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Festival d'Avignon

14 septembre 2007 5 14 /09 /septembre /2007 20:25
ESTHÉTISME SPORTIF

En cette période de coupe du monde de rugby, il arrive à certains de préférer la chaleur d’une salle de théâtre à l’effervescence – parfois chaleureuse – d’un stade. Mais dans les deux cas, l’action qui s’y déroule actuellement est à peu près la même : quinze corps d’athlètes, un ballon ovale et le tour est joué.

Michel Belletante et Nino d’Introna ont profité de l’occasion pour revisiter une de leur création de 1995 : Vestiaires, une entrée du rugby dans le domaine artistique, une intrusion théâtrale réaliste dans les coulisses sportives.

Une ouverture sur fond d’ironie avec défilé de jeunes esthètes triés sur le volet et présentation caricaturale des tics et traits de personnalité propres à chacun, préfigure le reste de la pièce. Les deux auteurs portent un regard à la fois amusé et tendre sur les fameux rituels de ces grands sportifs et usent d’une veine provocatrice et humoristique pour nous dépeindre de manière originale l’univers sportif. Le spectacle est construit sur une succession de séquences illustrant les différents moments pré et post match. Coups de gueule et délires collectifs, rivalités et esprit d’équipe cohabitent dans une ambiance machiste mais touchante.

vestiaires.jpg
Une dramaturgie corporelle

On peut imaginer le caractère insipide d’une transposition scénique des « dieux du stade », on peut craindre le manque de matière dramatique d’un tel sujet, et l’on ne s’y trompera pas totalement. Car à représenter les mythiques coutumes de l’équipe masculine, on bascule facilement vers les clichés. Mais le talent des deux metteurs en scène réside ici dans la capacité à se servir des stéréotypes rattachés aux rugbymen, à dépasser le faible intérêt textuel pour créer un spectacle attrayant par sa recherche scénique et visuelle.

L’aspect chorégraphique des différentes séquences est parfaitement millimétré et l’ensemble irréprochable des dix-sept comédiens fait de la pièce un ballet viril inédit. Clin d’œil notamment à l’effet sonore et plastique de la scène du massage, tout en jeux de mains et poses corporelles ; le temps des douches rivalise aussi en qualité, par sa synchronisation gestuelle et cadencée, contrastant avec la fluidité de l’épisode du bandage d’épaule. Tout est prétexte à une quête esthétique, et la diversité des supports artistiques y est mise à contribution : vidéo, musique, chant, danse et jeu, soutenus par un subtil agencement des décors et lumières, laissent apparaître de très belles images scéniques.

Ainsi, malgré quelques fades saynètes, Vestiaires ouvre joliment la saison par un univers sculptural qui remet au goût du jour un théâtre où le corps surpasse la parole.

Anne CARRON (Lyon)

Vestiaires
Conception et mise en scène de Michel Belletante et Nino d’Introna
Décors de Pierre Mélé
Du 11 au 16 septembre 2007 au Théâtre de la Croix-Rousse, place Joannès Ambre 69317 Lyon cedex 04
Renseignements et réservation : 04 72 07 49 49 / www.croix-rousse.com

Photo © Isabelle Fournier

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Published by Anne CARRON - dans En Région 2007-08
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