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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

6 novembre 2007 2 06 /11 /novembre /2007 19:28
Dans le rôle de la victime [Playing the victim]
 
d’Oleg et Vladimir Presniakov
mise en scène Oskaras Korsunovas
 
du vendredi 9 au mercredi 14 novembre
les 9, 10 et 13 novembre à 20h30, le 11 novembre à 16h et le 14 novembre à 19h30
spectacle en lituanien, surtitré

Le spectacle a été créé à Vilnius au Théâtre national dramatique de Lituanie, le 17 novembre 2005. 

Metteur en scène incontournable du théâtre lituanien, Oskaras Korsunovas fait un nouveau détour par Aubervilliers. Après le succès de Roméo et Juliette et plus récemment du Maître et Marguerite, il revient cette fois-ci au Théâtre de la Commune avec un texte des frères Presniakov, considérés dans leur pays parmi les auteurs contemporains les plus populaires : Valya, jeune homme d'aujourd'hui, est employé par la police pour prendre la place du mort lors de reconstitutions criminelles. Métier ordinaire, mais qui devient vite prétexte à des situations toujours plus cocasses… Une comédie pop-rock débridée, où la critique de la Russie contemporaine se mêle à une réécriture d’Hamlet, en un cocktail réjouissant, musical et détonnant. De quoi faire fondre tous les frimas du mois de novembre !

Résumé :
Jouer la victime, c’est ce que fait Valya, jeune homme  d’aujourd’hui, employé par la police pour prendre la place du mort lors de reconstitutions criminelles. Un métier comme un autre qui devient le prétexte de scènes totalement cocasses. De défenestration  factice en noyade à sec, ces enquêtes à l’emporte-pièce et aux conclusions tirées d’avance par un policier véreux, tournent en dérision tout un système. Dans sa famille, Valya fait face à la même  absurdité. Il reçoit une nuit la visite de son père décédé qui accuse sa mère de l’avoir empoisonné – pour vite le remplacer par son oncle, lui-même figure emblématique d’une certaine Russie, toute  en puissance jusque dans ses travers.   Sur fond de musique pop-rock endiablée, le plateau « brûle » sous  la satire corrosive de cet Hamlet contemporain, fils vengeur, homme complexe, mû par une réalité intérieure dont l’essence est celle de la fiction et qui joue avec la vie pour dénoncer le chaos du  monde.  


Le théâtre d’Oskaras Korsunovas//Un théâtre des signes du temps 
  
Source : Extraits de l’article « Un théâtre des signes du temps » de Rasa Vasinuaskaité, In Le théâtre d’Oskaras Korsunovas, Entretiens et articles,  Rassemblés par Rasa Vasinauskaité, Éditions Presses universitaires de Caen, 2003.

Korsunovas, en 1999, prônait un « langage théâtral moderne assorti au rythme du jour présent, créant le mythe de l’homme moderne et provoquant le spectateur vers une mutinerie possible, une action possible et une autre vie possible ». Cela rappelle beaucoup  la position d’Artaud, l’un des auteurs préférés de Korsunovas. Cette position peut-elle être considérée comme réaliste ou proche du réalisme théâtral ? Probablement pas. Korsunovas est homme de théâtre jusqu’à la moelle. Par conséquent, les personnages de ses pièces et  les pièces elles-mêmes subissent une métamorphose paradoxale : les « ombres » drastiques de situations quotidiennes sur scène se développent en généralisations métaphoriques, le réalisme quasi photographique se transforme en un réalisme symbolique et abstrait, et la  définition d’un espace social devient de la création de mythe. Là se tient certainement le secret de la popularité de la dramaturgie néo-réaliste : certains metteurs en scène l’utilisent comme étendard de la critique sociale et instrument actif de la lutte ; d’autres l’emploient  pour diagnostiquer les maux de la civilisation ; d’autres enfin l’utilisent comme un matériau de création de nouveaux outils d’expression théâtrale et d’interprétation. Je classerais Korsunovas dans ce dernier groupe, bien qu’il soit lui-même convaincu que ses  pièces renferment la mission extrêmement importante d’apporter de la pertinence aux problèmes de notre temps. [...]  

« J’ai toujours été intéressé par un certain aspect du théâtre : la possibilité d’exprimer ce qui ne peut pas être transmis par les mots, et créer une mystérieuse communication interne entre le public et la scène. [Sur le plateau], la divergence entre les mots et l’action, tout  comme entre les mots et les images, est très importante pour moi. Cette divergence facilite l’émergence de nouvelles significations.  L’expression visuelle, le mouvement et la chorégraphie sont employés eux aussi dans le  but de faire émerger un autre espace de significations qui communique activement avec le public lors de l’interprétation des mouvements et des mots. C’est cela, je pense, qui constitue le vrai théâtre ». Oskaras Korsunovas. [...]  

« Le théâtre m’intéresse quand l’imagination collective se met à fonctionner. Le théâtre n’est pas un art fixe comme la sculpture. Le théâtre ne crée pas de tableaux. C’est un  spectacle vivant. Les idées que je propose doivent prendre vie. Si cela ne se produit pas, c’est qu’elles n’étaient pas bonnes. L’imagination collective génère une pièce, qui à son tour est présentée à l’imagination collective du public. Les spectateurs représentent un  certain modèle de société, une certaine communauté qui prend part à la "conspiration" collective ». Oskaras Korsunovas  


oskaras.jpgEntretien avec Oskaras Korsunovas :
Source : Extraits de l’entretien avec Oskaras Korsunovas,  Propos recueillis par Marie-Anne Sorba, Paru sur www.regard-est.com le 3 juillet 2006.

Votre métier est avant-gardiste, vos pièces passent souvent pour scandaleuses.
Oui, je suis un type scandaleux ! Sérieusement, pour moi, l’art n’a rien à voir avec les conventions. Je n’en ai rien à faire de respecter les conventions, les dogmes de l’esthétique.  Je ne crois pas que mon théâtre entre dans une catégorie. On a beaucoup dit à Sarah Kane qu’elle était scandaleuse, par exemple, mais en général, elle répondait : « je veux juste être fidèle à moi-même ! ». Au théâtre, quand on est fidèle à soi-même, à son propre regard, le  scandale n’est jamais loin. 

Vos premières pièces datent des années 1990. Vous souvenez-vous de l’atmosphère dans  laquelle avaient lieu vos spectacles ?
Oh oui, c’est inoubliable ! C’était une véritable révolution, la plus authentique qui ait pu se produire alors. Il y a seize ans exactement, j’obtenais mon diplôme de l’Académie du  Théâtre de l’Université de Vilnius dans la spécialité « metteur en scène ». Mais je n’ai pas tellement étudié la mise en scène, j’étais trop occupé à monter mes spectacles un peu partout. Ils étaient déjà populaires en Lituanie. En 1990, notre pièce Là, être ici obtenait le  premier prix du Festival d’Edimbourg. Finalement, j’ai très peu étudié, en réalité, j’ai tout de suite commencé à mettre en scène.  

Les événements de 1991 (ndlr, avec l’éclatement de l’URSS, la Lituanie acquiert son indépendance en 1991) ont-ils influencé votre théâtre ?
Bien sûr. Avant l’indépendance, il n’existait pas de théâtre de ce genre. En principe, il était impossible de monter des spectacles comme Le Maître et Marguerite par exemple ;  l’auteur lui-même, Boulgakov, étant interdit par le régime soviétique. Plus le temps passe, et plus je comprends combien nous avons vécu des événements horribles. À l’époque où je suis né, personne n’aurait jamais soupçonné qu’un tel changement pouvait avoir lieu. On  ne pensait pas que ce système pouvait se détruire lui-même et que tout pouvait changer à ce point. L’ensemble du monde soviétique s’est autodétruit, un autre monde est arrivé. La société a changé, tout est absolument différent de ce que l’on nous a enseigné, c’est même  le contraire absolu. Mais ce qu’on retient, c’est que la stabilité est une chose illusoire. Ce qui semble être stable et absolu peut tout à fait s’écrouler sans crier gare. Bien sûr, après le 11 septembre, le monde a commencé à comprendre que nous vivons dans un système  global, qui a changé brutalement. Mais à l’époque, c’était l’euphorie, la griserie de la révolution ; c’était effrayant, il y avait des gens sous les chars, mais il y avait beaucoup de foi, de confiance en l’avenir. Cinquante ans d’occupation, c’est assez pour que les gens  développent un vrai sentiment national.   

Biographie de Oskaras Korsunovas :
Il est né en 1969 à Vilnius. Il suit les cours d’art dramatique du Conservatoire national de Lituanie, puis travaille comme metteur en scène au Théâtre national de Lituanie dès 1990. C’est dans ce théâtre qu’il monte la plupart de ses  spectacles, parmi lesquels Là, être ici d’après Daniil Harms (primé à deux reprises au Festival d’Edimbourg et à celui de Torun), La Vieille d’après la nouvelle de Daniil Harms, Bonjour Sonia, Bonne année d’Alexandre Vvédensky. 
En 1997, il présente la Vieille 2 et Là, être ici au Festival « Passages » de Nancy et au Festival d’Avignon. Il monte aussi P.S. Dossier O.K. de Sigitas Parulskis, jeune dramaturge lituanien, et Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès.  En 1998, avec l’aide du Ministère lituanien de la Culture, il fonde une compagnie indépendante dont les bureaux se trouvent au sein du Théâtre national de Lituanie. Il y présente Le Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare et Shopping and Fucking de  Mark Ravenhill.
En 1999, Roberto Zucco est présenté aux Rencontres Internationales de Théâtre de Dijon et à La Biennale de Venise ; le Berliner Festspiele accueille P.S. Dossier O.K. 
En 2000, il crée Le Maître et Marguerite de Mikhaïl Boulgakov au Festival d’Avignon, et Visage de feu de Marius von Mayenburg au Théâtre national de Lituanie.
Visage de feu est présenté au Festival d’Avignon en juillet 2001.  Il monte en février 2001 au Théâtre-Studio de Varsovie Sanatorium sous le sablier de l’auteur polonais Bruno Schulz et en avril 2001 We are not Cookies d’après Alexandre Vvédensky et Daniil Harms au National Theater Studio d'Oslo. Il crée au Théâtre national  de Lituanie Parasites de Marius von Mayenburg en juin 2001, Manque de Sarah Kane en janvier 2002, et Œdipe roi de Sophocle en juin 2002 dans le cadre de Theater der Welt. Il monte Hiver de Jon Fosse en janvier 2003 au National Theater Studio d'Oslo. 

L’Oskaro Korsunovo Teatras a aussi pour vocation de rassembler de jeunes talents prometteurs pour les aider à accomplir leurs projets et produire des spectacles de théâtre et de danse ou du cinéma. 

Oskaras Korsunovas a reçu en 2001 le Prix des nouvelles réalités théâtrales décerné par le jury européen du Festival de Taormina.

La Rose des vents – Scène nationale de Villeneuve d’Ascq a organisé deux tournées en  France : Le Songe d’une nuit d’été en février et mars 2002 (13 villes, 30 représentations) et Visage de feu en mars et avril 2003 (12 villes, 20 représentations). Le Festival d'Avignon – avec le soutien de l'ONDA pour les surtitres – a organisé en  France en avril / mars 2004 une tournée de Roméo et Juliette de Shakespeare (créé en 2003 au Hebbel Theater de Berlin – Allemagne).   

Le Théâtre de la Commune a déjà accueilli deux de ses mises en scène en 2004 Roméo et Juliette et en 2006 Le Maître et Marguerite.  

En décembre 2007, il met en scène à la Comédie-Française La Mégère apprivoisée de Shakespeare.

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Réservation indispensable au 01 48 33 16 16.
 
Théâtre de la Commune. Centre Dramatique National d'Aubervilliers
2 rue Edouard Poisson - BP 157 - F 93304 Aubervilliers cedex

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Published by Ruedutheatre - dans Actualités & coulisses
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