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Festival d'Avignon

24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 12:31
Approche de l’idée de méfiance est la deuxième œuvre de Rodrigo García proposée au IN. C’est peut-être ce qui explique qu’elle ne soit qu’une simple ébauche. 

Dans ce travail se trouvent tous les ingrédients des propositions de Rodrigo García, ces événements essentiels qui nous convainquent progressivement de changer de vie. Mais, Approche de l’idée de méfiance n’est vraiment pas ce qui nous mènera à la rupture.

approchedelamefiance.jpg
Car cette œuvre laisse une sensation d’inachevé et dénote d’un manque évident d’approfondissement. Comme si en l’espace de quelques jours, il lui avait fallu inventer quelque chose de nouveau. Alors, il aurait décidé que ses acteurs n’allaient quasiment pas ouvrir la bouche et qu’un texte allait défiler sur un immense écran, où parfois serait projetée l’image d’une partie du public filmée par une caméra ; elle-même fixée sur la carapace d’une tortue immergée dans un aquarium à droite de la scène. Or ce dispositif d’accumulation de choses improbables entre en contradiction avec sa volonté de dénoncer en les démantelant les désirs vains, fruits de la société de consommation.

Les acteurs à moitiés nus (on est bien dans le IN) sont cernés et aspergés de lait, mouillés par un jet d’eau puissant, souillés de colle, victimes d’une force extérieure et molle, sans transcendance, force d’inertie du monde de tous les jours qui laisse sans voix les corps soumis.

La voix de cette scène est donc ce texte à la 1ère personne qui a perdu l’envie de poser des bombes et qui vocifère le mot « renoncement » à chaque coin de paragraphe. Mais entre le texte, - la voix -, et les acteurs - ces corps sans voix -, peu de rapport. Car ils sont deux déroulements, plats et apathiques, d’états suspendus dans leur nullité qui ne se répondent pas, deux exhibitions, ni conciliables, ni profondes. Les phrases sont une succession de mots intéressants, mais anecdotiques, circonstanciels, qui n’ont pas encore la force de l’exemple. La réflexion nouvelle sur la souffrance, ses marques et le mystère comme éléments nécessaires pour que la vie soit réelle, que l’homme soit homme, ne trouve pas une illustration scénique satisfaisante et la pensée encore trop immature oblige l’auteur à conclure avec l’aide de ses habituels démons, ici bancals, Donuts et Walt Disney.

Ce travail, mal agencé et superficiel, se vit comme un faux pas, une contradiction passagère et remédiable quoique décevante, sur le chemin initiatique que construit García pour nous conduire au refus de ce monde. Comme s’il avait lui-même renoncé, acceptant de faire ce qu’il savait n’être pas encore prêt, cédant au temps du spectacle.      

Frédérique MUSCINESI
www.ruedutheatre.info

Approche de l’idée de méfiance, à 22 heures jusqu’au 25 juillet, à l’église des Célestins
Texte, scénographie et conception : Rodrigo García
Interprètes : Juanjo de la Jara, Agnés Mateus, Jean-Benoît Ugeux.

Photo © Christophe Raynaud de Lage/festival d'Avignon

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Published by Frédérique MUSCINESI - dans Festival In 2007
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