Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 00:49
UNE FABLE IDEOREALISTE

Saint-Pol-Roux, de son vrai nom Paul Roux, est né en 1841 à Marseille. Il fut, à son époque, encensé par les surréalistes avant de fuir le milieu littéraire et de s’installer dans un manoir sur les hauteurs de Camaret, dans le Finistère. Écrite en 1894, la pièce « Le Fumier » n’a pas connu d’adaptation théâtrale en son temps. Sans doute parce que ses métaphores, ses chœurs, ses symboles font d’elle une pièce avant-gardiste. Une fresque dont la vérité des propos confond encore les époques tant elle est prophétique.


undefinedC’est donc une première adaptation que celle orchestrée par Claude Merlin. Résultant d’un travail d’atelier théâtral, elle a portant été jouée une première fois au théâtre de La Guillotine de Montreuil, il y a près de deux ans. Quant à Jacques Bioulès, directeur du théâtre du Hangar, il accueille en ce début d’année 2008, une pièce « à part » dans un lieu « bien à lui ». A cet endroit devenu « centre d’art et de recherche », l’amour de la poésie se cultive et le travail de création occupe une place primordiale.

Le fumier, pièce révolutionnaire s’il en est, compte sept personnages et sept tournesols. L’histoire évoque la misère paysanne et sa révolte. Les ruraux sont ces "squelettes sur lesquels persistent des yeux, un peu de viande et de la peau". Ces hommes et ces femmes sont dépouillés de leurs larmes, de leur sueur, par les citadins corrompus.

Le texte très imagé est souvent repris en écho par le chœur. Les comédiens sont face au spectateur, leurs yeux posés dans le public donnent au dispositif frontal une force particulière. Une comédienne, de formation lyrique, imite le chant du paon et figure la présence d’animaux. Le cocasse prend sa place. Guillaume, à la fois squelette et personnage clé, voit mourir son épouse. Épuisée, le cœur las, elle le quitte à jamais. Le drame s’ancre dans sa réalité. Mais le grotesque le suit de près. De la tristesse, Guillaume passera à la révolte quand un peu plus tard ses enfants le quitteront à leur tour. Abandonné à sa solitude, il suit alors les conseils du pèlerin du ciel. Il veut « réécrire sa page noire ». A la tête d’une révolte paysanne, il part à l’assaut de la ville. Une fois les ors pillés, ils retourneront à la terre et à la vie. Le poète vient alors déposer sur scène des symboles que notre société de consommation doit rendre aux entrailles de celle qui nous a nourri. Message symbolique. Fable écologique. La force politique du texte pourrait le laisser croire. Claude Merlin n’y a point consenti. Car, « la terre grouille de squelettes » et de « merveilles ». Et la mort des uns fait partie de la vie des autres.

Si ce n’est pas un théâtre toujours accessible que celui programmé au Hangar, il laisse au moins à son public la possibilité de revoir les spectacles une seconde fois. Ici, les clichés n’ont pas leur place. La beauté du texte passe avant tout. Et le spectateur doit savoir mettre de la distance entre les mots et les émotions. Quant à la finesse de l’accueil, il ne laisse rien au hasard. Pas même cette cuvée offerte au public à l’issu de la représentation. « Le Fumier » est au final un plat qui se mange chaud.

Christelle ZAMORA (Montpellier)

Le fumier au Théâtre du Hangar
Du 4 au 15 janvier 2008
Mise en scène : Claude Merlin
Avec Benjamin Abitan, Basile Bernard de Bodt, Stanislav Dorochenkov, Anne-Lise Main, Françoise Pons, Christine Schaller, Fanny Touron, Claude Merlin
Costumes : Constance Pourtier
Lumières : Hervé Chantepie
Production : Compagnie A Toi Pour Toujours

Partager cet article

Repost 0
Published by Christelle ZAMORA - dans En Région 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche