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Festival d'Avignon

22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 13:19
DES HEROS QUI REVIGORENT

Les contes héroïco-urbains sont une bénédiction. Un spectacle efficace, désopilant, salvateur et touchant. Plongée dans le noir, l’atmosphère paraît lugubre. Des bruits grinçants à vous glacer le sang.

Diogène Ntarindwa entre en scène et le frisson se mue en gros poisson. L’Igifi si vous préférez. L’homme, perfecto métallisé, chaine et ceinture en or, le cherche désespérément. Prédicateur de Matongé, il lit dans les pensées. Celles des femmes. Parmi elles se trouvent l’élue, l’Igifi. Le comédien virevolte, nous relate sa quête. Les mots sont teintés d’humour « Vous avez les montres, et nous, africains, avons le temps ». Il harangue la foule, vient dans le public communier. On s’imagine sur le plateau d’un show du seigneur à l’américaine. Autre clin d’œil outre atlantique, le gros poisson trouvé a des faux airs de Marilyn. Il est temps de danser l’amour, la valse des contes peut continuer.

La scène est épurée. Seuls six meubles de bois hétéroclites la jonchent. A chaque conte son comédien, à chaque comédien un meuble dont il s’extrait. Une seconde tornade arrive. Isabelle Wéry parsème l’espace de vêtements et de jouets d’enfants. Collant rose, on hésite entre fitness et mauvais goût. Elle cherche simplement un costume pour une soirée déguisée. Le collant c’est flash-dance bien sûr… Pas convaincue, tiraillée entre une mère (trop) présente, des enfants à partager avec son ancien compagnon et un boulot à l’hôpital. Peu de place pour une soirée « célibataire » où la mère redevient femme. « 20h05. Manque plus qu’un costume, un genre, une personnalité et l’invitation ». Le jeu, énergique et drôle à souhait, sert à merveille un très beau texte de Karin Clercq. La tirade sur Lucky Luke perdu dans son ménage à faire les courses est truculente. « L’homme qui se tire plus vite que son ombre ». Trafic d’héroïnes est un joli conte sur la femme, ses vies à concilier, sa fragilité et sa drôlerie.

Spiderman tisse sa toile sociale

Juste le temps de laisser reposer les zygomatiques et l’entracte s’achève. Spiderman sort d’un meuble cercueil. Extraordinaire l’effet qu’il produit. Impossible de ne pas rire. Le héro semble hésitant, mal dans ses collants. Très gauche, on se gausse. Il se présente, énumère les cinq choses qu’il préfère au monde et celles qu’il déteste. La seconde chose qu’il adore, c’est nettoyer sa Punto et mettre un nouveau sapin dedans. Sans oublier Coralie Rodriguez Pereira, la fille des Portugais qui tiennent la boutique de gsm. Ecrit par Thomas Gunzig, cette peinture sociale est à la fois désopilante, touchante et d’une justesse douce amère. Mis en scène par Alexandre Drouet, Itsik Elbaz excelle dans ce rôle de Spiderman aux accents psychopathes si attachants. Il évoque la misère sociale ordinaire, exprime la frustration d’un looser dans toute sa splendeur. « La vie sera toujours comme un café froid, comme une fête où on n’a pas été invité, ce grand gâteau pas assez cuit avec des grumeaux de pas de chance à l’intérieur ». Moment grandiose.

Pas le temps de savourer qu’un dernier meuble s’ouvre. L’homme semble y être enchristé. Philippe Jeusette a reçu une mission divine : convertir les humains à la religion. Mais son action réveille en lui une soif de pouvoir difficile à étancher. Il vogue ainsi sur les flots de l’orgueil et de l’auto célébration. Le texte de Kenan Görgün est cru, parsemé de jeux de mots. Le comédien, lui, excelle et nous offre de précieux moments. Comme ce rap divin, drôle et ridicule. La religion en prend pour son grade.

Les contes héroïco-urbains sont une bénédiction. Il est temps de refermer cette parenthèse extraordinaire et de retourner dans notre quotidien d’héros ordinaires.

Gabriel HAHN (Bruxelles)

Textes : Olivier Coyette, Karin Clercq, Thomas Gunzig et Kenan Görgün
Mise en scène : Olivier Coyette, Daniela Bisconti, Alexandre Drouet et Michel Bernard
Avec : Diogène « Atome » Ntarindwa, Isabelle Wéry, Itsik Elbaz et Philippe Jeusette
Scénographie : Olivier Wiame
Lumières : Xavier Lauwers

Les Contes héroïcos-urbains du 4 au 22 décembre à 20h30 au Théâtre de Poche
Réservations : 026491727 ou reservation@poche.be


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Published by Gabriel HAHN - dans En Europe 2007-08
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