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Festival d'Avignon

1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 17:18
PORCA MISERIA !

Entre un contexte social réaliste et des situations loufoques qui confinent à l'absurde, Dario Fo jongle constamment avec la farce et la tragédie. Car pour le dramaturge militant le comédien doit « être clown, bouffon... sérieusement ».


Italie. Années 70. Les femmes d'un quartier ouvrier se révoltent contre la hausse des prix et dévalisent un supermarché. De retour, elles dissimulent comme elles peuvent la marchandise pour éviter les foudres conjugales et la police qui perquisitionne. Cette fiction, qualifiée à l'époque de « fantapolitique », devint presque réalité quelques mois plus tard, en octobre 1974, à Milan. C'est pourtant dans un immense éclat de rire que le public assiste à la représentation de cette satire sociale qui, avec ses délocalisations d'usine et ses expulsions d'immeubles, n'est pas sans rappeler le contexte actuel. Tout l'art de Dario Fo réside dans ce paradoxe : faire rire « sérieusement ». L'hilarité générale cède d'ailleurs régulièrement le pas à des scènes d'une rare intensité dramatique, dont le dénouement apocalyptique constitue l'apogée.


Plus encore que de la commedia dell'arte, chère à Dario Fo, ou du vaudeville auquel il emprunte quelques ficelles habilement détournées, Faut pas payer tient des farces populaires italiennes du XIXe siècle, de l'art du clown, du cinémat muet, et des « fabulateurs » de son enfance (cf. Le Pays des Mezaràt, autobiographie de l'auteur).

Une gigantesque fable

Dans le quartier imaginé par le dramaturge, les ventres arrondis soudain se multiplient : un moyen comme un autre de cacher la marchandise volée... Mais les femmes doivent alors rivaliser d'invention pour expliquer leurs grossesses subites ! Où l'on apprend qu'on marine neuf mois dans la saumure avant de naître, que le millet pour canaris se déguste avec du citron, et que les prématurés sont greffés dans un deuxième ventre pour arriver en temps voulu...

Gigantesque fable menée de main de maître par Antonia, personnage principal, qui invoque même le pape à la rescousse, et surtout par Marie-Christine Orry, l'énergique comédienne qui lui donne vie. Dès son entrée fracassante, la « cadence comique » recherchée par Dario Fo est mise en branle et soutenue sans failles par l'ensemble des comédiens et une mise en scène subtile. La gestuelle, primordiale pour le prix Nobel de littérature issu des planches, n'y est pas gesticulation désordonnée mais frénésie contrôlée. Un véritable ballet dont l'accompagnement musical, ajout du metteur en scène, créé par Georges Baux et le violoniste Malik Richeux, souligne le rythme. Tel le mime d'une chaîne de montage par Luigi, le jeune ouvrier rebelle, à l'instar des Temps modernes, dont Dario Fo lui-même faisait la démonstration lors d'une conférence retranscrite dans son Manuale minimo dell'attore.

Pour sa mise en scène, Jacques Nichet, directeur du TNT, a fait le choix d'alléger le texte d'allusions politico-historiques qui auraient échappé au public français. Mais sans l'édulcorer ni lui ôter son caractère militant. En tournée depuis bientôt deux ans et demi, le spectacle, nominé aux Molières en 2006 et diffusé cette année sur Arte, mérite amplement son succès.

Bernadette POURQUIÉ (Toulouse)


Faut pas payer (Non si paga, Non si paga)
Texte : Dario Fo (Dramaturgie éditions, 1996 ; 1974 pour l'édition italienne)
Interprétation : Sabrina Kouroughli, Marie-Christine Orry, Jean-Jacques Duquesnoy, Stéphane Facco, Philippe Fretun, Mouss Zouheyry
Musiciens : Fabrice Dang Van Nhan, Laurent Guitton, Malik Richeux
Mise en scène : Jacques Nichet (assistantes : Caroline Chausson et Charlotte Farcet)
Scénographie : Pierre Heydorff
Collaboration artistique : Bernard Faivre
Création musicale : Georges Baux et Malik Richeux
Réalisation décor : atelier du TNT, sous la direction de Claude Gaillard

Production :
TNT
Théâtre national de Toulouse
1, rue Pierre Baudis
31000 Toulouse
Tél. : 05 34 45 05 05
Site internet : http://www.tnt-cite.com/

Tournée 2007 :
Au TNT (Théâtre national de Toulouse) du 16 au 27 octobre
Au Parvis, à Tarbes, le 31 octobre
Au Théâtre de Narbonne les 8 et 9 novembre
À la Comédie de Reims du 14 au 16 novembre
Au Volcan, Le Havre, du 21 au 23 novembre
Au Grand T, à Nantes, du 28 novembre au 8 décembre
Au Quartz, à Brest, du 12 au 14 décembre
À la Passerelle, à Saint-Brieuc, les 18 et 19 décembre

Photo © Pascal Victor

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Published by Bernadette POURQUIÉ - dans En Région 2007-08
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