Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

12 septembre 2007 3 12 /09 /septembre /2007 08:23
LE FESTIVAL THEATRES NOMADES : UN NOUVEAU FESTIVAL QUI… S'INSTALLE...

On connaît "Les Baladins du Miroir", pionniers du genre voyageur qui, toujours avec leur fondatrice Nele Paxinou, poursuivent leur tournée en France, Belgique, Suisse… Leur dernière création "Tristan et Yseut" a fait un beau succès au tout récent Festival de Spa. Avec ses roulottes et son chapiteau, ce théâtre itinérant est devenu au fil des ans, une institution avec les moyens que cela suppose. A l'heure actuelle, d'autres compagnies, plus jeunes, renouvellent encore la formule avec autant de techniques différentes que de publics variés.

Ainsi de la "Compagnie des Nouveaux Disparus", une jeune compagnie bruxelloise de théâtre dit "sous chapiteau", qui sous l'impulsion de son dynamique responsable Jamal Youssfi, en a invité d'autres pour des Rencontres… en ville. Elle a installé le sien - "Grand Chap" - aux côtés d'autres structures plus petites – "P'tit Chap'" - ou différentes comme les gradins de la "Compagnie Pour Rire"("Agora") ou la grande tente "Khaïma"… pour 35 spectacles gratuits, tous genres confondus. C'est la première édition d'une formule qui ne demande qu'à se développer, soutenue qu'elle est par la ville de Bruxelles, dans le cadre plus vaste du "Brussels Summer Festival". Ces lieux théâtraux et les roulottes attenantes voisinent avec des stands d'ONG, dont celui du CNCD*, partie prenante de ce Festival s'étalant sur quatre jours. C'est qu'il s'agit de théâtres revendiquant eux-mêmes une démarche, non seulement multiculturelle - les participations de Zidani, Sam Touzani & Ben Hamidou ou Mousta Largo… et celle d'artistes néerlandophones en témoignent – mais également un engagement social comme sur le thème principal des relations Nord-Sud.

Tout un petit village bigarré installé dans le Parc proche du Palais royal…
 
Travers--e.jpgDe cette brassée de spectacles aux différentes formes, épinglons-en quatre parmi les plus récents et représentatifs. D'abord celui de la Compagnie rassembleuse, soit :   "La Traversée de la Mort" qui nous revient, après sa création, à Bruxelles en juin dernier. Spectacle interactif s'il en est ! Les spectateurs, divisés en quatre groupes munis de "cartes d'embarquement", ont été invités à "faire l'acteur" d'une première partie destinée à les plonger dans les aléas d'une traversée nocturne hasardeuse, à la merci de passeurs véreux, dans un Parc devenu tout à coup bien inquiétant… Arrivés "sains et saufs", les "brûleurs" malgré eux se sont retrouvés sous le "Grand Chap", en disposition quatre faces, pour assister en deuxième partie, à la confrontation de cinq femmes (et un garde muet) séquestrées, de vraies comédiennes, elles : Maria Abecasis de Almeida, Sophie Dewulf, Sabrine El Koulali, Yves-Marina Gnahoua, Aurélie Vauthrin-Ledent.

C'est l'histoire d'une traversée de la Méditerranée en barque et ce sont les histoires personnelles de ces femmes déracinées qui ont tenté le tout pour le tout pour différentes raisons et aboutissent dans une prison espagnole. Un scénario simple "basé sur des faits" (qu'on ne sait que trop) "réels", écrit et mis en scène par Jamal Youssfi. Un spectacle criant de vérité, malgré les quelques petites redondances de la fin, ouverte sur de grandes questions…

LEILAtrayage.jpgAutre formule que celle des "Passeurs de Rêve" pour "Leila 2541", et qui n'est pas sans rappeler quelque quarante ans plus tard, celle du mythique "Bread and Puppet" avec ses marionnettes géantes ! Créé à Gand en juillet, ce dernier spectacle de la Compagnie s'inscrit au cœur d'une Campagne d'Oxfam sur la "souveraineté alimentaire". Sous la houlette d' Yves Coumans, Daphnée Visée, Nadia Vermeulen, Jean-Olivier Randazzo, Thomas Coumans, Nicolas Thurion, sous leur apparence "vache", ils racontent le parcours d'une de ces sympathiques ruminantes et du phénoménal "don de lait" qu'elle fait à une laiterie des plus performantes ! Mais c'est, sous cet autre masque - celui de la fausse légèreté, de l'ironie - la dénonciation d'abus, de profits, d'inégalités.

Comme leurs aînés - ces "Baladins…" pionniers d'un genre bien réhabilité à présent - la Compagnie bénéficie d'une "résidence villageoise" (Barry, non loin d'Ath), afin d'y préparer projets et constructions divers. Le "Centre des Arts de la Rue" y est installé. 

Adaptable à toutes circonstances et publics est le drôle de "castelet quatre faces" d'Ivan Fox, pour sa dernière création "Le Songe de Taniperla", qui n'est autre en fait que la reconstitution fidèle d'une fresque naïve, symbole de tous les espoirs, projets et réalisations d'un petit village mexicain, peinte par ses habitants comme on rédige une Charte. Fidèle… mais "en  volume" et sur roulettes, enrichie de petits personnages décrochables suivant le récit véridique comme les contes et historiettes, narrés avec une verve inégalable par Ivan Fox et mis en scène par Lisou de Henau. On le connaissait pour de joyeux spectacles musiconoclastes, seul, ou avec son compère Claude Semal ("Œdipe à la Ferme") mais on avait oublié qu'il est d'origine catalane. Il s'en est souvenu pour prêter accent, voix et… talent à la multitude de personnages mexicains qu'il nous fait rencontrer. Prévu initialement sous "P'tit Chap", le conteur-bateleur n'en a pas moins été ravi de jouer en plein air sur large estrade, face au Parlement bruxellois, cette évocation du saccage et de la restauration d'un petit village du Chiapas par un millier de soldats mexicains, le 11 avril 1998…

Enfin, ciblé pourtant "à partir de 9 ans", "Le Fabuliste" de Thierry Maricourt, joué cette fois par Lisou De Henau et mis en scène par Barbara Rufin, nous revient des Rencontres de Huy… Voilà un spectacle qui n'hésite pas, bien loin des divertissements gnangnan et autres dysniaiseries, à aborder un thème grave, celui de l'oppression d'un régime dictatorial vécu par une fillette de dix ans qui se confie à un ami très particulier... Un "conte triste" mais comme une "clownette" triste qui fait rire et qui captive à tout âge pour peu qu'on se laisse aller à retrouver la poésie, l'humour mais aussi le regard aigu de l'enfance.

Et si toutes les Compagnies et Collectifs n'étaient pas là  alors que le secteur "Théâtres Itinérants, de Rue et Arts Forains" occupe une place importante dans le paysage théâtral belge, c'est que, répondant à l'irrésistible appel du large et… des Festivals, ils circulent de par les routes de Belgique, de France et de Navarre.

Tous Nomades

Le dernier jour, ce ne sont plus seulement les acteurs (dans tous les sens du terme) qui se sont révélés "nomades" mais aussi les spectateurs, conviés à une Opération Portes Ouvertes de divers lieux théâtraux de la capitale tels "La Monnaie" ou le vénérable "Théâtre du Parc" accueillant sous ses lustres et velours une joyeuse troupe de tout jeunes comédiens, (issus des ateliers de la Compagnie organisatrice), le "Théâtre de Poche", déjà régulièrement fréquenté par des contestataires de tous poils, le "Théâtre de la Montagne Magique", (seul théâtre non seulement appartenant à la ville mais aussi exclusivement subventionné par elle pour fournir une structure fixe au théâtre dit "jeune public") et "Les Brigittines" invitant à fêter leur réouverture après "travaux de gémellité" et le lancement de leur Festival "Jumeaux Imaginaires". En effet, à présent il y a l'exact pendant moderne, tout en verre, adjoint à la Chapelle baroque devenue exiguë.

Ailleurs encore, dans la cour de "La Bellone/Maison du Spectacle", un "caravansérail de ceux qui font le spectacle" s'inscrivait, lui aussi, dans le thème pour partager avec ceux qui le regardent, ce spectacle des "Arts de la Scène", informations, réflexions et… secrets de coulisses en vue d'une Saison 2007-2008 qui s'annonce autant, sinon plus, copieuse que les précédentes !

Suzane VANINA (Bruxelles)

Photos :
La Traversée de la Mort - Leila 2541

*CNCD : Centre National de Coopération au Développement
Rens.Festival  : 02.219.11.98 - www.theatresnomades.be - www.brupass.be -
www.lesnouveauxdisparus.com – +32(0)2.219.11.98
www.passeursdereves.be
Pour Ivan Fox :"La Charge du Rhinocéros": + 32(0)2.537.01.20
Pour "Le Fabuliste": Collectif CILeke : 0494.819.331
www.theatremontagnemagique.be - www.brigittines.be – www.bellone.be -

Partager cet article

Repost 0
Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
commenter cet article

commentaires

pierrot, vagabond des mots et des routes 23/08/2013 21:53


extraordinaire ce nomadisme théâtral en Belgique:)))


(d'un conteur-ermite des routes du Canada qui se prépare à vagabonder la Belgique l'été prochain et à y présenter en nomade un spectacle de ses vraies histoires vécues sur la route))))


www.enracontantpierrot.blogspot.com
www.reveursequitables.com


sur google
Simon Gauthier, le vagabond céleste


LÈVE-TOI PÈLERIN
 dormir
 sous le pont de Gatineau, une nuit froide de neige
 même pas de sac de couchage, du noir au beige


 gémir
 en p’tit bonhomme, les g’noux dans l’manteau
 le nez sous l’gilet, là ou c’est chaud


 grandir
 contre le mur de ciment se faire si petit
 que son coeur en devient firmament


 s’ennoblir
 au point ou l’on devient soi-même
 un immense pays entre deux océans


 REFRAIN


 la bonte l’humilité, l’humanité
 comme vêtement de vie


 lève-toi pèlerin
 même si t’as froid même si t’as faim


 ensemence ton pays d’un rêve
 pour les jeunes de demain


 ta guitare à la main
 marche marche les chemins
 ne triche pas ton rêve en douce
 en faisant du pouce


 quand un jeune t’embarque
 écoute le jusqu’au matin
 parce que son rêve à lui commence
 là où finit le tien


 TURLUTTE


 COUPLET 2


 manger
 quand on t’a ramassé pour t’emmener souper
 dans l’espoir d’une belle soirée
 par ta guitare endimanchée


 s’laver
 la route c’est accepter
 d’ètre sale en dehors
 d’ètre propre en dedans
 en s’guettant


 s’coucher
 avoir honte de ses peurs
 quand y a tellement d’êtres humains
 qui ont pas l’choix d’avoir peur


 s’éveiller
 soudain en pleine nuit
 s’enfuir sans faire de bruit
 après avoir écrit merci


 COUPLET 3


 vaciller
 dans un café internet, recevoir un courriel
 d’un ami de jeunesse, qui veut t’immortaliser
 d’un geste bien intentionné


 créer
 une chanson chaque nuit
 parce que la veille ce que t’écris
 semble s’être évanoui


 dessiner
 entre ta voix et tes lèvres
 tous les cris des humains
 qui ont choisi d’aimer
 même s’ils sont mal aimés


 rêver
 qu’après sa mort peut-être
 de milliers de jeunes en mal d’être
 reprendront ton épopée
 vers ce pays oeuvre d’art à créer


 FINALE
 la bonté, l’humilité, l’humanité
 comme vêtement
 d’aimer


 Pierrot
 vagabond céleste


 

Chronique Fraîche