Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 13:56
INTARISSABLE BECKETT

Dans le cadre d'"Europalia" qui jette ses derniers feux (1), voici qu'après quelques exemples forts auxquels nous avons fait écho, dont le "Piccolo teatro" de Milan au Théâtre National, c'est au tour d'une autre "grande maison" mythique de rencontrer le public belge. Cette fois au Théâtre Le Public, il s'agit de "The Gate Theatre" de Dublin, pour l'Irlande, et avec Barry McGovern, considéré comme "le" meilleur d'entre les meilleurs des interprètes, spécialistes de Beckett.


Le "Gate" existe depuis 1928 et, en 1991, il a créé l'événement en montant les 19 pièces de Beckett à Dublin (of course), puis à New-York, et poursuit dans sa volonté de jouer un rôle majeur dans la propagation de l'oeuvre de Beckett dans le monde.

Le bonheur de Beckett en langue originale… ou du moins dans la langue de l'auteur !

Correctif, tout de suite : Samuel Beckett est l'un des rares auteurs à avoir été aussi créatif dans deux langues simultanément, sans abandonner l'une pour l'autre. Si l'on ne présente plus Beckett, il faut présenter Barry McGovern, moins connu du spectateur francophone alors que, par ailleurs acteur renommé (théâtre et cinéma), il a contribué activement à la commémoration du centenaire de l'auteur en avril 2006, joué dans la plupart des pièces de Beckett, à la scène comme en radio, et qu'il  promène "I'll go on"depuis plus de vingt ans de par le monde.

Go-On-Camelia-Stein.jpg
Barry McGovern est un Irlandais sec et longiligne, comme Beckett, avec l'oeil ironique et la verve sarcastique de ce Beckett, autant à l'aise en anglais qu'en français. Or ce spectacle "traduit du français" est dit en anglais avec une volubilité propre aux Irlandais (et surtitré français/néerlandais !). "Parler vite, des mots, comme l'enfant solitaire… dans la nuit". Pour aborder l'œuvre du célèbre auteur de "En attendant Godot", nous avions pu, en début de saison, commencer par la fin, en somme (2). Le one-man show de Mc Govern, spectacle composite bâti sur trois courts romans, nous fait revenir au Beckett première époque, moins sombre, pour terminer sur le désespoir de cet "Innommable", après l'enfermement de Malone. Un parcours en trois monologues significatifs d'une oeuvre que l'on n'a pas encore fini de disséquer tant elle ouvre de portes. Si ces extraits de "Molloy", "Malone Dies/Malone meurt" et "The Unnamable/L'Innommable" forment une trilogie, un ensemble cohérent dont l'étrangeté a traversé, intacte, les années, il est divisé en deux parties, différentes de ton, par un court entracte.

Un rire comme "un sanglot à rebours"…

Après une présentation clownesque - qui n'étonnera pas certains exégètes de Beckett - "Molloy", pauvre infirme, pittoresque, issu du plus pur tragi-comique, se raconte, dans une langue étonnante de vivacité, d'humour mordant.  Ensuite, l'air se raréfie et les mouvements sont limités, nous arrivons aux espaces clos de Malone "qui naît dans la mort" et de celui, voix désincarnée, "qui n'a même plus de nom". Le personnage claudiquant de Molloy fait place aux immobilisés, semblables à ceux d'autres pièces de Beckett (le vieillard de "La Dernière Bande", l'agonisant de "Fin de Partie", ou l'enlisée de "Oh les beaux jours")…

L'étonnant est que la tension quasi insupportable pourtant présente dans cette seconde partie ne débouche pas sur un sentiment nihiliste mais, effectivement, comme semble le désirer et l'induire l'auteur, sur une lueur à entrevoir, sur un indestructible désir d'exister (sinon de vivre au sens banal), sur une énergie due en grande partie à celle que porte en lui cet inoubliable interprète, dans tous les sens du mot.

Suzane VANINA (Bruxelles)

1) pour la première fois, le Festival "Europalia" (depuis le 3.10.2007 jusqu'au 3.2.2008) s'est consacré non pas à mettre en valeur la production artistique qu'un pays mais celle des 27 pays de l'Union Européenne, fêtant ainsi le 50e anniversaire de cette Europe…

2) en début de saison du Théâtre Varia, un "Dépeupleur" moins connu, proposé avec bonheur par le Français Michel Didym

Crédits photos © Amelia Stein

Texte : extraits portés à la scène par Gerry Dukes et Barry McGovern des romans "Molloy", "Malone Dies" & "The Unnamable" de Samuel Beckett, 1947-1950/édit. de Minuit
Interprétation : Barry McGovern
Mise en scène : Colm O Briain
Scénographie : Robert Ballagh
Lumière : James McConnell
Production : "The Gate Theatre"/Dublin/Irlande et l'Irish Department of Arts

Du 22.01 au26.01.2008, 20 h 30 au Théâtre Le Public – Tél: 0800.944.44 – www.theatrelepublic.be
- www.europalia.eu –Tél : +32(0)2.507.85.94 – Fax : +32(0)2.513.54.88

Partager cet article

Repost 0
Published by Suzane VANINA - dans En Europe 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche