Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Retrouvez nos critiques théâtrales sur :
Les informations sur nos cours d'improvisation théâtrale à Paris :

Musarder



Inscrivez-vous
au Club des abonnés (gratuit)




Découvrez nos cours d'improvisation théâtrale

Tous niveaux - 7e année

Les inscriptions sont ouvertes pour les cours d'improvisation à Paris qui débutent en septembre. Au choix, en français ou en anglais.



Nouveau !

Rejoignez notre cours d'impro en anglais :



Coaching prise de parole

           

Mois Après Mois

Festival d'Avignon

31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 17:57
PAS VRAIMENT LA MAISON DU BONHEUR
 
La dernière pièce de Frédérico Garcia Lorca est à l'affiche du théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis avec une mise en scène originale et métaphorique qui vaut le détour.
 

Le mari de Bernarda Alba vient de mourir. Pieuse et autoritaire, cette mère de famille décide de s'imposer, ainsi qu'à ses cinq filles, un deuil de huit ans dans le respect des convenances. Condamnées à rester enfermées, isolées dans leurs habits sombres, n'osant un regard vers le monde extérieur qu'à travers des volets, l'air est vite irrespirable pour ces jeunes femmes. L'aînée, Augustias, seule héritière du premier mariage de sa mère possède une fortune qui fait défaut à ses sœurs. Bernarda Alba décide d'accepter la demande de Pépé le Romano, le plus beau jeune homme du village qui souhaite l'épouser. La nouvelle bouleverse alors le précaire équilibre de la maisonnée. Adela, la plus jeune, ne souhaite pas se laisser aller au désespoir ambiant. Pleine de vie, elle souhaite aussi profiter. Jalousie, ressentiment, manque d'amour, les passions s'éveillent sous l'œil implacable de Bernarda.

bernarda-alba.jpg
Un théâtre de marionnettes vivantes

Dans son adaptation du roman de Frédérico Garcia Lorca, Andreas Novicov fait le pari de jouer sur la symbolique. La scène se réduit à un castelet aux dimensions respectables et le spectateur s'attend presque à voir Guignol apparaître une fois le rideau levé. Mais, s'il ne s'agit pas de marionnettes, on comprend vite que les êtres de chair qui le peuplent ne sont pas pour autant libres de leurs faits et gestes. Grâce à un habile système et à des costumes étudiés, les actrices paraissent aussi plus petites qu'en réalité. Engoncées dans leurs lourdes robes noires aux manches bouffantes, le teint cireux, les lèvres peintes, ces poupées tout droit sorties d'un tableau de Vélasquez ou d'El Greco s'agitent dans un vase clos. Avec cette mise en scène métaphorique, Andreas Novicov parvient à retranscrire l'atmosphère étouffante de l'Espagne traditionnelle des années 30 où, selon Garcia Lorca, la condition de la femme était aussi réduite que celle d'un pantin.

Le jeu des actrices et de l'acteur, qui joue la servante, est exceptionnel. Myriam Sintado joue une Bernarda Alba tyrannique plus vraie que nature. Quant aux filles, difficile de n'en citer qu'une ou deux. Toutes jouent leur rôle à la perfection, aussi bien Léa Polhammer qui interprète la cadette ingénue que Marie-Madeleine Pasquier (Martirio) qui ne rêve, elle aussi que du grand amour. Emmanuelle Ramu incarne en Augustias une superbe peste, fort hautaine.

Dernier texte de  Frédérico Garcia Lorca, La Maison de Bernarda Alba vit le jour dans les prisons franquistes quelques jours avant l’exécution de son auteur. Le message politique de la pièce est indéniable et sa fin dramatique rappelle celle des tragédies grecques. Choquant et sublime.

Juliette CELLO (Paris)
 
La Maison de Bernarda Alba

Théâtre Gérard Philipe
 59 Boulevard Jules Guesde. 93207 Saint-Denis
33(0) 01 48 13 70 00 - info@theatregerardphilipe.com

du 7 janvier au 3 février 2008,  du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30, le dimanche à 16h. Relâche le lundi.

Texte de Frédérico Garcia Lorqua
traduction française André Belamich
mise en scène Andrea Novicov
collaboration artistique Sandra Amodio
scénographie Christophe Kiss
lumière Danielle Milovic
son J-Baptiste Bosshard
costumes Anna van Brée, Coralie Chauvin, Lise Beauchamps
maquillages Julie Monot
régie générale François Béraud
administration Catherine Cuany
diffusion Pedro Jiménez Morrás

Avec
Valérie Liengme (Magdalena)
Marie-Madeleine Pasquier (Martirio)
Léa Pohlhammer (Adela)
Emmanuelle Ramu (Augusias)
Myriam Sintado (Bernarda)
Bartek Sozanski (Amélia)
en alternance avec
Pierre Spulher
Matteo Zimmermann (La Poncia)

Photo © Bellamy

Partager cet article

Repost 0
Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2007-08
commenter cet article

commentaires

Chronique Fraîche