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Festival d'Avignon

27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 10:23
PEPLUM A LA SAUCE MEXICAINE

La jeune compagnie Teknaï joue Aztèques à la Chapelle du Verbe incarné. Un texte puissant, une mise en scène très intelligente, une interprétation musclée : on en ressort plus vidé qu’après un combat de boxe.


Aztèques, c’est la rencontre entre le conquistador espagnol Cortès et l’empereur du peuple aztèque, Moctezuma. Sous le regard amusé et cynique d’un pape à l'agonie, les deux hommes vont mettre leurs cultures en opposition. La question religieuse est au centre de l’histoire mais pas uniquement : la relation ambiguë entre Cortès et Moctezuma, frères ennemis aussi cruels qu’aimants, nourrit en profondeur la pièce de Michel Azama.

Azt--ques-2.JPG
Azama fournit avec Aztèques un texte d’une grande densité, mêlant subtilement la dimension historique de la conquête du continent américain et sa dimension humaine. Espagnols et Mexicains se découvrent, s’étudient, se scrutent, s’accueillent et se déchirent, s’aiment et se haïssent dans un même mouvement. Pendant ce temps, le pape, « maladif et variqueux », grotesque caricature de dévotion corrompue, mange des madeleines et écoute d’une oreille distraite le récit des massacres perpétrés au nom de son dieu.

La mise en scène de Quentin Defalt assume presque à elle seule l’intérêt de la pièce. D’une inventivité formidable, il parvient à créer un espace scénique monde, chargé de caisses en vases communicants et d’objets de musées, dans lequel les personnages apparaissent ou disparaissent à l’envie. Il parvient en outre à alléger d’une touche comique ces quelques moments où l’auteur se perd en considérations moralistes trans-temporelles.
Les costumes et maquillages de Araminte Mehmet sont superbes et correspondent parfaitement à la tonalité de la pièce.

Aztèques est une fresque historique et humaine d’une intensité incroyable. Les comédiens de la compagnie Teknaï interprètent leurs personnages sans tricher, avec une furie qui laisse le spectateur sans force. Cette puissance de jeu - de feu ! -  et de la mise en scène constitue peut-être aussi le second bémol de cette pièce par ailleurs remarquable : elle aurait sans doute gagné à être jouée avec un peu moins de testostérone et un peu plus de souplesse, d’amplitude dans le rythme.

Morgan LE MOULLAC
www.ruedutheatre.info

Aztèques de Michel Azama
Mise en scène de Quentin Defalt assisté de Damien Orso
Interprétation de Xavier Catteau, Yohann Chanrion, Pierre Vincent Chapus, Leïla Guérémy, Guillaume Hélin, Olga Kokorina, Julie Kpéré, Mehdi Mangal, Damien Orso, Céline Orsoni, Benjamin Peñamaria.

Lumières de Manuel Desfeux
Costumes d’Araminte Mehmet assistée de Juliette Coulon
Scénographie de Natacha Le Guen assistée de Bertille Verlaine et Maïté Goblet
Musique de Guillaume Becker

A la Chapelle du Verbe Incarné, 21G, rue des lices, Avignon, jusqu'au 28 juillet à 22h20.

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans Festival Off 2007
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