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Festival d'Avignon

29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 12:10
LAIDEUR INTELLIGENTE CONTRE STUPIDE BEAUTÉ

« Riquet à la Houppe » n’est pas le conte le plus connu de Perrault. Trois filles s’en sont emparé pour le transformer en théâtre d’aujourd’hui. Leur réussite est un coup splendide pour un premier spectacle.


Sachant que Riquet est moche mais surdoué, que les deux héritières du roi du pays voisin sont l’une très belle et fort stupide, l’autre particulièrement laide et maligne et qu’il faudra un jour qu’un mariage unisse les deux royaumes, que faire ? Ce postulat une fois posé, restent les alternatives proposées par une bonne fée : chacun a reçu le pouvoir soit de rendre charmante, soit de rendre intelligente la personne qui serait aimée selon qu’elle est affreuse ou qu’elle est idiote.

Riquet-Factory-DIAGONALE-MARKET.jpg
Voilà la trame du conte traditionnel. La troupe ne s’est pas contentée de l’adapter. Elle en a fait un conte moderne dans une forme contemporaine. Riquet est en effet écrivain. Il invente les personnages de sa vie. Il crée, tel Frankenstein, les deux donzelles qui nourriront les péripéties de son récit. La disgracieuse sera son assistante pour composer un chef d’œuvre d’écriture ; l’affriolante sera son aimée. D’où un premier motif, celui des créatures dominant leur créateur, des personnages hantant leur concepteur. Avec, en annexe celui de l’élaboration d’une œuvre littéraire, son agencement avec ses rebondissements, son choix de vocabulaire et de tournure de phrase en vue de provoquer des effets sur le lecteur.

Des thèmes éternels en une problématique actuelle

Ensuite se décode la compétition éternelle entre la séduction et la répulsion, l’esprit et la niaiserie, avec son cortège de préjugés liés à l’apparence. Enfin se rajoute le thème de l’amour partagé ou non, du couple assorti ou non, de la passion irrépressible et du mariage désagrégé. Belle brochette d’idées à débattre, auquel se surajoute le traitement du conte de tradition populaire et la confrontation entre langage de maintenant et langue du XVIIe siècle.

Et le jeu dans tout cela ? Il est admirable. Le trio use d’un travail corporel spécifique à chaque personnage.
Ismahan Mahjoub en Riquet se sert de sa voix comme d’un instrument de musique qui module les sons, les déforme, leur donne des timbres différents.
Julie Marichal et Julie Goosens en princesses rivalisent d’attitudes typées, de mouvements presque chorégraphiés. Tout cela pour aboutir à une fin pour le moins inattendue, au point d’accroître encore le plaisir d’une représentation jubilatoire par son efficacité parodique.

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info
 
Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy le 25 août 2007

Riquet Factory

Texte : Création collective (d’après le conte «Riquet à la houppe» de Charles Perrault)
Interprétation : Ismahan Mahjoub, Julie Marichal, Julie Goosens
Mise en scène : Maud Finné 
Éclairages : Patrick Léonard

Production : Compagnie Diagonale Market ( Bruxelles) avec le soutien de Groupov (Liège) et du Centre culturel de Chênée 

Durée : 60’
Public : 9 – 14 ans

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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