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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

13 décembre 2007 4 13 /12 /décembre /2007 00:27
AMERICAN WAY OF ARTS

« Jets and Sharks » incendient la scène du Châtelet dans cette version originale de West Side Story donnée à l’occasion du 50e anniversaire de la création de l’œuvre. Sans prendre une ride.


J’avoue, j’avais prié pour que ce spectacle soit fidèle au film, si fidèle que je ne voulais pas voir autre chose que Richard Beymer et la regrettée Nathalie Wood s’enlaçant en chantant « Tonight ». Je me disais, ce n’est pas possible, on a trop vibré en regardant West Side Story, on a trop pleuré en voyant Maria se pencher sur Tony lors de la scène finale, on a trop dansé avec Rita Moreno sur Mambo, pour sortir du Châtelet sans émotion !
En gagnant ma place, j’ai vu que la fosse regorgeait de musiciens et que le chef d’orchestre, Monsieur Donald Chan, n’avait pas l’air d’un jeunot. La salle, pleine à craquer, a murmuré un « allez », « commençons », « nous sommes prêts »  avant qu’un éclair d’applaudissement retentisse. Premières notes du prologue : ce son si familier de Leonard Bernstein. Go ! Go !

Les Jets, bondissant à l’unisson, gouaillent aux habitants du quartier le périmètre de leur territoire. Jeunes voyous issus de la W.A.S.P., ils forment une bande solidaire, à qui la rue appartient et à travers elle, l’impression stupide d’exister et de valoir quelque chose dans cette Amérique peu soucieuse de ses laissés pour compte.

Face à eux, d’abord en petit nombre, viennent se planter les Sharks. Ce sont les nouveaux migrants. Les « Portos », descendus récemment du bateau en provenance directe de Puerto Rico. Entre eux, commence une guerre fratricide dont le vainqueur se targuera d’être le possesseur de quatre blocks et d’un terrain de basket ball dans le West Side pourri de la Grande Pomme. Sous nos yeux, deux vagues d’immigrés s’affrontent pour un bout de quartier pauvre, avec, dans le crâne, une « American Way of Life » effritée par le chômage, le racisme et la violence ordinaire.

Et puis, et puis il y a Tony et Maria qui, pour leur malheur, n’appartiennent pas à la même communauté. Ils s’aimeront le temps d’un mambo jusqu’à ce que le combat opposant leurs frères ne les anéantissent à jamais. Tony et Maria sont les Roméo et Juliette des sixties, les innocents, amoureux transis mais confrontés à une réalité qui les dépasse. C’est beau, c’est romantique et, cette fois, c’est américain.

Un casting inégal

Car ce spectacle créé en septembre 1957 par Jérôme Robbins et Léonard Bernstein s’inscrit dans la plus pure tradition des comédies musicales américaines. Les acteurs doivent savoir tout faire : chanter, danser et interpréter leur personnage. Quelques 800 représentations plus tard, à Broadway, les deux hommes décident d’adapter cette pièce au cinéma. En 1961, dix oscars, dont celui du meilleur film, récompenseront l’initiative. Une consécration.

La version 2007, produite originellement à Broadway et reprenant fidèlement le livret, la musique de Bernstein et les chorégraphies originales de Robbins, ne méritera pas, à mon sens, autant de louanges. Car le jeune « Tony », petite frappe et ancien leader des Jets, doit incarner la fougue, la ferveur et pas la réussite sociale après sortie d’HEC. L’acteur que j’ai vu au Châtelet ce soir ne manque pas de voix (trop ténor d’ailleurs) mais de cheveux et de testostérone. Je ne veux pas voir un « Tony » boudiné dans un pantalon à pince se hisser avec difficultés sur les échelles de secours, bandoulières des immeubles new-yorkais. D’autant que tous les autres interprètes, « Riff »  et « Anita » en tête, sont excellents. Les chorégraphies sont exécutées avec brio et justesse. Le rythme, les impulsions, les portés, les enchaînements ont le mérite du travail technique impeccable et sont adroitement ajustés pour cette comédie musicale. En guise de décor, des panneaux d’immeubles new-yorkais coulissent et laissent place à des projections vidéo en noir et blanc du West Side des années 50. C’est sans rature, sûrement sans imprévu, et me conforte dans l’idée que les américains réussissent mieux que quiconque dans cette discipline.

En définitive et malgré l’embonpoint vocal et corporel de « Tony », ce spectacle tient le pari de la fidélité à l’œuvre d’origine et souligne la qualité technique et artistique des ballets d’outre Atlantique. Et pour le reste, on s’en remettra.

Priscilla GUSTAVE-PERRON (Paris)

Du 20 novembre au 1er janvier 2008 au Théâtre du Châtelet à 20 heures
Livret Arthur Laurents
Musique Leonard Bernstein
Chorégraphie Jerôme Robbins
Mise en scène et chorégrphie Joey Mc Kneely
Direction musicale Donald Chan
Réservation 01 40 28 28 40
Durée du spectacle : 2 h30 avec entracte

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Published by Priscilla GUSTAVE-PERRON - dans À Paris 2007-08
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