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Festival d'Avignon

18 janvier 2008 5 18 /01 /janvier /2008 17:29
ENQUÊTE... DE LIBERTÉ

Une enquête policière sur fond historico-politique. Voilà la trame de fond de Qui a ramené Doruntine, le chef-d'oeuvre d'Ismail Kadaré, adapté et mis en scène par Anjeza Mara.


« Nous avons vu d'étranges choses, mais jamais morts et vivants chevauchèrent ainsi ensemble ». Le chœur de pleureuses évoque les tragédies antiques. Et comme chez Sophocle, c’est par une énigme que s’ouvre la pièce : qui a ramené Doruntine ?

dorantine.jpg
A 23 ans, cette jeune Albanaise, seule fille parmi les neuf fils d’une riche famille, choisit d’épouser un étranger. Une décision qui ne fait pas l’unanimité dans la famille : dans le Moyen-Age albanais, s’exiler n’est pas bien vu. Seul son frère Constantin la soutient, et promet à sa mère de ramener Doruntine lorsque le besoin s’en fera sentir.
Trois ans plus tard, la jeune fille revient au chevet de sa mère, mourante, et prétend que Constantin est venu la chercher. Or celui-ci, comme ses huit frères, a trouvé la mort à la guerre.

Est-il revenu d’entre les morts ? Doruntine cache-t-elle un amant ? Autant de questions auxquelles la pièce refuse volontairement de répondre. L’adaptation, tout comme les élégants jeux d’ombres et lumières sur les tissus blancs, reste sibylline. Authentique résurrection, inceste entre le frère et la sœur ou encore manipulation de l’Eglise catholique pour mettre en péril l’orthodoxie, la pièce nous livre des clefs, sans pour autant forcer l’interprétation. Le jeu des acteurs, pour la plupart de jeunes anciens du Cours Florent, sert avec brio la beauté du texte. On retiendra en particulier l’interprétation de Mathieu Bossard (le capitaine Stres), de Yohan Petiot (l’adjoint du capitaine) ou encore de Sébastien Cardi (l’archévêque).

Mort, tensions et isolement

Le récit oscille constamment entre enquête policière et conte fantastique. La scénographie, dépouillée, laisse toute sa place au texte d’Ismail Kadaré. Un rideau blanc sépare les morts des vivants, le rêve de la réalité. La mise en scène associe Carmina Burana  à du rock n’roll. De même, l’Albanie d’hier et d’aujourd’hui s’entremêlent, autour des thèmes centraux de la mort et des tensions entre Eglise catholique et orthodoxe, mais aussi de l’isolement du pays durant la période communiste, un isolement que voulaient déjà rompre Doruntine et son frère Constantin, avec ce mariage au-delà des frontières du royaume.

Chargé de mener l’enquête sur cette étrange affaire, le capitaine Stres, confronté à la rumeur qui enfle et à de mystérieuses visions, va découvrir en Constantin un visionnaire, habité par les idées de partage, d’échange avec le monde, des idées inacceptables à l’époque communiste à laquelle a été écrit le roman de Kadaré. Une belle découverte, véritable invitation au voyage et à la réflexion.

Michèle COLOMBEL (Lille)

Qui a ramené Doruntine ? d’Ismail Kadaré

Adapatation et mise en scène : Anjeza Mara
Assistante à la mise en scène : Delphine Guetti
Costumes : Clémentine Savarit
Régie : Ilda Mara

Avec :
Anjeza Mara, Nathalie Chikhaoui, Mathieu Bossard, Yohann Petiot, Delphine Guetti, Sébastien Cardi, Alexandre Piatti, Marine André, Annelise Charton, Geneviève Icart, Claire Van Rechem et Nicolas Guetti (voix off).

Représentations les dimanches: 9, 16, 23 Décembre 2007 et les 13, 20, 27 Janvier 2008 à 21h, au Théâtre des Deux Rêves, 5 Passage de Thionville, à Paris (Réservation: 0143792185)

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Published by Michèle COLOMBEL - dans En Région 2007-08
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