SUR LE FIL DE L’IMAGINAIRE
Les enfants aiment s’inventer des histoires, les incarner. Les enfants n’aiment pas que les adultes viennent les empêcher de vivre ces rêves. Mais comment réagir lorsqu’un adulte qui n’en
est pas vraiment un débarque dans le rêve ?
Dominique, une fille, s’est construit un château en agençant de vieilles échelles, des escabeaux, des planches dans une pièce débarras de sa maison. Elle aspire à ce que ses parents lui offrent
un costume de chevalier pour parader lors de l’anniversaire d’un copain. En attendant, elle s’entraîne à guetter l’ennemi, à ramper entre les meurtrières, à sillonner le chemin de ronde, à
mitrailler tout ce qui bouge et ressemble à un ennemi. Un jour qu’elle vient d’essuyer un ultime refus parental et qu’elle exècre ses géniteurs, elle tombe sur une sorte de clochard venu chercher
refuge. Il se prétend mage perdu loin des siens et privé de l’exercice de ses pouvoirs.
L’histoire est celle de l’apprivoisement de deux êtres que tout sépare. Qui chercheront à se mieux connaître après avoir été effrayés l’un par l’autre. Qui dévoileront peu à peu
leurs secrets. Qui trouveront des accointances et échangeront des points de vue, des idées. Méfiance et rejet feront petit à petit place à estime et amitié.
Philippe Léonard a retrouvé là un rôle où il se sent à l’aise. Il donne à son personnage une densité humaine pleine de failles, de doutes et d’attendrissement. Lise Dineur insuffle une autorité
et une brusquerie plutôt forte à son garçon manqué de gamine. Le duo fonctionne comme il se doit au théâtre à travers une succession de tensions et de relâchements.
L’enfant apprend à faire l’expérience d’être soi, de séparer le rêve de la contrainte du concret. Elle perçoit combien un enfant a besoin de ses parents et à quel point on manque aux
siens lorsqu’on est séparé. Elle accepte ensuite cet inéluctable de l’existence qu’est le départ de ceux que l’on aime. Fussent-ils sortis de leur imagination. Car finalement, Clément, clodo et
sorcier, est-il un être de chair et de sang ou une créature fantasmatique, de celles qui amènent à grandir ?
Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info
Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 19 août 2007
Texte : Philippe Léonard
Mise en bouche : Valérie Joyeux, Kim Leleux, Lise Dineur
Mise en scène : Valérie Joyeux
Distribution : Lise Dineur, Philippe Léonard
Scénographie : Emilie Cottam
Décors : Guy Carbonnelle
Décor sonore : Vincent Raoult
Eclairages : Luc Jouniaux
Mouvement : Dominique Duszynski
Production ; Foule Théâtre (Bruxelles)
Durée : 55’
Public : 6-12 ans
Photo © Ph. Jolet
Parole de lecteur