SEA, SEXE AND FUN
Le Titanas, paquebot de luxe largue les amarres. A son bord, Madeleine et Pierre cherchent des compagnons pour leurs jeux frivoles, Joséphine et son fils Kévin espèrent plumer le pigeon idéal,
Edouard, le second aspire à devenir commandant à la place du commandant, et Jenny, la chanteuse format Pamela Anderson voudrait être tranquille, pour une fois. Mais la croisière sera mouvementée
: le beau temps est au rendez-vous mais un grain – de folie – se prépare, qui fera littéralement voler en éclat le Titanas.
Stéphane Laporte est un habitué, souvent récompensé, du genre de la comédie musicale. Le livret et les paroles qu’il réserve à cette croisière farfelue ne nuiront pas à sa réputation. La libido
largement débridée de nos voyageurs des mers est au cœur de l’intrigue et le sujet récurrent des chansons interprétées, d’une voix sûre, par les comédiens. Si la plume de Stéphane Laporte n’avait
été si intelligente et expérimentée,
Panique à Bord aurait pu déferler comme un vague de mauvais goût sur les spectateurs. Ce n’est pas le cas ici : l’auteur aborde la question du sexe
pratiquement sous toutes ses formes avec un naturel, une décontraction, une certaine finesse même.

Le piano de Patrick Laviosa accompagne les récitants et leur fait visiter des univers musicaux plutôt variés, des rythmiques jazzy aux tonalités plus sud-américaines, en passant par un gospel
endiablé. Le compositeur fournit une partition colorée mais manquant curieusement de corps, d’une mélodie entêtante qui permette de poursuivre la croisière une fois sorti du bateau. Un léger
bémol dans cette production par ailleurs remarquable en tout points.
Le Titanas n’aurait pu quitter son port d’attache sans son commandant, Agnès Boury. Sa mise en scène insuffle ce qu’il faut de dynamisme à cette comédie musicale montée toutes voiles dehors. Un
système de tableaux à double niveaux met souvent en opposition un récitant mis en valeur par le jeu des lumières et un sujet de la récitation, tapis dans l’ombre et localisé dans une autre partie
du bateau, ce qui donne la sensation agréable de pouvoir accéder à tous les niveaux du Titanas au même moment.
La chorégraphie de Caroline Roelands n’est pas en reste puisqu’elle joue sur l’énergie sans borne des passagers du Titanas et leur voracité sexuelle.
La libido influe-t-elle sur la voix ? C’est la question que l’on peut se poser tant les organes vocaux des comédiens sont à la mesure de la vitalité des organes sexuels des personnages qu’ils
interprètent. Christine Bonnard et Vincent Heden ont un coffre plus que solide et Jacques Verzier donne de la voix, grave, une voix en symbiose avec son personnage de second pervers légèrement
psychopathe, en contradiction avec le petit short blanc qui lui moule si bien la poupe. Ariane Pirie, Angélique Rivoux et Gilles Vajou tiennent leurs rôles à la perfection, mention spéciale pour
la première dont les longues jambes et la voix chaloupée composent une Jenny décidément pleine de surprises.
Morgan LE MOULLAC (Paris)
Panique à Bord,
de Stéphane Laporte et Patrick Laviosa
Mise en scène de Agnès Boury
Décor de Sophie Jacob
Costumes de Jef Castaing
Lumières de Laurent Béal
Chorégraphie de Caroline Roelands
Avec : Christine Bonnard, Ariane Pirie, Angélique Rivoux, Vincent Heden, Gilles Vajou, Jacques Verzier.
A partir du 5 septembre 2007, du mercredi au samedi à 21h30, le dimanche à 15h
au Vingtième Théâtre, 7 rue des Plâtrières 75020 Paris
Réservations au 01 43 66 01 13.
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