AMENER L’AMOUR À RÉGNER
Dans un immeuble de trois étages vivent des habitants très différents d’âge et de caractères. Ils cohabitent, se croisent. Certains s’aiment, d’autres s’ignorent. Certains disent leur amour,
beaucoup ne parviennent pas à l’exprimer. Un magicien les amènera à avouer qu’ils ne sont ni indifférents ni hostiles.
Ce qui frappe dans ce spectacle, c’est son foisonnement. Les personnages sont nombreux (humains jeunes ou âgés, animaux et même bonshommes de neige). Les lieux aussi puisque nous pénétrerons dans
chaque chambre et irons à l’extérieur de la maison. Les séquences se succèdent permettant, comme au cinéma, de passer d’un plan général à des gros plans. De petits personnages, on passe à des
moyens et, quelquefois, à leur double grandeur nature joué par des comédiens. Le dispositif pivotant donne de la souplesse aux changements en fondu enchaîné sans perte de rythme.
Il y a quelque chose d’hybride dans cette réalisation un peu à l’image de la musique d’Eloi Baudimont qui la soutient. On y entend des réminiscences de la nostalgie d’un d’Alessia, du guilleret
de Rota, un soupçon de muzak doucereux, une allusion au pop rock, des dramatisations de bandes son cinématographiques. Tant de détails s’accumulent qu’il est parfois difficile pour des adultes de
retrouver un fil conducteur entre les saynètes. Mais les enfants, paraît-il, s’y retrouvent car ils se focalisent sur une scène à la fois.
L’attention est concentrée sur les actions. En effet, le langage parlé par les protagonistes est totalement inventé par Carl Norac, comme Burgess l’avait fait pour le grand écran avec les
dialogues de « La Guerre du feu ». Il se passe toujours quelque chose qui relance l’intérêt tant la variété des images proposées est grande.
Et s’il est peut-être dommage de se dire qu’il faut absolument l’intervention extérieure d’un prestidigitateur afin de se rendre compte qu’il est indispensable de s’aimer, le principal est qu’il
s’avère qu’extérioriser ses sentiments positifs est sans nul doute plus important que tout le reste.
Michel VOITURIER
Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 18 août 2007
Texte : Carl Norac
Dramaturgie et mise en scène : Yves Coumans
Interprétation : Giulia Palermo, Céline Taubennest, Thomas Coumans
Scénographie : Aline Claus, Bruno Renson, Yves Coumans
Marionnettes : Yves Coumans, Giulia Palermo
Musique : Eloi Baudimont
Machinerie : Bruno Renson
Costumes : Catherine Van Assche, Myriam Claessens
Éclairages : Julie Bekkari
Production : Théâtre des Zygomars (Namur)
Durée : 55’
Public : dès 3 ans
Parole de lecteur