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Festival d'Avignon

5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 08:39
UNE CRÉATION MUSICALE IMPROMPTUE

Une entrée fracassante, dans le tumultueux brouhaha d’un public qui ne s’y attend pas, c’est comme ça que débute la pièce musicale mise en scène par Jean-Claude Fall, comédien et directeur du Théâtre des Treize Vents (CDN) de Montpellier.

Il faut dire que Brecht Cabaret, vient d’être présenté au public pour la première fois en ouverture de saison, une création qui émane du très célèbre Opéra de quat’sous créée en 1928 par le dramaturge Bertolt Brecht et le compositeur Kurt Weill. Une pièce que la troupe de comédiens et de musiciens présents sur scène connaît bien pour avoir assuré, il y a presque dix ans, près de 100 représentations en deux saisons. « Le projet est venu s’installer dans la programmation comme un impromptu. Il s’agit là de montrer ce que le théâtre permet de vivre et d’apprendre sur soi à travers l’expérience et la recherche théâtrale », souligne la comédienne Roxane Borgna, trentenaire, qui investit tour à tour les rôles diamétralement opposés de Polly puis de Jenny. Une place de choix. Et elle le sait : « comme dit l’auteur lui même, Jenny est le plus beau rôle de la pièce. »



Dans cette création, Jean Claude Fall, qui a écrit le texte d’après Brecht, un de ses auteurs fétiches, joue l’auteur éponyme en personne, menant la narration, frontalement. Voilà qui ne jure pas. Tout se passe presque dans le public. Une façon de présenter la notion de « théâtre épique » et cette « distanciation » si particulière au théoricien qu’était Brecht. « Le décor est quasiment nul puisqu’il s’agit d’un lieu de répétition, ce qui permet un rapport à l’intime vraiment particulier …Une heure durant, les scènes s’enchaînent sans coupure, seul l’éclairage change, la musique arrive… » commente Roxane Borgna. Le passage d’une scène à l’autre se produit sans changement de décor, Brecht entreprend l’adaptation. Pourtant les chansons semblent donner au spectateur une faculté de jugement parce qu’elles sont une rupture avec le langage théâtral classique, un véritable contraste avec la scène qui vient de se terminer et celle qui va se produire. L’action s’en trouve suspendue. Toute la mise en scène suggère que l’histoire est en cours…

Théâtre épique

Schizophrènes, ils le sont tous ou presque : Jean Claude Fall incarne Brecht puis il est Peachum, le père de Polly puis Mackie, le roi des voleurs. Patty Hannock séduit le public, elle est à la fois Elisabeth Hauptmann puis la mère de Polly comme Ghislain Hervet, compositeur, lequel avait également travaillé sur Brecht et Weill auprès de Jean-Claude Fall, incarne à son tour Kurt Weill.

Le public a aimé l’air canaille de Jean Claude Fall, l’accent anglais et l’air pincé de Patty Hannock mais surtout la belle jeunesse de la comédienne Roxane Borgna. Un théâtre à mi-chemin avec l’opéra qui donne à rompre avec le texte et c’est très justement dans cette distance que s’interprète un théâtre où la déclamation n’est qu’au second plan. Que l’envers du décor soit à prendre à la dérision, assurément, et d’une fresque sociale, c’est ici le propos…

Une illustration de ce que Bertolt Brecht a nommé le théâtre épique et qui a bouleversé les fondamentaux du théâtre dans la première moitié du XXème siècle. Finalement, la question est adroitement posée : «Que vient chercher le spectateur au théâtre ? »  La réponse est peut-être là, dans une analyse théâtrale de ce qu’est l’opéra et de ce qu’il n’est pas.

Christelle ZAMORA (Montpellier)

Brecht Cabaret
Du 3 au 6 octobre 2007
 
Écriture du spectacle et mise en scène Jean-Claude Fall
Direction musicale : Ghislain Hervet
Chant : Roxane Borgna, Patty Hannock, Jean-Claude Fall
Saxophone et clarinette : Ghislain Hervet
Accordéon Haki Kilic
Violon : Anne le Pape
Production : Théâtre des Treize Vents

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Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2007-08
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