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Festival d'Avignon

5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 17:52
JEUX DE MIROIRS, JEUX DE POUVOIR

Dans « Le Balcon », Jean Genêt (1910-1986) exalte la perversion à travers une écriture subtile. Pour lui rendre hommage et parce qu’il est un homme de théâtre politique et social, le metteur en scène Fred Tournaire a voulu retrouver l’engagement théâtral qui est le sien depuis le début : l’Homme dans tout ce qu’il a de plus « désespérément humain ».


Avec «Douze hommes en colère» en 2005, Fred Tournaire entrait déjà dans ce tourbillon du théâtre sociopolitique qui explore le dialogue entre la société et l’individu, le citoyen et l’institution. Si, dans « le Balcon », la chance est donnée aux gens du peuple, ces derniers exhibent leurs fantasmes au lieu d’endosser une nouvelle personnalité, une opportunité que pourrait leur offrir un changement de régime.

le-balcon.GIF
Dans un espace scénique élaboré de peintures successives, la pièce livre tour à tour un archevêque en proie à la perversion, un juge corrompu et dominateur, un général avide de soumission, un commissaire de police derrière lequel se cache un véritable dictateur. Si le décor est les costumes sont riches, ils n’en demeurent pas moins souvent incongrus et fantasmagoriques. Un peu comme si le réalisme était moins proche de la vérité que les faux semblants. Ces propos que l’auteur aimait déclarer sont pertinemment repris dans le jeu théâtral de la pièce. Du ludisme de situations absurdes, il est bien question et toutes les scènes, ne l’oublions pas, se déroulent dans un bordel dont la tenancière est un des personnages principaux. Comme si le gain était lui aussi par l’abus et la surenchère qu’il génère, encore nécessaire pour accéder au rêve.

C’est toujours un pouvoir qui remplace le pouvoir


L’argent, le pouvoir, la maison close, la tenancière d’un bordel de luxe entrent dans une esthétique baroque et surréaliste. La musique ou plutôt l’accompagnement sonore de la pièce sera, comme les costumes, une partie importante du décor, une part saisissante pour le spectateur immergé dans cet univers pour le moins bizarre. L’espace sonore donne sans cesse des indices au public sur ce qui se joue au dehors. Tantôt appel au réel, tantôt enfouie dans une autre réalité, celle d’un lieu clos, une sorte d’intimité à découvert. Car les clients du balcon semblent bel et bien prisonniers d’une maison d’illusions où ils se livrent à d’étranges réjouissances. En réalité, ce sont pourtant des personnalités incarnant le pouvoir.

C’est sans rien enlever au texte de Jean Genêt, ce qui est tout à l’honneur de la mise en scène, que les douze tableaux de la pièce sont exposés au public. Des tableaux au décor exquis, où les jeux de miroir laissent entrevoir clairement le théâtre d’un auteur pour qui tout est reflet. Ici, les actions se jouent dans un cadre ambulant, fragmentant plusieurs espaces, où la compréhension narrative se perd parfois, tant le texte est retranscrit dans son intégralité.

Christelle ZAMORA (Montpellier)

Le Balcon de Jean Genet
Compagnie Pourquoi pas - Les Thélémites
Du 8 novembre au 18 novembre 07
Théâtre Jean Villar - Tel : 04.67.40.41.39

Photo © DR

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Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2007-08
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