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Festival d'Avignon

27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 11:23
RODRIGUE, AS-TU DU COEUR ?

Après Jean-Louis Barrault, Gérard Philippe en 1951 et plus récemment Francis Huster, un nouveau Cid nous est offert ! Le jeune comédien Thibaut CORRION  incarne le Cid au Théâtre Gérard Philipe. La dernière mise en scène d’Alain OLLIVIER à Saint Denis.

UN PARI REUSSI

J’ai été conquis par l’interprétation de ce jeune artiste : fougueux Rodrigue.
Sa blondeur et son physique d’ange n’évoquent pas le sang d’une famille castillane si féconde en guerriers, mais il parvient  à nous entraîner dans son dilemme : mourir pour sauver l’honneur de son père, en perdant l’amour de Chimène.
Thibaut CORRION nous offre surtout une belle émotion : les dernières scènes avec Chimène (Claire Sermone) nous régalent d’un magnifique duo : tout en finesse. On voit, on sent qu’il a pour son aimée un amour fort et délicat, presque sans se toucher. L’acteur dit les alexandrins sans pérorer ; il parle simple et juste. Nous l’attendions dans son fameux récit « nous partîmes cinq cents et par un prompt renfort… » :  il est convainquant, même s’il manque un peu de chair.


UNE MISE EN SCENE  D'UNE HAUTE TENUE


Alain OLLIVIER, le metteur en scène, a réussi à ne pas transposer le déroulement de l’action dans une autre époque ; pas plus qu’il n’a brouillé les pistes par des fioritures. C’est sobre : du bon classique, sans être ampoulé ; sauf quelques alexandrins aux finales trop traditionnelles (pour la rime : comme le  « fil » au lieu du fils)
Le décor est brut : parquet de bois, piste d’escrime idéale, même si le sang ne coule pas sur scène. Les combats y sont absents,  à part le soufflet du Comte de Gormas, père de Chimène (un Philippe Girard bien présent) à Don Diègue (Bruno Sermone, un peu académique mais quelquefois surprenant).
Les costumes (de Florence Sadaune) d‘époque Louis XIII sont colorés : violets, pourpres, rouges,…Les étoffes aux somptueuses matières ont une tenue et une classe parfaites.
Les éclairages clairs obscurs (donnés par les ampoules dites « servantes ») concentrent l’œil.


UNE PIECE POLITIQUE

C’est ce qu’a voulu Alain OLLIVIER. Nous sommes au XVIIè siècle : c’est le roi qui décide. Il doit s’imposer contre la noblesse qui règle bien des conflits par le duel : près de 8000 gentilshommes ont perdu ainsi la vie. Ici l’autorité monarchique est incarnée par Don Fernand, campé par l’original John ARNOLD. Il parvient par quelques expressions, muettement, comiquement à montrer la clémence et la sympathie du roi ; il étonne par un côté presque désinvolte, hors des conventions royalistes.
Elvire, gouvernante de Chimène n’a pas une partition facile : elle ouvre le spectacle. C’est la comédienne Julia VIDIT qui l’incarne avec un jeu naturaliste et parfois des rythmes plus enlevés qui nous font pressentir une comédienne parfaite pour le vaudeville, allégeant ici l’atmosphère.


A SAINT-DENIS, C'EST LA CLASSE

On a des à priori : on dit que Saint Denis c’est la Zone ! Pas du tout !
A la sortie du métro : un petit village aux rues piétionnières pavées et très commerçantes.
Au Théâtre Gérard Philipe : une scène vaste, dépouillée, rustique où l’Art et la beauté sont au rendez-vous.
Même si le jeu un peu statique, le manque de bouillonnement espagnol, et le niveau des comédiens pas toujours égal, m’ont un peu gêné, je salue la mise en scène d’Alain OLLIVIER.
La soirée était belle, rappelant le festival d’Avignon : générosité, espace, subtilité et surtout le théâtre dans sa grande tradition puisque même les 3 coups y étaient au début du spectacle et à l’annonce du roi. Je suis certain que tous les jeunes écoliers et étudiants ont apprécié cette culture classique à travers un  Cid d’une grande noblesse dont l’auteur français, Pierre CORNEILLE, serait fier.
Nous souhaitons au nouveau directeur du TGP, Christophe RAUCK, nommé à partir du 1er janvier 2008, de continuer à nous offrir des spectacles  pleins de grâce comme ce Cid.

LIONEL R.

(Photo DR / Bellamy)

Publié en partenariat avec le Théâtre Gérard Philipe et l'accord des participants à l'atelier de critique théâtrale.

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Published by Lionel R. - dans À Paris 2007-08
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