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Festival d'Avignon

2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 11:10
TRIO DADA

Le trio flamand De Enthousiasten s’est reformé pour une nouvelle création. We save no lives, bijou burlesque et absurde, interroge l’oubli, le lien enfant-adulte, mais aussi la relation entre le public et la scène.


Une grenouille coasse. On entend l'hirondelle chanter. « C'est l'histoire d'un jeune homme de 24 ans. Il écrit pour un journal. Mais il réussit rarement à terminer ses articles: il est trop faible, il souffre de la faim. Il faut qu'il mange pour pouvoir écrire. Mais s'il n'écrit pas, il ne mangera pas. Et s'il ne peut manger, il ne peut écrire ». Tiré de « L'Art de la faim », de Paul Auster, le texte est chuchoté par un rabbin de pacotille en ouverture de la représentation. Avec ce dilemme, aussi fondamental qu'absurde et insoluble, le ton est donné. Pour ses retrouvailles, le collectif De Enthousiasten renoue avec le burlesque et le dadaïsme.


Dans sa nouvelle création We save no lives, il interroge la question de l'oubli, du lien entre l'adulte et l'enfant qu'il a été. Entre deux danses bouffonnement yiddish, un homme nous raconte son histoire. L'hirondelle roucoule, la grenouille coasse. Mère, père, camarades de classe : à l'aide d'une simple perruque, l'acteur incarne tous les personnages de cette enfance polonaise.

Théâtralité assumée

Aucun réalisme, pas plus que de coulisses ; ici, la théâtralité est assumée, dans un rapport décomplexé avec le public. Entre deux scènes, les acteurs se font techniciens. L'espace de jeu ? Un simple rectangle délimité par une ligne blanche, habité par l'énergie débordante de ces trois flamands, héritiers directs de Brecht et de son distancialisme. Ponctué de photos d'enfance et d'un Beethoven distillé avec grâce par le pianiste du trio, le monologue nous conte l'histoire d'un jeune Polonais écartelé entre le nationalisme paternel et l'héritage juif maternel. « J'étais un rat complètement incolore », raconte-t-il, « un rat neutre ». Le récit, même s'il évoque surtout l'antisémitisme ordinaire de gamins polonais, ne manque pas d'humour. Le rat, la grenouille, l'hirondelle : un casting digne d'une fable de La Fontaine, pour un incident de cour de récréation qui va marquer l'enfance du jeune homme et prend des allures de conte philosophique. Décidément, le collectif De Enthousiasten n'a pas raté son retour ; sous des dessous burlesques, We save no lives questionne l'absurdité de la réalité avec acuité, servi par l'interprétation magistrale de Dirck Van Dijck, Ryszard Turbiasz et Johan Dehollander. Le trio réinvente le dadaïsme au théâtre, pour un beau moment d'humour et de réflexion.

Michèle COLOMBEL (Lille)

We save no lives, de et avec Dirck Van Dijck, Ryszard Turbiasz et Johan Dehollander
Une création et une production de l'Association des Enthousiastes pour le Réel et l'Universel (Belgique).


Le 13 octobre au Théâtre de la ville, à Courtrai.
Les 18 et 19 décembre à Studio-Théâtre de Béthune. (Renseignements et réservations: 03 21 14 25 55).
Durée : 1h15

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Published by Michèle COLOMBEL - dans En Région 2007-08
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