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Festival d'Avignon

20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 11:52
DELICATISSIME

Un menu très délicat : "le plaisir le plus délicat est de faire celui d'autrui"*… C'est à la "Comédie Claude Volter" que Vincent Dujardin, sous le titre "Menus Plaisirs", a regroupé pour le nôtre, ces menus textes et grands classiques d'un maître du genre.

Du "genre" ? Quel "genre" ? Et qui sont ces gens ? Ce pourrait être un de ces dialogues où sous couvert de jongler avec les mots et leurs sens, Jean Tardieu ("le maître") distille quelques réflexions sur les us et coutumes des usagers de la langue française. Jean Tardieu, né en 1903, ne  fait pas, à l'instar d'un Henri Salvador, son "come back", car il n'a jamais quitté nos scènes. Dès que l'on pensait à divertir d'abord, et à faire réfléchir ensuite, les spectateurs, on allait puiser dans le trésor Tardieu, par tous les dieux ! C'est ce qu'a fait Vincent Dujardin, metteur en scène, en nous concoctant ce spectacle accueilli dans l'écrin d'un théâtre fondé par un grand amoureux du "répertoire", Claude Volter, "acteur historique" du théâtre belge.

menusplaisirs.jpg
S'il faut parler de genre, rappelons tout de même que Tardieu (comme Queneau, Jarry et d'autres) est une figure importante d'un courant iconoclaste qui entendait renverser les codes et barrières linguistiques pour le plus grand bénéfice de la fantaisie, de l'imagination… (déjà au pouvoir donc avant mai 68).  Pour Tardieu, ce n'était pas refaire le monde,  mais être l'observateur malicieux de nos petits travers, de nos ridicules.
L'inventif Vincent Dujardin a la bonne idée, lui, de faire démarrer le spectacle par une immersion directe dans un chaos, un cataclysme qui se serait produit, début 19e, chez la Baronne… Pas un séisme,  juste une petite secousse « sis(co)mique » qui a bouleversé les conventions, l'ordre établi  Qu'on se rassure, "tout va très bien Madame la Marquise", mis à part "quelques petits riens" qu'il nous faut déplorer. Ou savourer. Dorénavant, on reconnaîtra "la patte" de ce jeune metteur en scène à ces arrêts sur image, tableautins cocasses qu'il affectionne et réussit parfaitement et qui se trouvent particulièrement justifiés dans le "grand film d'art, d'aventure…et d'amour", sorte de version vraiment loufoque des "Pirates des Caraïbes". Il a réuni une petite équipe de foldingues qui s'en donnent à cœur joie, tous, en tous sens, dessus dessous : Hélène Gailly, Claudie Rion, Marie-Pascale Dessoy, Isabelle De Hertogh, Bernard d'Oultremont, Nicolas Pirson, Patrice Mincke, Sébastien Berton.

Chacun ayant un personnage farfelu à se mettre plus particulièrement sous la dent et à "croquer" pour notre plus grand plaisir. Chacun sachant aussi se fondre et jouer sa partie dans ce "Conversation-Sinfonietta" parlé mais conçu comme une partition musicale - on se souviendra que Tardieu, virtuose des mots, avait une mère harpiste - ardu à jouer, plus rare à être monté. On retrouve, parmi les sept piécettes, la plus connue de ce "Théâtre de Chambre": "Un mot pour un autre", avec son pendant "Un geste pour un autre" mais le tout passe sans heurts, comme un plat unique, habilement huilé et cuisiné, avec l'appui homogène des décor, accessoires et costumes du scénographe Christian Guilmin.. Le "présentateur", personnage récurrent chez Tardieu, est habilement utilisé comme charnière entre ces différents textes et, protéiforme, il lui arrive de changer de métier, de livrée, se dédoublant même parfois au gré des enchaînements et… déchaînements. Bigre-bougre-bistre-fichtre-foutre : on s'est bien régalés !
Suzane VANINA (Bruxelles)

* La Bruyère in "Les Caractères"

Photo © Comédie Claude Volter

Du 26.09 au 21.10.2007 - Infos : 32(0)2.762.09.63 – www.comedievolter.be

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
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