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Festival d'Avignon

13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 00:05
Y A DU FEYDEAU DANS L'AIR…

Un spectacle en roue libre d’après Feydeau, c’est tout un "Boulevard Feydeau" au Théâtre des Martyrs !


Annoncé comme "d'après Georges Feydeau", on s'attendait à un spectacle en roue libre, présenté qui plus est, par "Théâtre en Liberté", la compagnie installée au Théâtre des Martyrs. Effectivement, sur le thème du couple dans tous ses états, ce sont trois histoires, celle d'un couple enfantin et celles de deux couples infantiles qui se font la guéguerre, trois pièces courtes emballées ensemble avec quelques textes, citations et bouts de chansons, qui présentent modifications et ajouts ou coupures, costumes modernes, anachronismes et gags variés (mais pour une interprétation conventionnelle), le tout signé… ensemble, par deux metteurs en scène : Hélène Theunissen et Jean-Henri Compère. Scénographie de Daniel Scahaise, costumes de Anne Compère.

boulevard-feydeau.gif
Voilà, pourrait-on croire, de quoi (encore !) raviver le débat dont question plus haut. Mais ici, et bien que l'on ne puisse comparer un spectacle qui pourrait s'apparenter au music-hall à une des pièces majeures de l'auteur, on ne sent pas une "intention dramaturgique" claire, sinon celle d'amuser, à tout prix, sans trop bousculer un public fidélisé. Où se trouve l'épine dorsale du projet, plus évidente avec cette "Puce…", vieille d'un siècle pourtant ? Il n'y a comme fil rouge (?) qu'un personnage acteur-musicien (Christophe Destexhe) omniprésent, soulignant certains "effets", un peu à la façon "clin d'œil public" d'un chauffeur de salle. Le slogan proclamé "du vaudeville, du vrai", ne parait pas non plus très adéquat, étant donné d'une part, que le vaudeville de Feydeau n'est plus "le vrai", soit le genre à couplets qu'il voulait révolutionner et que de surcroît, avec des pièces comme "Mais n' te promène donc pas toute nue" (1912) et "Feu la Mère de Madame" (1908) on assiste plutôt à ces "pièces de moeurs" de la seconde époque de Feydeau.

Quelques exemples seulement : ce n'est pas d'entendre "le clair de lune à Maubeuge" qui peut gêner, Feydeau aimait les allusions au contexte de son époque mais alors pourquoi parler du "Bal des Quat'z'Arts" qui ne dit plus rien à personne aujourd'hui ? De même, le langage populaire qu'il aime employer, ne répugne pas aux mots d'argot mais même l'argot vieillit et tant qu'à faire entrer la politique belge du jour dans la cuisine de bourgeois Belle Epoque, pourquoi ne pas trouver l'équivalent argotique actuel de "crotte"?  Sur la route de "l'actualisation", les choix et les arrêts paraissent curieux et bien aléatoires… Meilleur moment, et idée plus originale, est de proposer "Fiancés en Herbe", à la fois pour sa facture et pour la façon de la mettre en scène. On y reconnaît les excellents Delphine Bertrand et Bernard Gahide. Et tandis qu'on est surpris par le barbouillage verdâtre d'Annette (la bonne de "Feu la mère…") on se dit, fataliste,  "Bon, ne boudons pas notre plaisir"… comme mon voisin ravi, et applaudissons les acteurs : Sylvie Perederejew, Stéphane Ledune, Laurent Tysseire qui s'amusent beaucoup, eux aussi.

Suzane VANINA (Bruxelles)


"Boulevard Feydeau"
Du 14.11.2007 au 5.01.2008 (Ma à 19 h, Me au Sa : 20 h 15/Di 9 et 16.12 à 16 h - Lu. 31.12. 20 h 15)
au Théâtre des Martyrs - Tél : +32(0)2.223.32.08 – Fax : +32(0)2.227.50.07

Photos © Philippe Fontaine

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
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