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Festival d'Avignon

24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 09:56
UN GRAND "OUI" POUR ARTURO

Prenez la grande satIre de Bertold Brecht, dénonçant à l’époque l’ascension du fascisme et d’Adolf Hitler, cinq personnages peu engageants, des marionnettes à gogo et vous obtiendrez un florilège de surprises en tout genre. Cette version libre de La Résistible Ascension d’Arturo Ui est une farce à savourer sans plus attendre.


Sortis de la nuit, des personnages difficiles à cerner décident de nous conter l’histoire d’Arturo Ui, chef d’un réseau d’assassins, de voleurs et d’escrocs. A mi-chemin entre fous du roi, clochards, et forains, Malbouk, Sistite, Gribiche, Javelle et Scorbut donnent le meilleur d’eux-mêmes pour rassembler sur scène les éléments nécessaires à la reconstitution de l’histoire. Ils racontent le parcours d’une bande de filous qui va faire main basse sur le Trust du chou-fleur. Partis d’un rien, ils vont obtenir par l’intimidation, la force et la violence la totalité du marché, envahissant un secteur de plus en plus étendu. La police, les tribunaux, la presse, ils mettront tout le monde de leur côté, même les âmes les plus innocentes… Conservant toujours leurs premiers rôles d’intrigants, les comédiens transforment cette pièce en délicieuse absurdité qui conserve sa force dénonciatrice et un humour délicieusement sombre.

arturoui.jpg

Instruments de musique improvisés, marionnettes, masques, la troupe de bouffons nous fait le grand jeu. Grimaçants tout au long de la pièce, ils nous laissent le souvenir de personnages qu’on ne voudrait pas croiser dans la rue. Sales, méchants, les yeux cernés, les dents en avant, les dos cabossés, les démarches étranges, ils ont toute la panoplie pour faire peur.

Pourtant ce spectacle charme par son originalité et son travail scénique. On plonge parfois dans un univers proche de celui d’Al Capone, avec des passages de cabaret noir, ou des tribunaux constitués de personnages en bois corrompus. Certaines marionnettes sont bluffantes, les autres conservent volontairement leur côté absurde. Jusqu’au bout les comédiens conservent leur étrangeté, et jouent à fond leurs rôles de bouffons. Nul besoin de masque, les travaux de maquillage et d’expression du visage époustouflent. On n’imagine pas une pièce de Brecht jouée par cette bande de malfrats, ils sont pourtant parfaits dans les divers rôles que propose le texte.

« Boucheries, crimes, menaces, trahisons », ces mots résonnent dans la salle et les faciès des comédiens restent dans les mémoires. Cette version gentiment effrayante est un régal. Dans son originalité, ses dérives, ses délires, la troupe de farceurs en guenilles nous en fait voir des vertes et des pas mûres pour un spectacle digne de Bertold Brecht et de son désir de distanciation du spectateur. Un bonheur à l’état brut et brutal !

Jennifer MAYEUR
www.ruedutheatre.info

Arturo Ui, farce bouffonne
Mise en scène et adaptation : Patrick Rabier
Interprétation : Sylvain Mouly, Isabelle Pan, Cédric Pera, Caroline Puyet, Frédérique Souloumiac
Costumes et marionnettes : Cédric Pera
Musique : Sébastien Smither
Lumières : Vincent Guibal
Scénographie : Caroline Selig

Le Collège de la salle à 22h.

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Published by Jennifer MAYEUR - dans Festival Off 2007
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