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Festival d'Avignon

21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 13:24
LA REALITE ET SES ASPERITES

Une scène centrale. Le public l’entoure de part et d’autre. Joli miroir, mise en abîme, indice d’une pièce qui tutoie les cimes.


Jonchés de reliefs et autres reliquats, poubelle rouge remplie à ras, les caillebotis de la scène tonnent l’arrivée métallique et fulgurante des comédiens. Blackbird, oiseau de fer aux griffes de velours, prend son envol froid et implacable. Démarrage sur des chapeaux de roue, pas le temps, ni la nécessité, de s’acclimater. Una retrouve Ray, quinze ans après. Il avait quarante ans, elle douze. L’histoire, suggérée par les mots, leur jeu, se dévoile peu à peu. Elle a conduit Ray en geôle et Una dans une prison de l’âme.

Univers froid et industriel, des néons bleus et verts surplombent la pièce. Valérie Marchant interprète une femme révoltée, enragée. Angelo Bison subit de plein fouet cette vague de colère. A cran, une pile électrique, épidermique. Il refuse d’admettre que le passé puisse se conjuguer au présent. Les dialogues fusent, le non-dit flotte et le suggéré l’emporte. Elle vient solder les comptes. Amants inconscients, partis sur la route. Après l’amour, il l’avait laissée dans un hôtel. L’avait-il abandonnée ? Allait-il revenir comme il le prétend ? La trame se déconstruit au fur et à mesure de son cheminement. On ne peut que le juger coupable au préalable. Mais elle le désirait et sa flamme elle attisait. Aimant, à sa façon, cet amant proscrit. Impossible, finalement, d’émettre quelconque jugement. La vérité est pleine d’aspérités. Rien n’est noir ou blanc.

Le texte de David Harrower, traduit par Zabou Breitman et Léa Drucker, est concis, percutant. Les comédiens, pétris de talent. On palpe cette rage qu’elle contient et déverse. Lui, parait tour à tour affligeant et touchant. Faibles, ils l’ont tout deux été, face à l’incongruité, l’impossibilité d’une relation emplie de passion. Choqué, ému, gêné, intrigué, fasciné, dégoûté. La pièce ne peut laisser indifférent, à aucun instant. Une mise en scène excellente sert ce merveilleux texte. L’histoire oscille entre les ténèbres et la lumière. Angelo Bison et Valérie Marchant se complètent et se hissent ensemble au sommet des planches. Aux moments de désespoir répondent des instants de beauté. L’habileté de la scénographie ajoute beaucoup au plaisir. Le public, qui se voit comme dans un miroir, scrute ses propres réactions en même temps que l’action. Envoûtant condensé d’humanité.
 
Gabriel HAHN (Bruxelles)

Blackbird
Auteur : David Harrower
Texte Français : Zabou Breitman et Léa Drucker
Mise en scène : Michael Delaunoy
Avec : Angelo Bison/ Ray, Valérie Marchant/ Una, Juliette Dalschaery et Raphaëlle Hanchar
Scénographie et costumes : Anne Guilleray
Lumière : Laurent Kaye
Composition sonore et régie générale : Raymond Delepierre

Proposée par le Rideau de Bruxelles du 20.11 au 15. 12 à 20h15 à l’ACB Factory, 174 rue Bara, 1070 Bruxelles

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Published by Gabriel HAHN - dans En Europe 2007-08
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