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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

4 septembre 2007 2 04 /09 /septembre /2007 19:47
LE MYTHE DE L’AMOUR FOU

Reprenant quasi dans son intégralité la vieille légende et plusieurs de ses variantes, Paul Emond a écrit une adaptation moderne qui, en dépit de quelques disparités et ambiguïtés, passe bien la rampe. Les Baladins du Miroir, fidèles à leur projet de théâtre forain, l’interprètent dans leur chapiteau itinérant sous forme de spectacle populaire.


La mise en scène de Nelle Paxinou n’élude guère les contradictions. Ainsi le filtre d’amour administré erronément par Brangien aux jeunes gens devient ici action volontaire, du style bon tour joué à des compagnons, avant d’être catégoriquement niée par la suite. Elle ne brille pas non plus par son inventivité. Les entrées et sorties alternativement côtés cour ou jardin sont monotones. Le plateau tournant qui rend fluides les passages d’une scène à l’autre se contente souvent de tourner sans apporter de surprises.

tristanetyseut.jpg
Mais les Baladins ont toujours aimé le spectaculaire. À défaut de numéros circassiens, ils promènent un immense dragon, ils envoient sur la piste des vaisseaux impressionnants pour relier la Cornouaille bretonne et l’Irlande. Ce seront les seules fantaisies permises cette fois-ci. Par contre les costumes chatoient et leur utilisation derrière des rideaux de tulle rappelle la beauté fragile des fresques murales d’autrefois.

Un spectacle familial

La distribution est particulièrement homogène. Elle joue avec une diction étudiée qui rend l’ensemble un peu froid et ne parvient pas à couvrir systématiquement une musique exécutée en direct par un quintet allègre. Heureusement, Geneviève Knoops, en narratrice amusée, entre vite en connivence avec le public ; les pitreries des barons Abdel El Asri et Diego Lopez Saez ponctuent l’histoire ; la dégaine dégingandée de Sophie Lajoie en nain bondissant donne du piment à ses interventions.

La première partie est agréable. La seconde, avec ses épisodes secondaires empruntés çà et là, s’étire, ne renouvelle pas grand-chose. Quoi qu’il en soit, l’occasion est belle pour entrer dans un mythe que peu de gens ont lu en dehors de quelques extraits étudiés en classe. Ils y retrouveront l’origine en littérature française de la passion amoureuse plus forte que raison d’état, morale et convenances. Ils glaneront d’autres souvenirs d’école : les ordalies, le rejet des lépreux, les combats à l’épée…

Michel VOITURIER
www.ruedutheatre.info


Tristan et Yseut
Texte : Paul Emond
Mise en scène : Nele Paxinou et Olivier Magis
Distribution : Alain Boivin, Alexandre Crepet, Abdel Al Asri, Suzanne Emond, Geneviève Knoops, Sophie Lajoie, Diego Lopez Saez, Virginie Pierre, Coline Zimmer, Wout De Ridder
Musique : Wouter Vandenabeelle
Scénographie : Aline Claus, Saïd Abitar
Costumes : Sylvie Van Loo
Maquillages : Serge Bellot
Lumières : David Taillebiuis, Michel Hayoit


Créé au festival de Spa le 19 août ; présenté au festival du Théâtre au Vert de Silly les 29 et 30 août 2007.
En tournée : Arlon (Parc des Expositions) du 21 au 24 octobre ; à Montigny-le-Tilleul (Parc communal) du 14 au 24 novembre ; à Boisfort (place Andrée Payfa-Fosseprez) du 29 novembre au 9 décembre ; à Liège (Esplanade St-Léonard) du 14 au 22 décembre.

Production : les Baladins du Miroir

Photo © Abdoul Aziz Soumaïla.

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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commentaires

pierrot, vagabond des mots et des routes 23/08/2013 21:44


Extraordinaire le nomadisme de la troupe de théâtre de Bruxelles et son Tristan et Yseut:)))


 


Extraordinaire l'action sociale des arts nomades
merci de nous la faire découvrir:)))


(d'un conteur-ermite des routes du Canada qui se prépare à vagabonder la Belgique l'été prochain et d'y présenter en nomade un spectacle de ses vraies histoires vécues sur la route))))


www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com


sur google
Simon Gauthier, le vagabond céleste


LÈVE-TOI PÈLERIN
 dormir
 sous le pont de Gatineau, une nuit froide de neige
 même pas de sac de couchage, du noir au beige


 gémir
 en p’tit bonhomme, les g’noux dans l’manteau
 le nez sous l’gilet, là ou c’est chaud


 grandir
 contre le mur de ciment se faire si petit
 que son coeur en devient firmament


 s’ennoblir
 au point ou l’on devient soi-même
 un immense pays entre deux océans


 REFRAIN


 la bonte l’humilité, l’humanité
 comme vêtement de vie


 lève-toi pèlerin
 même si t’as froid même si t’as faim


 ensemence ton pays d’un rêve
 pour les jeunes de demain


 ta guitare à la main
 marche marche les chemins
 ne triche pas ton rêve en douce
 en faisant du pouce


 quand un jeune t’embarque
 écoute le jusqu’au matin
 parce que son rêve à lui commence
 là où finit le tien


 TURLUTTE


 COUPLET 2


 manger
 quand on t’a ramassé pour t’emmener souper
 dans l’espoir d’une belle soirée
 par ta guitare endimanchée


 s’laver
 la route c’est accepter
 d’ètre sale en dehors
 d’ètre propre en dedans
 en s’guettant


 s’coucher
 avoir honte de ses peurs
 quand y a tellement d’êtres humains
 qui ont pas l’choix d’avoir peur


 s’éveiller
 soudain en pleine nuit
 s’enfuir sans faire de bruit
 après avoir écrit merci


 COUPLET 3


 vaciller
 dans un café internet, recevoir un courriel
 d’un ami de jeunesse, qui veut t’immortaliser
 d’un geste bien intentionné


 créer
 une chanson chaque nuit
 parce que la veille ce que t’écris
 semble s’être évanoui


 dessiner
 entre ta voix et tes lèvres
 tous les cris des humains
 qui ont choisi d’aimer
 même s’ils sont mal aimés


 rêver
 qu’après sa mort peut-être
 de milliers de jeunes en mal d’être
 reprendront ton épopée
 vers ce pays oeuvre d’art à créer


 FINALE
 la bonté, l’humilité, l’humanité
 comme vêtement
 d’aimer


 Pierrot
 vagabond céleste


 

Chronique Fraîche