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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 11:46
DÉBALLAGE VERBAL POUR SOUK PLANÉTAIRE

Petit-fils de Sol et de Devos, cousin de Jean-Pierre Verheggen, Bruno Coppens, après « Bain Zen » et ses méthodes pour rester calme face au monde déboussolé de « l’immondialisation », s’étend sur le divan du psy afin de soulager la société de ses fantasmes.


Mélangeur de vieux pour en faire des bons mots, l’humoriste utilise le langage pour se moquer de nos travers, pour imposer à la parole des jongleries verbales qui l’emmènent jusqu’où elle finit par dire avec force ce qu’elle ne parvient plus à dire dans un quotidien dont les phrases ont perdu la force de leur signification. Tout fait farine chez ce moulin à paroles. Le vocabulaire ordinaire devient baroque à force de calembours pétris, d’homophonies mélimélangées, de contrepèteries tamisées, de mots-valises fourrés, de polysémies saupoudrées, d’à peu près feuilletés. 

Coppens-Terre-Happy3----V.Vercheval.jpg
Étalé comme un toast sur le canapé rouge des disciples de Freud, Coppens nous invite à suivre sa « psycho très rapide ». Il se déballe et nous emballe. Son personnage se perd dans sa solitude au point de s'être fait accompagner (c’est la trouvaille visuelle du spectacle) par son souffleur de théâtre, bien calfeutré dans son trou, invisiblement visible, sorte de double transparent qu’on imagine sorti des premières bandes dessinées de Fred et de son héros Philémon. Il se fourvoie aussi dans ses trous de mémoire, domaine insondable qui terrorise tous les comédiens. Il nous entraîne avec lui au fond de son texte comme dans une mise en abyme.

Le début de son spectacle s'en prend à ces mots et à ces expressions qui jètent de la poudre aux yeux à la réalité sociale. C'est la femme de ménage rebaptisée technicienne de surface, le sourd devenu malentendant, le handicapé reconverti en personne à mobilité réduite, euphémismes faussement pudiques engendrés par le politiquement correct et l’hypocritement décent, faisant mine de cacher les évidences sociales et humaines.

Vagabondages

Ensuite, Coppens vagabonde de la politique belge à la pornographie, de l'origine de l'homme au déséquilibre écologique, de Brel et Claude François à Jean-Paul II, des "europaïens" aux "islamystiques", de ce qu’il a appelé naguère « l’immondialisation » aux « pères missifs » et aux enfants rois d’aujourd’hui. L'éventail est large. Il l'agite dans la chaleur du rire. Il va même jusqu'à pousser la chansonnette, avec une voix rappelant celle de Denis Wetterwald et sur des mélodies d'Eloi Baudimont qui, par moments, rejoint la  pétillance des compositions de musique légère de Leroy Anderson.

La mise en scène d’Eric de Staerke privilégie la lisibilité aux gags. Le jeu de Coppens s’est affiné. Il perd en rythme ce qu'il gagne en limpidité car ses jeux de mots sont désormais mis en situations dans le discours pour qu'ils soient décodables instantanément. Par comparaison avec ses précédentes productions, du spectacle  « Mots de tête d’un maigre doux » ou de son livre «Loverdose »,  l'humoriste paraît moins engagé, moins caustique sur l'actualité et la société. Il effleure plutôt que d'éreinter, égratigne plutôt que de dénoncer. Avec le cri primal qu'il demande à la salle de pousser, le rire, véritable thérapie, reste cependant bien présent et bien souverain au rendez-vous. Et le public ne s’en plaint guère !

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Auteur: Bruno Coppens
Mise en scène: Eric De Staercke
Distribution : Bruno Coppens
Lumières : Benoît Lavalard
Costumes : Lili Deconnick
Production : Atelier Théâtre Jean Vilar/Festival de Spa/
À la Maison de la Culture du Tournai du 8 au 12 octobre.

En tournée : Salon de Théâtre (Tourcoing), du 12 au 26 octobre ; Maison de la Culture (Marche en Famenne), 27 septembre 2007 ; Centre Culturel (Binche), 29 septembre ; Centre Culturel (Trois-Ponts),17 novembre ; Centre Culturel Régional (Nismes), 3 décembre ; Centre Culturel (Woluwe-Saint-Pierre), 19 janvier 2008 ; Théâtre des 4 mains (Beauvechain), le 8 mars ; Maison de la Culture (Arlon), le 18 mars ; Centre Culturel (Huy), le 19 mars ; Centre Culturel Régional du Centre (La Louvière), le 20 mars ; Centre Culturel (Tubize), 11 avril ; Salle Marius Staquet  (Mouscron), 15 avril ; Centre Culturel (Sambreville), le 26 avril

Photo © Véronique Vercheval

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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