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Festival d'Avignon

23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 14:18
TRANSITIONS

Le Sas s'attaque avec subtilité au thème délicat de l'univers carcéral, par le biais du portrait d'une femme qui va retrouver la liberté.

"Je serai toujours plus d’ici que là-bas." Ce soir, elle est entre deux mondes. Le sas : plus vraiment en prison, pas encore dehors... Et toute la nuit, face à elle-même, pour évoquer le passé et appréhender le futur.  La nouvelle création de la compagnie Artscénique théâtre, présentée à Avignon, aborde le thème de la prison avec un texte criant de vérité, de Michel Azama. "Nous avons présenté le spectacle dans une prison pour femmes", explique Manuel Pons, le metteur en scène. "De cette rencontre est née l’envie de parler de la douleur de ces femmes".

le-sas.jpg
Dans une scénographie dépouillée, Patricia Ravidal incarne avec une rare justesse une "partante", comme on les appelle dans le milieu carcéral, une détenue qui sort de prison après seize ans de détention. Seize ans sans voir ses enfants, seize ans coupée du monde. "Est-ce que je vais savoir payer ? Ouvrir les portes ?" se demande-t-elle avec inquiétude. "La liberté qui l’attend au bout de la nuit l’effraie, tout comme elle l’attire", raconte Patricia Ravidal. C’est un personnage tout en contradictions. En prison, elle s’est forgé une carapace, mais toutes les failles de sa vie ressurgissent durant la nuit."

Entre bordel et asile

Les flash-back alternent avec des retours à la réalité du sas, rythmés par une musique qui porte un texte fort et incisif. Sans fioritures, c’est le quotidien de la prison, qui nous est dépeint, avec un regard féminin qui manque souvent aux écrits consacrés à un thème encore tabou.

"Chaque jour finit dès le matin, quand je le coche sur mon calendrier". Dans le sas, c’est toute la hargne accumulée depuis seize ans qui s’exprime durant la nuit. Mais l’univers clos de la prison, aussi détesté soit-il, est tout de même rassurant face à l’inconnu de la liberté. Avec beaucoup de subtilité, Patricia Ravidal fait de la rupture de jeu un art, pour interpréter les errances mentales d'une femme tourmentée. "Ca tient du bordel et de l’asile, mais ça vit !", s’exclame-t-elle. Va-t-elle sortir ?

"Le texte évoque aussi l’enferment psychologique que nous subissons tous les jours au travail, ou encore dans nos relations amoureuses, dont il est très difficile de s’échapper"
, affirme Manuel Pons. Une réflexion universelle, pour un spectacle parfois dur, souvent émouvant, mais porteur d’espoir.
Michèle COLOMBEL
www.ruedutheatre.info

Le Sas
Texte : Michel Azama (Editions Théâtrales)
Mise en scène: Manuel Pons
Interprétation: Patricia Ravidal
Lumières et scénographie : Cyril hamès
Musique: Guillaume Providence
Une production Artscénique théâtre 04 73 25 75 18 / 06 24 22 50 03

Du 6 au 28 juillet à 13h55 - au Pulsion théâtre, à Avignon
Réservations 04 90 85 37 48 - durée : 1h20

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Published by Michèle COLOMBEL - dans Festival Off 2007
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