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Festival d'Avignon

14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 18:39
LAVER SON LINGE SALE AU CABINET

Dario Fo est un comique idéologue. Même lorsqu’il frise le vaudeville, il parvient encore, avec la complicité de Franca Rame, à glisser un message progressiste au cœur de dialogues qui n’en ont pas trop l’air. Avec cette scène de ménage, un classique du genre au théâtre, il y va allègrement tant contre le machisme que contre les relations sexuelles que la transformation de tout en biens de consommation a rendues vénales ou obligées plutôt qu’épanouissantes.


Trouvaille réjouissante d’abord que cette idée scénographique de Sophie Carlier d’avoir installé sur scène une immense cuvette blanche de cabinet munie de sa lunette de même couleur. C’est dedans et sur elles que se jouera le duel entre mari et femme. Un duel à fleurets non mouchetés et même plutôt parfois à coups de cutter impitoyables et cruels.

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Le postulat est que, pour être moderne, monsieur a décidé de varier les partenaires, de les interchanger, d’essayer de convaincre son épouse de faire à l’identique pour préserver à la fois l’égalité des sexes et la pérennité du ménage. Le hic est que madame n’est pas chaude (c’est le cas de l’écrire)  et ne trouve pas cette aventure palpitante, loin de là. Alors, cela finit par faire bang ! et même boum ! et patatras !

Isabelle Jonniaux et Erico Salamone sont exemplaires. Tous deux insufflent une énergie inépuisable à leurs personnages survoltés qui se balancent vanne sur vanne comme deux champions de tennis se renvoient les balles en finale de Roland Garros. Les répliques volent, font mouche. D’autant que la mise en scène de Véronique Dumont ne laisse pas une seconde sans un geste, une mimique, un accessoire, un déplacement destinés à ajouter un gag, un clin d’œil, une référence à déguster par le public.

On passe au galop du présent au passé, du personnage fictif au comédien réel prenant ses distances avec l’action, de l’amour à la politique, de la mauvaise foi à la hargne, de l’invective à la chanson, de la menace de suicide ou de violence à une pseudo-tendresse lénifiante. Bref, ça ne s’essouffle jamais, ne faiblit guère, ne tombe jamais dans le vulgaire en dépit du lieu choisi pour y laver le linge sale familial.

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Présenté au festival Théâtre au Vert de Silly le 31 août 2007

Texte : Dario Fo, Franca Rame
Mise en scène : Véronique Dumont
Distribution : Isabelle Jonniaux, Erico Salamone
Scénographie : Sophie Carlier
Lumières : Thomas Vanneste
Chanson : Olivier Thomas

Production : Cie de la Lune / Atelier 210

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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