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Festival d'Avignon

4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 19:08
ACCEPTER LE HANDICAP

Le bonhomme est conteur. Il va, de villages en contrées, accompagné de son agent, pour partager ses histoires fantasques avec un attirail baroque et délirant comme ces réalisations d’art brut dans lesquelles le bric à brac a une âme. À quelques indices, on suppose qu’il est affecté d’un léger trouble mental.


Une fois encore, Marcel Cremer a imaginé un personnage théâtral fort. Une fois encore, il laisse le public prendre conscience de l'équivoque que suscitent certains êtres ou situations, que révèle tout jeu dramatique dès qu’un comédien endosse un rôle. Il mise à la fois sur la vie et sur le décalage produit par l’art, sur les apparences et sur l’authenticité. Le résultat est à la mesure du projet. C’est particulièrement drôle et le rire est là, sans pour autant qu’il y ait moquerie à propos de la différence qui rend un être marginal. C’est assurément émouvant, sans pour autant qu’il y ait mélodramatisation des circonstances et du comportement.

Le-bon-berger.jpg
Le naturel subtilement au galop

Kurt Pothen interprète Claude Caminski avec la délicatesse et la vérité nécessaires. Il a travaillé un naturel qui fait passer les excentricités de ce rôle de chasseur de sons qui collectionne des enregistrements, de narrateur inspiré qui invente des histoires. Il joue aussi bien avec la salle qu’avec Martin son tuteur témoin. Généreux, il transmet en direct ce qui habite sa tête. Lorsque sa parole s’enraie, il en retrouve le fil ; lorsque ses gestes disjonctent, il se raccroche aux objets.

Il est ce handicapé qui apprivoise les gens prétendus normaux. La peur suscitée par l’écart d’avec les comportements admis se dilue face à une bonté qui semble innée. Même la brève séquence évocatrice de l’épilepsie n’amène ni vers la pitié dédaigneuse, ni vers la lâche répulsion. Alors le spectateur se laisse emporter vers ces drôles de récits drôles. Ils lui parlent de pertes, de manques, de disparitions et par conséquent de blessures infligées depuis l’école primaire.

Le passé emprisonné au cœur des phrases ou sur la bande magnétique des cassettes retrouve un présent. La fiction le ramène dans l’immédiat, le vivant, le sensible. Elle se résout dans l’objectif même de toute œuvre d’art : restituer ce qui nous a précédés afin de nous enrichir d’une vision partagée du monde.

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info

Présenté aux Rencontres du Théâtre Jeune Public de Huy les 24 et 25 août 2007

Le bon Berger
Texte : Marcel Cremer 
Adaptation française : Laurence Barbasetti 
Mise en scène : Marcel Cremer,  Matthias Weiland 
Interprétation : Kurt Pothen, Matthias Weiland
Décors : Frank Keutgen, Viola Streicher, Katja Wiefel 
Costumes : Katja Wiefel 
Voix : Zoé Kovacs, Matthias Weiland 
Son : Jean-Pierre Nelles, Kurt Pothen 

Production : Agora Théâtre de la Communauté germanophone (Saint-Vith) (www.agora-theater.net )

Durée : 75’
Public : dès 12 ans

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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