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Mois Après Mois

Festival d'Avignon

15 décembre 2007 6 15 /12 /décembre /2007 00:39
AU SERVICE DU TEXTE

Deux grands acteurs qui n’ont plus à faire leur preuve jouent avec les mots et le langage, se renvoyant avec nonchalance les mots et les phrases comme des balles de ping pong.


Quand Roland Dubillard écrit et joue « Grégoire et Amédée », qui deviendra en 1975 « Les Diablogues », c’est au départ pour la radio. La scène en plus, le style reste : tout est dans la parole. Les acteurs, eux, sont devenus deux anonymes aux costumes semblables, Un et Deux. Ils n’ont même pas un nom. Anne Bourgeois a choisi, pour sa mise en scène, un espace cosmique, une sorte de non lieu, où les acteurs bougent peu, pour laisser toute la place à aux effets de langage.

diablogues.JPG
Jacques Gamblin et François Morel incarnent ainsi deux hommes qui n’existent que par ce qu’ils disent ou « borborygment », deux êtres humains posés sur un plateau qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive : ils n’ont ni destin, ni histoire, ils ne sont pas des héros, ils pourraient être Monsieur Toutlemonde, mais dans un monde parallèle, ou sur un coin de comptoir. Pour Anne Bourgeois, il était essentiel que les deux personnages soient joués par des comédiens qui possèdent déjà un univers personnel fort, « qui savent utiliser cette angoisse adorable qui consiste à parler sans certitudes ».

Un public conquis d’avance

Une certitude en revanche, c’est que le public, acquis d’avance, rit beaucoup devant ces raisonnements par l’absurde entre deux personnages qui cherchent en vain à « comprendre » et des situations qui aboutissent à créer des conflits, non pas de personnes, mais des conflits quasi métaphysiques.
Car les sketches qui s’enchaînent ne sont ancrés dans le réel que par des objets ou des situations qui conduisent aux limites d’argumentations poussées à leur extrême. Le moindre mot ou la phrase la plus banale deviennent prétextes à un échange où dominent l’incompréhension et les malentendus. Une symphonie parlée devient « musique de placard », le compte-gouttes de Besançon qui ne sait pas compter, devient un bête « pousse-goutte » et si l’un des personnage ne supporte pas la pluie, c’est, selon toute évidence, parce qu’il est peureux…
A se perdre dans leurs discours, les comédiens semblent se régaler, et nous avec, même si cet univers un peu fou et un peu froid, car sans sentimentalité, transporte aussi un certain malaise.

Alexandra FRESSE (Paris)

Les Diablogues, de Roland Dubillard
Mise en scène : Anne Bourgeois
Avec : Jacques Gamblin et François Morel
Assistante à la mise en scène : Marie Heuzé - Direction technique : Pascal Araque
Décor : Edouard Laug - Lumières : Laurent Béal - Costumes : Isabelle Donnet - Son : Jacques Cassard
Du 21 novembre au 31 décembre 2007 à 18h30 et les samedis à 16h00
Relâche les lundis (sauf le 31 décembre) et les mardis, les 19, 20 et 26 décembre.
Au Théâtre du Rond Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8e 
Réservations au 01 44 95 98 21

Créé du 8 au 10 novembre à la Coursive, Scène Nationale de La Rochelle, le spectacle partira ensuite en tournée à travers la France jusqu’en mai 2008.

Photo © Philippe Delacroix

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Published by Alexandra FRESSE - dans À Paris 2007-08
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