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Festival d'Avignon

24 septembre 2007 1 24 /09 /septembre /2007 08:31
LE "JE" DE L’AMOUR

Ne nous quitte pas ! aurait pu être une chanson de Jacques Brel interprétée par les Frères Jacques ou bien encore un remake de Jules et Jim version soap-opéra. Loin de là, la pièce de Gil Galliot et Yves Hirchfeld est tout simplement le produit détonnant des amours des Monty Python et de Sigmund Freud.
Un voyage fantastique délirant dans l’esprit d’une femme, bien servi par un beau trio de comédiens.

Le postulat de base de la pièce est quelque peu alambiqué. Paul est un commercial marié depuis dix-huit ans avec Agnès, libraire. C’est dans la tête de cette dernière que va se dérouler toute l’histoire : Paul, qui y est représenté sous ses trois personnalités fortes – la tête, le cœur, le sexe – va tenter de ne pas disparaître dans l’oubli, menacé qu’il est par Jérémie, un jeune auteur aux dents longues, bellâtre de surcroît. Les trois Paul, imaginés par leur femme et logés dans son esprit vont devoir tenter de la reconquérir, tandis que le Paul physique est en réunion de travail et ne se doute pas de l’épopée qui se déroule dans l’imaginaire d’Agnès.

ne-nous-quitte-pas.jpg
La pièce s’ouvre sur la vision des trois Paul, armés d’énormes valises. C’est dire que Ne nous quitte pas ! est un voyage à destination du pays de l’imaginaire et du subconscient. Si l’auteur cherche à pénétrer en profondeur l’esprit d’une femme sur le point de tromper son mari, il est dommage que la profondeur de l’exploration des trois Paul ne soit pas soutenue par un texte plus pénétré, qui évite les clichés propres au genre. Mais ces quelques lieux communs sont vite bousculés par l’inventivité des situations et le partis pris du délire systématique adopté par les auteurs. Des expressions banales comme « tempête sous un crâne », « tirer sur la corde sensible » ou « analyser froidement la situation » sont à prendre à la lettre dans un monde où l’imaginaire prend régulièrement le pas sur le réel.

Tonalité poétique

La mise en scène de Gil Galliot apporte une tonalité poétique à un texte écrit en premier lieu pour faire rire. Quelques scènes ont une esthétique réussie, comme celle au début de la pièce, lorsque les trois Paul, valises en main, voient tomber sur eux une pluie fine composée des larmes d’Agnès.
Ne nous quitte pas !
aurait pu n’être qu’une pièce de plus sans le talent et l’expérience de ses interprètes. Philippe Lelièvre, homme aux multiples visages dans ses one-man-show, est très pénétré de son rôle d’organe génital pensant (avec difficultés), un peu benêt, mais toujours enthousiaste et prêt à rendre service…
Gil Galliot est le Paul rationnel du groupe. D’une austérité excessive, beau parleur incompréhensible, il rend son personnage bien plus farfelu que ce que son allure de représentant de commerce pourrait laisser croire.
Côté cœur, Fred Nony joue un Paul hypocondriaque, mielleux à faire transpirer un ours, sensible et fidèle comme un chien, au point de pousser de petits jappements plaintifs à l’évocation du seul nom de Jérémie.

Pour son inventivité débridée, pour son humour tendre, pour ses trois bons comédiens et pour la connivence palpable entre eux, Ne nous quitte pas ! est une pièce à voir sans arrière-pensées.

MORGAN LE MOULLAC (PARIS)

Ne nous quitte pas !
de Gil Galliot et Yves Hirschfeld

Mise en scène de Gil Galliot
Décors de Nils Zachariasen
Costumes de Claire Djemah
Lumières de Philippe Quillet
Création musicale de Ramon Pipin

Avec Philippe Lelièvre, Gil Galliot et Fred Nony, voix off de Sophie Le Tellier.

Au théâtre Tristan Bernard, 64 rue du Rocher 75008 Paris
A partir du 28 août 2007, du mardi au samedi à 21h et samedi à 18h.
Réservations au 01 45 22 08 40

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans À Paris 2007-08
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commentaires

Une spectatrice conquise 04/10/2007 23:42

A voir ! Vous ne serez aucunement déçus !

Chronique Fraîche