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Festival d'Avignon

7 août 2007 2 07 /08 /août /2007 01:41
barnard-lacreature.jpgHollandais installé en Belgique, Benno Barnard  est romancier, polémiste et homme de théâtre. « La Créature » est un monologue écrit pour une comédienne, « une voleuse de mots », Chris Lomme. Il met en phrases la hantise du temps passant, l’emprise de l’art dramatique sur qui le pratique, la tension naturelle reliant parents et enfants, l’omniprésence en filigrane d’idoles modèles comme Marlène Dietrich.

L’action se passe dans un théâtre. Un monologue est toujours un dévoilement. Coco, c’est le nom de l’actrice, raconte, ressasse, se remémore, s’expose. Comme pas mal de Belges, elle n’a « pas de langue maternelle », partagée qu’elle est entre le néerlandais et le français. C’est l’occasion d’une exploration d’existence mettant à nu une personnalité. Celle d’un être pour qui être vu a toujours constitué une préoccupation essentielle. Rêve que le théâtre a vraiment réalisé. Mais avec la question posée de savoir si ce ne fut pas au détriment du rapport de la vie véritable, avec les gens plutôt qu’avec les personnages. Et de se demander si les moments passés sur scène ne sont pas des enclaves privilégiées arrachées au temps qui se déroule inéluctablement.

« Je tombe malade de l’amour que je ne reçois pas » affirme cette femme narcissique, cette « défroquée parentale » en quête d’elle-même. Elle ne cesse de s’en référer au temps, à son écoulement que n’endiguent pas les souvenirs, que ne ralentit nullement « cette brève intemporalité qu’est le théâtre ».

Incarner des personnages est-ce davantage être soi-même que de jouer des rôles dans l’existence ordinaire ? Suffit-il d’être soi pour combler son état ou bien ne devient-on soi qu’en prenant l’apparence d’autres êtres ? Telles sont les interpellations fondamentales qui assaillent Coco. Elles sont l’apanage des gens de scène autant que des citoyens lambda dès qu’ils prennent un peu conscience de la difficulté d’être au monde.

L’écriture coule, bien traduite par Marnix Vincent. Elle donne envie d’être dite à voix haute. Elle se termine sur un point d’interrogation. Elle incite celui qui la lit ou l’écoute à redevenir attentif au destin de l’homme, à l’absurdité ou à la nécessité de sa finalité.

Michel VOITURIER

Benno Barnard, « La Créature », éd. Castor astral, coll. Escale des Lettres, 2007, 66 p (12 €)

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Published by Michel VOITURIER - dans Côté Livres & DVD
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