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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

20 août 2007 1 20 /08 /août /2007 18:44
SEUL POUR TOUS

Sur fond de luttes sociales, une légende raconte de quelle manière les hommes ont utilisé le charbon à la place du bois lors de la naissance de l’industrie. Sa version moderne s’inscrit dans le courant de réflexion écologique.

Un mendiant sénile vend des briquets. Un badaud le paie sans acheter mais lui rappelle qu’ils se sont connus lorsque le vieux était contremaître à la fonderie où le plus jeune travaillait. À l’époque le chef était intransigeant, impitoyable, tyrannique, méprisant. L’autre était remuant, revendicatif, syndicaliste avant la lettre, d’où son surnom de « barbouti », mot patois signifiant « chardon ».

Le-Barbouti.jpg
L’exploitation abusive des forêts avait alors entraîné une pénurie de bois. Pour sauver l’emploi, il fallait dénicher un autre combustible. Aux ouvriers d’inventer une solution nouvelle, sous peine de se retrouver sans emploi, massacrés par la gendarmerie sous prétexte d’apposition aux patrons. D’où le recours au charbon. Pour y parvenir, selon le code des contes d’autrefois, il faudra que le héros, après négociation avec une sorcière, passe par l’épreuve de l’affrontement face à la bête Pharamine, celle qui garde le feu.

Une réalisation exemplaire

Les trouvailles de mise en scène aboutissent à une véritable démarche dramatique. Le dispositif scénique, qu’entourent les spectateurs dans une pénombre propice au mystère ; les signes donnés remplacent les coûteuses machineries, les décors faussement réalistes ; une table se métamorphose en plateau, en antre caverneux ; grâce à sa mobilité, une lampe suspendue crée, la présence du monstre sans avoir besoin de le montrer ; des cailloux concrétisent la montagne, leur raclement rend perceptible les mouvements de la terre autant que les grognements de la créature fabuleuse. Les dialogues sont percutants, directs. Les trois comédiens jouent juste, sans effet superflu, usant de leur corps avec une maîtrise expressive.

L’œuvre suscite des prolongements abondants. Elle touche à l’histoire et à l’évolution de l’exploitation abusive de la planète, symbolisée par le passage du briquet à l’ancienne du prologue au briquet à gaz actuel à la fin. Elle fait allusion aux conflits sociaux qui ont émaillé les relations entre les maîtres de l’économique, la force de travail des exploités et les forces de l’ordre utilisées par le pouvoir politique. Elle plonge dans les racines des vieux mythes de la culture populaire.

Michel VOITURIER


Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 18 et 19 août 2007.

Texte : Eric Durnez d’après le conte traditionnel « La gardienne du feu » (éd. La Farandole, 1975)
Mise en scène : Thierry Lefèvre et Rebecca Leroux
Distribution : Jérôme Nayer, Juan Martinez, Delphine Veggiotti

Production : Une Cie (Genappe)/Théâtre royal de Namur/Fabrique de Théâtre de Frameries

Durée : 60’
Public : dès 11 ans

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2006-07
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commentaires

Natale 20/04/2009 18:51

j'ai vue ce spectacle que d'ailleurs j'ai apprécié :-) ce qui ma fait quand meme plaisir c'est le débat a la fin et le fait que l'on soit mélager avec les plus petits . Bref, un beau message passe a travers ce spectacle qui est super bien joué par ces 3 acteurs =) bon courage pour la suite . ps: Nous avons continuer le débat en classe et fait une analyse du spectacle que j'ai fais avec beaucup de plaisir

Chronique Fraîche