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Festival d'Avignon

16 novembre 2007 5 16 /11 /novembre /2007 18:21
SI LA VIE ÉTAIT UN RÊVE...

Elle serait magie, richesse, amour, poésie et délicatesse... Tel est le rêve de Blanche, personnage de Tennessee Williams, pris dans le filet de ses contradictions et de la confrontation de son monde intérieur avec une réalité triviale qu'elle fuit sans cesse.


Blanche, toute de blanc vêtue, échoue un beau jour à la Nouvelle-Orléans, dans un quartier ouvrier. Un tramway nommé Désir, le tramway de sa vie qui s'enraye, l'a menée là... Elle est descendue non loin de la station Cimetière et c'est un peu son passé qu'elle vient enterrer ici mais qui ressurgit malgré elle, avec son lot de turpitudes. Les Dubois, grande famille aristocratique du Sud, ont dilapidé leur fortune. Et Blanche n'a pour tout bien qu'une valise remplie de fourrures et d'hypothèques. Elle ne trouve pas l'apaisement attendu dans les bras et le foyer de sa sœur Stella. Mais l'exacerbation de ses fantasmes et des fantômes qui la poursuivent. Taraudée par un amour malheureux qui l'empêche de vivre, comme Amanda dans "La Ménagerie de verre", elle s'échafaude un monde meilleur, aussi fragile que le cristal.

tramway.JPG
La ménagerie humaine

On ne connaît de Blanche, au début, que son aversion de la violence, de la rudesse des hommes, de leur "animalité" qui éclate au grand jour lors de parties de poker trop arrosées. Sa passion pour la poésie, qu'elle enseignait auparavant à ses élèves. Sa peur de vieillir et son besoin de plaire qui la poussent à se mettre en tenue de gala dans le "pitoyable" deux-pièces que partage Stella avec Stanley, l'ouvrier polonais qu'elle a épousé, après s'être enfuie de la plantation.
Arrivée là sans prévenir, ou presque, sans billet de retour, Blanche va peu à peu entraîner son entourage dans un tourbillon de mensonges, séduction, faux-semblants et illusions... Jusqu'à mettre le couple en danger, jusqu'à croire elle-même à ses chimères et à sombrer dans la folie avec laquelle elle flirtait depuis tant d'années et qui la guettait au tournant de la vie. Depuis son premier amour, perdu dans la fleur de l'âge.

Un plateau rectangulaire. Le public de part et d'autre et au milieu, dans l'arène, car il s'agit bien d'un combat qui se livre là, entre rires grinçants et larmes amères, des êtres en proie à leurs doutes et leurs désirs. Comme venue de très loin, mezza-voce, une voix-off entraîne les spectateurs d'une scène à l'autre, et leur permet d'imaginer ce qui n'est que suggéré, véritable deus ex machina qui nous rend les protagonistes à la fois plus lointains et plus proches.
Si l'éclairage est vif quelquefois, la scène est souvent plongée dans une demi-pénombre, une atmosphère étrange, avec des halos de lumière sur les visages et sur les corps. Les personnages ne sont pas estompés pour autant et le drame y gagne en intensité. Références cinématographiques ? Certes mais cette scénographie et la mise en scène de Didier Carette, qui donne la part belle aux comédiens, font figure d'œuvre nouvelle et l'on oublie le film d'Elia Kazan.

Pris au piège de "l'araignée" Blanche, alias Marie-Christine Colomb, on s'attache aussi aux autres personnages, incarnés par des comédiens inspirés. Tant la ménagerie humaine de Tennessee Williams émeut, jusqu'aux larmes même, si l'on est enclin à en verser devant un beau spectacle... et une œuvre proprement bouleversante.

Bernadette POURQUIÉ (Toulouse)

Un Tramway nommé Désir (A Streetcar Named Desire)
Texte : Tennessee Williams (dans une traduction de Jean-Marie Besset, L'Avant-scène Théâtre, 2003 ; édition originale : New directions, 1947)
Interprétation : Marie-Christine Colomb, Olivier Jeannelle, Céline Pique, Régis Goudot, Georges Gaillard, Victor Lenoble, Charlotte Castellat, Jean Castellatt
Mise en scène : Didier Carette, Groupe Ex-abrupto
Création musicale : Charlotte Castellat
Scénographie, décor : Jean Castellat, Coralie Léguevaque
Costumes : Brigitte Tribouilloy, assistée de Chris et Namik
Création lumière : Alain Le Nouëne

Coproduction : Caligari Productions, Groupe Ex-abrupto

Au Théâtre Daniel Sorano à Toulouse du 13 au 23 novembre 2007

Théâtre Sorano
35 allées Jules Guesde
31000 Toulouse
Réservations au 05 34 31 67 16
http://www.theatresorano.com

Photo © Patrick Moll

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Published by Bernadette POURQUIÉ - dans En Région 2007-08
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