce qui ne donne pas envie de le décourvir et de le comprendre facielement ; oui, il ne vaut pas tout jeter du in, je crois que cette pièce n'est pas à mettre au meme niveau que les autres spectacles que vous pouvez voir dans le in. Les comédiens sont bons, le texte aéré, la mise en scène originale dépoussière, cela donne de l'envergure et une modernisation dont l'effet est terriblement dévastateur.

Eric P. 21/07/2007 11:32

J'allais écrire quasiment le même commentaire que celui de Patrick M....Merci égalemment pour les mêmes raisons.

Patrick Mons 20/07/2007 18:30

Je me demande bien pourquoi les journalistes ne boycottent pas le In, puisque vous n'êtes jamais contents ce qu'on y présente, que ce soit vous, Le Monde, ou d'autres... Allez donc dans le Off, le % de ce qui est digne d'être vu est plus élevé que ces représentations narcissiques, subventionnées et parisiennes !! Le théâtre le vrai, c'est dans les régions qu'il se passe. Tout le monde part à l'entracte dans le In, tout le monde se plaint que le In déstructure, élitise, avant-gardise, faîtes la grève du In ou essayez de comprendre ce que les metteurs en scène veulent dire, ça leur permettra de se comprendre eux-mêmes !! Enfin merci quand même de votre papier car il est bon d'entendre et de lire cela. Patrick M.

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