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Festival d'Avignon

25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 18:08
VINGT-CINQ ANS ET TOUJOURS EN ÉVEIL

Le théâtre "Le Public" a voulu fêter les 25 ans du "Théâtre de l'Eveil" en accueillant un spectacle qui termine "l'année de l'anniversaire", en 2007, ainsi que - comme un promesse - un autre spectacle, pour commencer une nouvelle année, en 2008, et confirmer une collaboration de longue date (1).

Toujours pareil à lui-même, le fondateur-directeur - mais aussi acteur-metteur en scène - de cette jeune compagnie, Guy Pion, est très heureux de la voir arriver à maturité ! Contre vents et marées, le "Théâtre de l'Eveil" qu'on peut qualifier de "Montois" (en résidence ou en partenariat, maintenant au "Manège" de Mons) a poursuivi ses objectifs premiers, avec une partie de ses fondateurs, en formant "une famille" tout en s'ouvrant aux collaborateurs et partenaires de toutes disciplines. Son nom vient du titre de sa première pièce : "L'Eveil du Printemps", de Wedekind, qui marqua en fanfare l'arrivée dans le paysage théâtral belge, d'une bande de jeunes étudiants acteurs, issus de l'I.A.D.(2). Mais "le hasard" faisant bien les choses, la Compagnie s'est depuis lors approprié la notion d'éveil comme "volonté de conseiller la vigilance  au spectateur" (de le rendre critique !) et de traduire cela dans sa programmation. Tout en poursuivant la tournée internationale de "Bouvard et Pécuchet" (voir écho sur ce site), l'année anniversaire est marquée par une autre création…

oiseau--cassandre-sturbois.jpg
Commedia dell' arte pour un conte fantastique

S'il s'agit d'une re-création pour cet "Oiseau Vert" de Carlo Gozzi, le réhabiliteur du "genre" dans les années 1760-1765, aborder la technique de la commedia dell' arte n'est pas une nouveauté pour le Théâtre de l'Eveil. L'"Altane Theatre" - une émanation éphémère de l'Eveil - s'en était même fait une spécialité. A l'origine, la rencontre de David Pion, fils de Guy, avec Carlo Boso. Alors étudiant, il participe à un stage dirigé par cet ex-pensionnaire du prestigieux "Piccolo Teatro" de Milan (voir écho "Il Ventaglio" sur ce site). Le fils fit se rencontrer ses deux "maîtres ès théâtre", et depuis 1997, l'Eveil poursuit une collaboration fructueuse en proposant des ateliers et en montant plusieurs spectacles de commedia dell' arte (reste encore dans les mémoires, présenté dans ce même lieu en 1996 : "Arlequin, valet de deux maîtres"). Avec cet "Oiseau…", "fabuleux", nous sommes davantage dans le domaine du merveilleux où - Rocambole largement dépassé - (absolument) tout devient possible : il s'agit d'un conte, d'une fable, avec moraleS… nous sommes bien dans la tradition fiabesque (de "fole"/fable) italienne, parfaitement respectée ici, avec des lazzis au goût du jour, qui ont fait mouche (exemple : la suggestion, écartée, d'un certain "gouvernement provisoire" pour le roi Tartaglione).

Le pari de réconcilier tenants des formes classiques et friands de modernité et de clins d'œil d'actualisation est tenu haut la main et cela donne une réalisation cohérente. Elle doit énormément à la scénographie - un décor modulable à souhait (comme les souhaits réalisés) - aux costumes, maquillages et masques; lumière et son n'étant pas de reste, d'ailleurs, ainsi que, bien sûr, l'interprétation de cette "famille", soudée en équipe. Suivant les affinités, on distinguera plus particulièrement l'un ou l'autre "type" : le Tartaglia de Olivier Massart ou le Pantalone de Freddy Sicx ou encore la Tartaglione de Marie-Paule Kumps ou la Smeraldine de Béatrix Ferauge et l'on n'oubliera pas le Truffaldin de Guy Pion, qui lui confère non seulement le côté virevoltant  et volubile mais le poids logique de la maturité. L'écriture versifiée s'étant faite légère et le rythme général soutenu, voilà un moment bien joyeux et ensoleillé dans le terne hiver !

Autre genre : le récital/concert "théâtralisé"avec "Si c'est chanté, c'est pas perdu…"

Et autre gros succès de la Compagnie. Créé  l'été 2003 pour le Festival au Carré de Mons, il a, étant donné son bel accueil du départ, "joué les prolongations, en tournant" en Belgique et en France. En exergue, la devise : "simplement pour que tout cela ne soit pas perdu" ! Tout cela… c'est-à-dire un florilège de textes et de chansons qui ont su soutenir et redonner espoir à tous ceux qui luttaient pour une Cause : droit à la justice ou à la paix. Connus, peu connus, inconnus, mots et notes de tous les pays, de toutes les époques… Jouant de la voix parlée ou vocale ou d'un d'instrument de musique, leurs (excellents) interprètes sont venus de partout pour dire la contestation et crier l'envie de liberté dans toutes les langues. Chanter pour changer les choses… Aux commandes et au lutrin "historique" pour un panorama documenté de l'histoire de la contestation en textes et chansons, on retrouve avec bonheur l'homme-orchestre Guy Pion. Homme à facettes également qui se sait se faire ironique ou grave et surtout sincère et généreux, comme ce spectacle, qui ravit bien sûr les soixante-huitards attardés mais qui sait, les jeunes-en-révolte… aussi, encore. La chanson dite "engagée" : une rengaine ringarde ? Les airs d'hier et de toujours, les appels d'antan ont rejoint les protestations d'aujourd'hui. La chanson contestataire a encore (hélas) de l'avenir, même si elle a pris d'autres formes (4) que la "Ballade des Pendus", vieille de quelques siècles et qui, cependant, émeut encore… Ces "Canuts" tout nus, dépouillés, pillés… n'ont-ils pas leurs "homologues" modernes ? Quant à l'amère ironie de Dylan avec son "With god on our side"… ça ne vous rappelle rien ?
Suzane VANINA (Bruxelles)

1) En effet, c'est en 1995 que l'Eveil se risque à envisager la coproduction avec ce théâtre privé qu'est "Le Public", récemment ouvert. Et ce sera le succès de "Arlequin valet de deux maîtres" de Goldoni, mis en scène par Carlo Boso.
2) Institut des Arts de Diffusion, à Louvain-la-Neuve, une des Hautes Ecoles belges 
3) Dans le cadre de cet anniversaire, un très bel ouvrage contenant un CD est sorti cet été, avec l'aide de la C.F.W.B. Intitulé "1982-2007-En Eveil depuis 25 ans", il se veut la "Mémoire d'une aventure théâtrale", relatée par son initiateur, Guy Pion.
4) circule sur la toile en ce moment : le nouveau single du rappeur sénégalais Didier Awadi : "We won't sign it now"/"On signe pas"… les APE.

Crédits photos © Cassandre Sturbois

"L'Oiseau Vert" : création/coproduction Théâtre de l'Eveil/Théâtre Le Public du 14.11.2007 au 31.12.2008 – "Si c'est chanté c'est pas perdu" : reprise de coproduction Le manège.mons/théâtre de l'éveil. Egalement au théâtre Le Public – www.theatrelepublic.be – www.theatredeleveil.org

"L'Oiseau Vert" de Carlo Gozzi dans une mise en scène de Carlo Boso
Interprétation : Sarah Brahy, Bernard Cogniaux, Joséphine de Renesse, Béatrix Ferauge, Laszlo Harmati, Thierry Janssen, Marie-Paule Kimps, Olivier Massart, Guy Pion, Grégory Praet, Ferddy Sicx, Sandrine Versele
Scénographie et costumes : Claude Renard
Masques : Stefano Perocco Di Meduna
Maquillages : Elvira Cicero
Lumière : Orazio Trotta
Son : Maximilien Westerlinck

"Si c'est chanté, c'est pas perdu" : Théâtre et chansons
Mise en scène : Charles Cornette et Guy Pion
Interprétation et chant : Delphine Gradin, Roberto Cordova, Guy Pion, Philippe Résimont
Direction musicale, arrangements, piano : Pascal Charpentier
Musiciens : Sam Gerstmans, Liborio Amico, Michel Seba, Daniel Miranda, Marianne Standaert

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Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
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