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Festival d'Avignon

4 décembre 2007 2 04 /12 /décembre /2007 23:19
UN CONTE QUI RENVERSE LES CLICHÉS

Des sujets déviants, de la folie furieuse, un univers du conte déconstruit et une histoire à reconstruire. Cette pièce, belge d’origine, incarne le choix éclectique de la programmation du théâtre de La Grande Ourse.  Un choix fait pour troubler ? Qui sait…


Drôle d’histoire que celle là. Une princesse déprimée, un prince qui n’a rien de charmant, voilà qui fait la paire ! D’abord, des scènes bizarres ponctuent un duo pas banal, celui d’un couple qui s’agresse, se bouleverse sans trop d’égard ni de tendresse. Au premier plan, un type habillé en déshabillé féminin déclame au public ses fantasmes. Les répliques surprennent : «si tu préfères, je me mets une fraise dans l’anus»… Elles ont de surcroît la particularité d’être à la fois crues et corrosives.

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Drôle d’histoire que la rencontre de cette fille si belle mais, certainement atteinte d’une maladie, qui meurt. Sans compter mamie qu’il a fallu râper pour la faire entrer dans le cercueil. Et puis le prince a lui aussi un défaut : la princesse explique qu’il régurgite. De là, on aborde le sujet de l’haleine punk et la pièce prend une allure expérimentale. Une femme filme successivement le plateau puis le public. Le prince et la princesse s’interrogent sur leur avenir d’homme ou de femme au sein du couple, de la famille ou de la société. Et soudain les dogmes et principes de la bonne éducation ou de la belle histoire qui devrait être la leur sont ébranlés. Ils s’étripent, s’adressent maladroitement l’un à l’autre, cherchent à mieux se connaître avec toute l’hystérie prêtée aux femmes et la lâcheté si propre aux hommes. Le débat figure les angoisses, les fantasmes et les pulsions. Il est aigre et venimeux. Dans cette première partie, le conte est narré à l’envers, ces scènes sont celles qui feront l’histoire racontée plus tard dans le deuxième volet de la pièce.

Une mise en scène ébouriffante

Et quoi de plus drôle que cet homme filmé à son insu dans le public à qui l’on prêtera une voix et qui jouera le roi sans le savoir ! Et voilà que le public s’interroge : qui des comédiens ou du public est réellement spectateur ? Une série d’actions seront enregistrées dans un chaos indescriptible pour entrer ensuite dans la composition d’un conte qui pourrait s’intituler : l’amour impossible d’un commis de cuisine. La projection en sera l’apogée. Cet homme rempli de frustrations dispose d’un gant enchanté pour se venger et commettre ses crimes. En dire plus serait déjà trop. Et mieux vaut se rendre à une représentation mais toute personne sensible devra s’abstenir.
Pour aimer ce spectacle, il faut avoir certaines qualités. Être curieux, oser rire de situations grotesques, comprendre l’humour noir, ne pas avoir peur du ridicule et comprendre le second,  le troisième voire le quatrième degré. Si aucune de ses qualités ne vous habite, restez chez vous, car c’est en cela que la programmation est ici osée. Ce choix vous renvoie dans une vision archaïque de vous-même, à laquelle il faut pouvoir échapper.

Christelle ZAMORA (Montpellier)

J’ai gravé le nom de ma grenouille dans ton foie
Le 16 novembre au Théâtre de La Grande Ourse à Villeneuve lès Maguelone
Conception : Ludovic Barth, Mathilde Demarez
Réalisation vidéo : Jessica Champeaux
Conseiller artistique : Fabrice Gorgerat
Composition musicale : Grégory Duret, Ludovic barth
Direction technique : Raphaël Noël

Photo © DC

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Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2007-08
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