Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

21 juillet 2007 6 21 /07 /juillet /2007 23:09
UN GROS, UN PETIT, UN MOYEN SONT DANS UN BATEAU…

Comme toutes les pièces de cette troisième semaine du Festival Nous n’irons pas à Avignon de Vitry-sur-seine, « En pleine mer » est un huis-clos. Mais loin des conventions, il s’agit d’une création complètement folle et passionnante qui reprend l’histoire d’une célèbre comptine.


« Il était un petit navire, il était un petit navire, qui n’avait ja-ja-jamais navigué, qui n’avait ja-ja-jamais navigué ohé ohé… » C’est sur les paroles de cette célèbre comptine pour enfants chantée et commentée entièrement par la comédienne Ingrid Prézioso que débute la pièce. Grâce à elle, en quelques minutes, tous les éléments du spectacle à venir se mettent en place : ils sont trois dans un bateau, ils n’ont plus rien à manger, il va falloir que l’un d’eux sacrifie son corps pour que les deux autres puissent survivre. « Si cette histoire vous a plue, si cette histoire vous a plue, nous allons la-la-la recommencer, nous allons la-la-la recommencer ». Voilà, le décor est planté. La pièce commence, la télévision placée sur scène affiche 55, le compte à rebours débute lui aussi mais, originalité, les lumières resteront allumées. Le spectateur voit aussi bien qu’il est vu.

Pleine-mer.jpg
Trois hommes entrent sur scène en trombe sous une musique forte et rythmée par de lourdes basses. « On a faim, on a très faim… » vient chanter le premier au micro pendant que le deuxième se tord de douleur et le dernier danse comme un fou. Chacun se présente, il y a « le petit », « le moyen » et « le gros ».On se croirait presque à un concert. C’était l’intro…

Très vite, on entre dans le vif du sujet. Les trois hommes s’assoient autour d’une table. Finalement, malgré l’horreur, comme dans la comptine, la décision est prise par le gros : il faut sacrifier quelqu’un. Mais le problème reste entier : lequel sacrifier ? Tirage au sort, courte paille, référendum avec campagne et discours politiques complètement loufoques suivis de vote du public... C’est très drôle et complètement foufou malgré le dramatique de la situation qui pose crûment l’utilité de chacun dans notre société et l’image qu’on en projette.

La pression monte

Mais plus le compte à rebours approche de zéro et plus la pression monte. Régulièrement, la lumière change et trois personnes débarquent sur scène, tels des démons inconscients qui hantent les esprits des trois marins. Leurs identités et leurs rôles restent mystérieux. Hurlements, crises de délire, danses folles, hallucinations s’enchaînent et… au bout d’un moment, on se rend compte qu’on ne rit plus. L’heure est grave. Quelqu’un doit se dévouer.

En pleine mer est un huis-clos complètement déjantée et ludique pendant lequel on sent de temps en temps quelques pointes d’improvisation bien agréables. Les trois acteurs jouent de manière remarquable du début à la fin. Fin qui, bien qu’on s’y attende, se révèle surprenante
non par le fond mais par la forme. Mais nous n’en dirons pas plus… si ce n’est qu’elle révèle l’audace et une réelle  performance d’acteur de la part de Christophe Carassou qui joue le petit. Pendant, trois quarts d’heure, on pense sortir de la salle d’humeur joyeuse mais il s’agit tout de même d’un drame et on en sort finalement plutôt choqué. 

Juliette CELLO (Paris)

Compagnie Théâtre du désordre
Mise en scène : Pierre Terzian
Avec : David Braun, Christophe Carassou, Raphaël Ponsich, Ingrid Prezioso, Jean-Christophe Sylla, Pierre Terzian, Chichi Vlatko.
Scébographie : Raphaël önsih et Pierre Terzian
Lumière Raphaël Lerigoleur
Musique : Eric Van Hees et Pierre Terzian

Représentations du mercredi 18 au dimanche 22 juillet 2007 à 21h dans le cadre du festival « Nous n’irons pas à Avignon ». Durée 55 minutes.

Gare au théâtre,
13 rue Pierre Sémard
94400 Vitry-sur-Seine

Photo © DR

Partager cet article

Repost 0
Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2006-07
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche