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Festival d'Avignon

27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 10:40
ENNUI PAS COSMÉTIQUE

L’Albatros Théâtre présente l’adaptation d’un texte d’Amélie Nothomb. A oublier, vite.


L’action de Cosmétique de l’Ennemi prend place dans un hall d’aéroport. Jérôme Angust, costume cravate d’attaché de commerce, est assis, un livre à la main. Vient un homme, habillé en survêtement bon marché, qui entame la conversation avec lui. Au fil du dialogue, l’on apprend l’identité du voyageur inconvenant, Textor Texel, et le déroulé de sa vie qui va du meurtre télépathique au viol.

La localisation spatiale de la pièce n’est pas anodine. Comme les individus dans un hall d’aéroport, les mots vont et viennent dans la pièce sans s’arrêter. Comme dans un hall d’aéroport, l’on se surprend à vouloir, intensément, être ailleurs. Comme dans un hall d’aéroport, l’on regarde les bagagistes porter et balancer des malles énormes en se demandant ce qui a bien pu les pousser à choisir ce métier.

« Moi, ce que j’aime dans la vie, ce sont les nuisances autorisées » affirme Textor Texel. Quelle lucidité ! Le texte d’Amélie Nothomb en est bien une. Après Hygiène de l’assassin, Stupeur et tremblements et les Combustibles qui avaient certaines qualités, l’auteure ne fait ici que s’autoparodier. Dès les cinq premières minutes, le mol intérêt qui avait éventuellement pu naître de l’acharnement verbal de Textor Texel disparaît sous la masse des clichés. Le premier d’entre eux est le sujet même de la pièce : la schizophrénie. Même si le cinéma ou la littérature n’avaient pas galvaudé le sujet, les ficelles énormes qu’utilise Amélie Nothomb pour construire son roman gâchent tout le plaisir – aussi minime soit-il – que le spectateur aurait pu éprouver à la découverte de la supercherie. Pas de « bigre, c’était donc ça ! » à la fin de la pièce, juste de l’écœurement lorsqu’une voix off vient donner un dernier coup de massue à un spectateur déjà atterré.

Que sont donc venus faire les comédiens dans cette galère ? Jean-Marie Burucoa en Textor Texel et surtout Fabrice Carlier en Jérôme Angust font ce qu’ils peuvent et ils peuvent sans doute beaucoup. Mais la mécanique trop connue des textes d’Amélie Nothomb qui enchaîne les banalités sur un ton tour à tour pénétré, doctoral, illuminé et maternel étouffe leur talent pourtant bien réel.

Morgan LE MOULLAC
www.ruedutheatre.info

Cosmétique de l’ennemi de Amélie Nothomb
Mise en scène de Christophe Correia
Décors et costumes de Patrick Farru
Avec Jean-Marie Burucoa et Fabrice Carlier

A l’Albatros Théâtre, 29, rue des Teinturiers, Avignon - 22h30 jusqu'au 28 juillet.

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans Festival Off 2007
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commentaires

Luna 10/06/2011 11:53



J'aime beaucoup Amélie Nothomb et jusqu'à présent je n'avais jamais découvert son livre "Cosmétique de l'ennemi", enfin jusqu'à il y a trois semaines : une sacrée découverte !


Je me suis vraiment demandée ou est-ce qu'elle cherchait à nous emmener... C'était totalement tordu et improbable : comment se fait-il que les gens autour ne remarquent rien ?


La chute est totalement incroyable : jamais je n'aurais pensé à ça, même si deux trois indices nous mettaient sur la bonne voix... J'aime beaucoup cette folie douce qu'on retrouve dans la plupart
de ces textes : avec elle, on peut se permettre de tout imaginer, j'adore ça !


 


Si ça t'intéresse, je viens de publier mon avis sur ce livre sur mon blog...


Joli article, je reviendrais ;)


Bonne continuation !!



Ed (pas l'épicier) 28/07/2007 00:20

cher môssieur le journaliste, vous jetez un peu facilement la pierre à la talenteuse Amélie, êtes vous critique theatral ou critique littéraire ? Nothom a signé de beaux romans acide sulfurique (ou un acide de ce genre là) qui dénonce la téléréalité, sa misère et ses extrémités, stupeur etc dont vous parlez et hygiène de l'assassin. Des productions littéraires et fort variées qui, ne vous en déplaise, illustrent la capacité de cette écrivaine à saisir les travers de notre société contemporaine avec un regard affuté. Inutile donc si vous ne l'aimez pas de vous en prendre à ce spectacle... N'est-ce pas ?

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