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Festival d'Avignon

20 octobre 2007 6 20 /10 /octobre /2007 12:29
VIOLENCE VOLATILE

Une violence… volatile qui va au-delà des mots dans un New York des années 80…

Le canari servait de bonne étoile aux mineurs… A vingt mille lieues sous la terre, l’oiseau décelait les émanations inodores du monoxyde de carbone. Un chant comme signal d’alarme. La mort quand il était déjà trop tard pour remonter à la surface. Et Annie, jeune femme passionnée flirtant avec un mal-être permanent, n’en finira pas de s’enfoncer dans les profondeurs de ses vieux démons, jusqu’à ne plus vouloir sortir du gouffre.

good-canary.jpg
Ce n’est pas l’oiseau jaune offert par Jacques, son compagnon, qui la protégera de la cage mentale dans laquelle elle tourne. Tous les ingrédients au bonheur sont pourtant réunis. Une histoire d’amour où la fusion tourne à la perte de soi dans l’autre, un partenaire qui vient de publier un nouveau roman remarqué par les critiques et les éditeurs en laissant présager un avenir littéraire couvert de lauriers. Annie ne supporte pas le regard que portent les critiques sur l’œuvre de sa moitié comme le regard que tout œil extérieur pose sur elle. La patience amoureuse et la constance d’assistance de Jacques n'y changent rien. La pièce se déroule comme un suaire annonçant un non retour pour celle qui cristallise l’artiste maudit qui se cache derrière un prête-nom.

Les paradis artificiels…

Zach Helm nous fait plonger dans l’univers torturé d’un personnage équilibriste qui avance sur le fil d’une raison prête à basculer à tout moment. Une écorchée vive qui fait taire ses souffrances à coup de consommation d’amphétamine. Violence des mots et des situations qui électrisent le spectateur pour le placer dans une tension permanente jusqu’au dernier moment. Violence magistralement orchestrée par une mise en scène qui mêle savamment les techniques cinématographiques et l’espace symbolique.

Le décor de Pierre François Limbosch s’impose dans une mobilité qui permet au six cubes indépendants les uns des autres de s’articuler comme un puzzle vivant où viennent se projeter les excès de délire d’Annie dans une anamorphose fantasmagorique. La folie contamine parfois au paroxysme les autres personnages  qui exécutent en pantins une gestuelle socialement normée jusqu’à la caricature et qui ne parviennent pas plus qu’Annie à s’évader de la chape de plomb des angoisses existentielles. Aux crises de violence aigue succède le silence où les mots sont de trop entre les amants ; et viennent s’inscrire sur le mur. Une scène comme une parenthèse d’émotion dans ce mælstrom de sensations fortes qui poussent parfois les comédiens à surjouer. 

Ange LISE (Paris)

De  Zach Helm
Mise en scène de John Malkovich
Avec Cristiana Reali, Vincent Elbaz, Jean-Paul Muel, José Paul, Ariel Wizman, Stéphane Boucher, Bénédicte Dessombz
Durée : 2h30 avec entracte
A partir du 13 septembre 2007
Au théâtre Comédia, 4, boulevard de Strasbourg,   75010  Paris
Réservation : 01 42 38 22 22

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Published by Ange LISE - dans À Paris 2007-08
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