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Festival d'Avignon

31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 17:53
RÉSISTER AU TSUNAMI NÉOLIBÉRAL

Montrer que la résistance à la fatalité économique est indispensable, même si ses résultats ne sont pas probants, tel est l’essentiel  du propos de ce spectacle belgo-chilien.


Un décor brinquebalant signale la pension de famille à l’ancienne qui tient bon, vaille que vaille, tandis que les urbanistes bétonnent la ville aux alentours. Sept irréductibles s’y retrouvent s’efforçant de créer, d’affirmer leurs différences face à l’uniformisation mondialisée et au capitalisme cannibale qui a remplacé la dictature de Pinochet.

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Il y a la patronne des lieux, émigrée de retour de son exil, mélancolique et bougonne. Il y a le Don Quichotte de service, vitupérant à la façon des prophètes de jadis. Suit un poète âgé qui n’a que lui-même pour lecteur. Puis un fonctionnaire rêvant d’un théâtre à la Grotowski ainsi qu’une jeune journaliste Belge immigrée de fraîche date. Enfin se croisent un travesti en exode qui prépare un spectacle et une femme de ménage qui s’efforce de tout rendre propre.

Tous, par leur marginalité, leur désir créatif, s’opposent avec conviction et fragilité à l’inéluctable. Leurs comportements n’entrent pas dans les normes des conditionnements. Ils s’interrogent en vue d’éliminer le doute. Ils s’en prennent à la machine économique avec du dérisoire mais avec foi. Ce qui les intéresse est la vie et non la possession d’objets matériels.

Dans un esprit qui combine la caricature de Guignol, la fable politique selon Brecht, la farce héritière de la commedia dell’arte, Étienne van der Belen a mené sa mise en scène tambour battant. Sans doute convient-il de concentrer son attention de spectateur car les accents ou la langue espagnole qui se mêlent au français rendent parfois la compréhension du texte problématique. Les surtitres viennent à la rescousse. Et l’élan qui dynamise les interprètes donne sens à cet ensemble dont l’intrigue et l’exubérance entremêlée de chants s’apparente au baroque.

Michel VOITURIER (Bruxelles)

Texte : Juan Radrigan
Mise en scène : Étienne van der Belen, Eduardo Jimenez
Distribution : Edith Van Malder, Yves Delattre, Jimena Saez, Aldo Parodi, Adrian Dias Dramaturgie : Veronika Mabardi
Scénographie, costumes, éclairages : Eduardo Jimenez                                                Musique : Juan Salinas, Roberto Cordova
Coproduction : Manège Mons-Centre Dramatique / asbl Chispa / Maison de la Culture de Tournai / Centre culturel Matucana 100 de Santiago / Commissariat général aux Relations internationales
Création à Santiago le 13 décembre 2007. Au Manège à Mons du 22 au 27 janvier ; à la maison de la Culture de Tournai du 30 janvier au  2 février (069 30 20 80).

Photo © Daniel Cordova

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Published by Michel VOITURIER - dans En Europe 2007-08
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