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Festival d'Avignon

24 janvier 2008 4 24 /01 /janvier /2008 08:57
UNE JALOUSIE BARBOUILLÉE

La comédie de Goldoni traite des rapports conflictuels entre un homme et une femme, mélange de jalousie maladive et de caprices puérils. Gloria Paris a voulu la moderniser et la traiter en bouffonnerie burlesque.


Si vous n’êtes pas sensible aux grimaces et pitreries à la De Funès, mieux vaut vous abstenir de louer des places. Si vous êtes enthousiaste du nonsense anglo-saxon ou des délires surréalisants à la belge, n’ayez pas trop d’illusions. C’est que les partis pris de la metteure en scène ne choisissent pas vraiment.

goldoni-2.jpg
Pour un pastiche, c’est plutôt lourd. Pour une parodie, cela vire à la farce plutôt appuyée, en vague référence à la commedia dell’arte. Pour l’absurde, cela manque singulièrement de débridé, d’irrationalité. Pour une comédie, cela emprunte les pistes d’un vaudeville à la Feydeau sans en posséder les rebondissements. La matière est là. Les trouvailles de détails sont multiples et constantes. Mais les ingrédients ont beau être présents, le plat manque de saveur : trop d’épices sans doute pour être autre chose qu’une tentative de gastronomie qui se révèle plat de brasserie pour convive pressé.

Il faut bien reconnaître aussi que l’intrigue se base sur un mécanisme récurrent, celui des volte-face perpétuels d’Eugenia et de Fulgenzio, de leur passage systématique de la dévoreuse passion amoureuse à la haine hurlante, de l’attirance irréversible au rejet faussement définitif. En dehors de cela, il n’y a que des comparses hétéroclites qui typent des personnages saugrenus. Du coup, ils deviennent de véritables caricatures.

De la sorte, le vieux serviteur se voit transformé en une sorte de Bérurier sorti tout droit des romans de San Antonio. Les autres ont des allures de personnages empruntés aux films comiques muets des débuts du cinéma, aux dessins animés se moquant allègrement du rationnel. Le travail corporel est considérable. Il développe une gestuelle déjantée qui tient parfois de la chorégraphie.

Sans doute les outrances correspondent-elles à celle du couple central qui ne cesse de pousser au paroxysme les sentiments qui les animent. Sans doute y a-t-il nombre de contradictions et d’éléments composites dans le comportement de la plupart des protagonistes. Ceci expliquant une mise en scène se dispersant en éléments disparates  qui sont loin de faire mouche.

Michel VOITURIER (Lille)

Au Théâtre du Nord à Lille du 11 au 24 janvier.
À l’Arc-en-ciel de Rungis les 30  janvier au 1 février.

Texte : Carlo Goldoni (éd. Flammarion)
Adaptation : Gloria Paris, Yannic Mancel
Mise en scène : Gloria Paris
Distribution : Émeline Bayart, Christophe Carassou, Bruno Fleury, Olga Grumberg, Jonathan Heckel, Anna Lien, Marilia Loiola de Menezes, Olivier Saladin, Daniel Tarrare , Baptiste Roussillon   
Scénographie : Alexandre De Dardel
Costumes : Axel Aust
Lumières : Pascal Noël
Son : Christophe Delforce
Maquillages et coiffures : Cécile Kretschmar
Assistante à la mise en scène : Caroline Mounier

Production : Théâtre du Nord ; Compagnie Chant V ; Théâtre de Rungis ; avec l’aide du Conseil Général du Val de Marne

Photo © Pidz


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Published by Michel VOITURIER - dans En Région 2007-08
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commentaires

Teleny 10/12/2008 11:58

Comme cette critique est constructive et bienvenue, La troupe vient de passer à Amiens en ce mois de Décembre avec une Farce bien grasse qui a remplis d'aise plus d'une Dinde qui gloussait dans le public à la vue de cette boufonnerie gavante.Prenez tous les synonymes de grossier, mélangeait à un tas de grimaces, une pointe de gueulerie inutile, une soubrette digne d'un film porno de 3eme zone et vous aurait "Les Amoureux" ! En cela Gloria Paris n'a rien a envié à Hilton Paris !

Chronique Fraîche