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Festival d'Avignon

24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 09:39
MACBETH MADE IN TAIWAN

Une compagnie taiwanaise s’en prend au très grand Shakespeare pour le mettre à la délicieuse sauce aigre douce orientale. Un spectacle plein de poésie, une mise en scène fabuleuse et pleine d’inventivité… Un seul regret : l’absence de sous-titrage.


Treize scènes de la pièce shakespearienne ont été sélectionnées, autour des personnages intrigants des sorcières. Simplifiée mais fidèle à l’originale, cette pièce retrace la longue agonie de Macbeth et de son épouse dans la folie totale, jusqu’à la tragique fin connue de tous. A son retour de bataille, Macbeth rencontre trois sorcières qui lui prédisent son ascension au pouvoir qui passera par l’obtention des titres de Duc de Glamis, Duc de Cawdor et Roi d’Ecosse. Apprenant cela, son ambitieuse épouse l’encouragera à accomplir ce présage en exécutant le roi, puis son ami Banquo, duc de Glamis. Accomplissant ces atrocités, Macbeth en devient fou, revoit les spectres de ses victimes, entend des voix, et retourne voir les sorcières qui lui prédiront sa chute. Pendant ce temps, son épouse devient à son tour folle à lier, ne pouvant laver ses mains entachées du sang d’innocents que son mari a exécutés sous son impulsion. Elle se suicidera peu avant que son mari soit à son tour assassiné par Macduff, descendant légitime du trône. 

La-sonate-des-sorcieres.jpg
Réunies autours du triangle que forment Macbeth, les sorcières et Lady Macbeth, ces échantillons de pièce décrivent bien les corrélations entre ces quatre femmes. Mais dans cette version, aucune erreur n’est possible : Macbeth devient fou bel et bien à cause des sorcières. La tradition occidentale veut une certaine dualité dans la traduction de ce drame, les prédictions des sorcières n’ayant pas nécessairement la première place dans la mise en scène. Ici ce sont elles qui content l’histoire et l’orientent. Elles en sont des éléments actifs et essentiels. Le résultat tient plutôt bien la route, et la mise en scène ainsi que le jeu des acteurs sont impressionnants de qualité.
Les décors varient en fonction de différents tableaux. Ils s’enchaînent entre les noirs, passant de l’extérieur à l’intérieur, au sein d’une maison typiquement asiatique munie de ses fameuses portes coulissantes.
Les comédiens font ressortir toute les émotions de Macbeth : l’ambition, la peur, le désespoir, la pure folie… De quoi avoir des frissons tout au long de la pièce.
Le travail d’éclairage est particulièrement bien appliqué, avec des jeux d’ombres et de lumières qui remplacent parfois les décors matériels. Enfin, les douces voix des sorcières ponctuent la pièce, avec des sonates orientales d’un charme saisissant.

Traduite en taiwanais, mieux vaut connaître l’histoire de Macbeth sur le bout des doigts, ou avoir lu le résumé avant le début de la pièce. Hormis la langue, dont le charme finit un peu par lasser, ce spectacle donne à rêver (ou à cauchemarder). L’énergie qui est déployée est à coup sûr une invitation au voyage dans un théâtre oriental trop peu connu des occidentaux et qui est pourtant une source étonnante et intarissable de créativité.

Jennifer MAYEUR
www.ruedutheatre.info

La Sonate des sorcières – Macbeth revisité
Mise en scène : Lu Po-Shen
Interprétation : Yao Kun-Chun, Tsai Pao-Chang, Hung Yi-Lin, Ma Ying-Ni, Dai Huei-Lin
Traduction en taiwanais : Chiu Teng-Pang
Musique : Chang Wen-Tou
Lumières : Ho Chih-Chieh
Costumes : Li Yu-Shen

Le Funambule à 12h45.

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Published by Jennifer MAYEUR - dans Festival Off 2007
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