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Festival d'Avignon

2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 11:33
UNE POUPÉE QUI FAIT OUI

A son enterrement, Adèle, cent ans passés, décide de prolonger un peu le plaisir et de revivre quelques fragments de sa vie en compagnie de ses sept enfants.


Contrairement à l’histoire de Blanche-neige et de ses sept amis barbus, les enfants d’Adèle ne sont pas en admiration devant elle. Trop fière, vêtue d’une robe trop rouge, Adèle semble les exaspérer avec ses excès et même sa mort, supposée, ne semble pas avoir eu raison de ses envies débordantes. Car contrairement à Blanche-neige, les pommes ne font pas peur à Adèle, elle qui en a croqué à tout-va et des pas empoisonnées, si ce n’est à l’amour. « Moi, j’ai fait l’amour partout » dit-elle fièrement, et c’est là le parfait résumé de sa vie, une épitaphe ante mortem que ses souvenirs, à géométrie variable, vont illustrer sous les yeux tour à tour inquiets, incrédules et impatients de ses enfants.
ad--le.jpg
Depuis son adolescence à la campagne jusqu’à sa vie adulte, Adèle n’aura été guidée que par une seule loi, l’amour. Mais elle ne le cherche pas, l’amour, elle le trouve tout simplement, il lui tombe dessus comme une évidence, et il ne lui reste plus qu’à dire oui. Oui à Rodolphe, d’abord, qui se demande comme Brel « pourquoi ont-ils tué Jaurès » et qui mourra à son tour lors de la Grande guerre, oui à Julio ensuite, le virevoltant argentin que tout le monde prend pour Zorro et qui fera faire le tour du monde à Adèle, oui à Léon finalement, l’éternel prétendant qui parvient enfin à ses fins, et oui à tous les autres, trop nombreux pour que l’on puisse retenir leurs noms, mais trop importants pour qu’Adèle les oublie totalement.

Des passages musicaux réussis

Cette Adèle, composée et mise en scène par Jacques Hadjaje est comme un trou noir qui aspire tout l’amour autour d’elle. De son écriture fine et directe, mêlant humour et poésie, il raconte la vie de cette femme ordinaire au cœur extraordinaire, une héroïne mue par une énergie vitale, une ouverture infinie qui lui font répondre « amour » à tous les « pourquoi ».

La mise en scène est centralisée autour de deux axes, un mat vêtu d’un voile qui figure aussi bien l’aiguille d’un gratte-ciel que le pilier d’une salle de bal, et Adèle, un axe mouvant autour duquel gravitent des personnages satellites. La structure apparemment chaotique de la pièce, une suite de fragments de souvenirs, dont certains sont imaginaires ou déconstruits, s’unifie dans et par la musique. Les rythmes varient et permettent le passage d’un souvenir à l’autre, d’une temporalité à une autre et ce de façon vraiment naturelle, ce qui est une des plus grandes réussites de la pièce, avec la direction des comédiens, d’Isabelle Brochard (Adèle), digne et loufoque, à Guillaume Lebon (Léon), drôle et émouvant, en passant par Sébastien Desjours (Julio) qui roule les « r » avec un enthousiasme sans égal. Toujours présents sur scène, qu’ils soient au centre de la narration ou qu’ils se contentent d’observer de côté, le jeu des comédiens donne l’impression que les personnages ont conscience d’être des êtres de fiction et qu’ils se prennent au jeu avec les spectateurs qui, eux, sont conquis.

Morgan LE MOULLAC (Paris)

Adèle a ses raisons, écrit et mis en scène par Jacques Hadjaje
Musique originale : Jean Bellorini
Musique interprétée par : Anne Didon et Romain Lemire
Scénographie : Patricia Lacoulonche
Costumes, peintures et accessoires : Chantal Chiettini
Lumières : James Angot
Avec : Isabelle Brochard, Sébastien Desjours, Anne Didon, Anne Dolan, Guillaume Lebon, Romain Lemire, Delphine Lequenne, Laurent Morteau.

Au théâtre Le Lucernaire, 53, rue Notre Dame des Champs 75 006 Paris
Du mardi au samedi à 21h30 et le dimanche à 15h
Du 26 septembre au 24 novembre 2007.

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Published by Morgan LE MOULLAC - dans À Paris 2007-08
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