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Festival d'Avignon

5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 08:24
SOUS UN CRÂNE HAMLÉTIEN

"La Tempête", adaptation collective* de l'œuvre de William Shakespeare – une quinzaine de personnages - au Théâtre Océan Nord : une superproduction ?  Que nenni ! Il s'agit plutôt d'une tempête dans un verre d'eau, quelques tissus éponge et cinq comédiens, une pleine cargaison d'inventivité !

Ce n'est certes pas la première fois que cette pièce ultime que l'on considère comme le testament mystique et spirituel de l'auteur, est désacralisée et débarrassée d'"effets féeriques" typiques d'une époque révolue. On a pu en voir diverses versions, depuis le "sacrilège" d'Avignon/1969 jusqu'au dessin animé plus actuel, donc quoi d'étonnant à ce qu'ici soit pratiquée la "théorie du raccourci".


Soit trois comédiens, deux comédiennes, pour se partager les rôles, et les répliques d'un même personnage parfois, soit le choix de certaines intrigues au détriment d'autres jugées secondaires (et l'on sait pourtant que leur enchevêtrement est riche et significatif chez  Shakespeare), soit un bassin rempli d'eau et un espace vide pour tous les tableaux, soit une heure pour les quatre d'une action censée) se passer en temps réel (le fait est rare), comme si l'auteur avait réellement "minuté" sa Tempête. Le grand Will aurait pu titrer son oeuvre "After the tempest" car celle-ci est terminée quand l'action commence. Il s'agit d'un règlement de comptes final et d'une "rentrée dans l'ordre" à la fois, entre gens du beau monde.

Un chef d'état, Prospéro, trop porté sur la lecture ésotérique, s'est vu trahi par son propre frère qui lui a ravi son poste. Douze ans plus tard, Prospéro est devenu un puissant Merlin, il provoque le naufrage des félons, et alors qu'il médite sa vengeance, il doit assister au… "coup de foudre" de sa propre fille et du fils de son ennemi. Matelots avides de changer de condition et êtres supranormaux avides de liberté, vivront également leurs expériences sur cette île de tous les dangers…

Une île "où se rejoue toute l'histoire véritable du monde" ?

Le spectacle se veut "tous publics" et il est vrai que, mise à part l'histoire qui ne s'en trouve pas éclaircie, tout ennui est balayé par l'entrain et l'énergie de la jeune équipe comme par les mille et une trouvailles de la mise en scène,  d'une remarquable efficacité dans l'économie de moyens, misant à fond sur l'imagination du spectateur. Loin du piège de la "féerie", l'atmosphère étrange et les enchantements de l'île sont suggérés très habilement par les comédiens eux-mêmes : clapping, sons, refrains musés… et les mille petits bruits inquiétants de la nuit (où là, "on fait le noir", tout simplement). Mais Prospéro a peine à faire croire à l'Autorité qu'il symbolise comme Ariel, le pur esprit et Caliban, la bestialité, à leurs différences fondamentales et l'on n'est pas sûr qu'un tel traitement général aide à la compréhension non seulement de l'histoire elle-même ("qui est qui et qui fait quoi", se demandera-t-on parfois), mais s'agissant d'une œuvre aussi touffue et si capitale, à ses messages sous-jacents. On pourra donc trouver le propos réducteur car il passe sous silence des enjeux majeurs comme par exemple et entre autres, le "pardon" qui apparaît comme un banal "happy end" ou comme la réflexion sur la quête de pouvoir, terrestre ou "magique", qui en fin de compte, n'aurait aucune prise sur les cœurs…

Suzane VANINA (Bruxelles)

* traduction, adaptation collective et interprétation par "Pan !(la Compagnie)" : Anton Tarradellas, Lara Hubinont, Achille Ridolfi, Peter Palasthy, Nathalie Mellinger – mise en scène : Julie Annen, en accueil en résidence au Théâtre Océan Nord. Ceci ne l'empêche pas de tourner avec son spectacle fétiche "La sorcière du placard aux balais".

Photos © Michel Boermans

Du  25.9 au 6.10.2007-  Rens. +32 (0)2.216.75.55 - info@oceannord.org
www.oceannord.org



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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
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