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Festival d'Avignon

18 décembre 2005 7 18 /12 /décembre /2005 21:50

« NON, MONSIEUR, TOUT N’EST PAS PERDU… »

En hommage à la loi de 1905, dont c’est le centenaire, Serge Barbuscia a bâti un spectacle de cabaret sur le thème de la séparation des Églises et de l’État.

Comme le déclare le metteur en scène Serge Barbuscia : « Un spectacle pour rendre hommage à une loi, cela paraît a priori cocasse, mais peut-on vraiment rester silencieux dans cette année de centenaire ? Cette loi qui garantit à tous la liberté de conscience s’est construite dans la France républicaine. Elle permet aujourd’hui à tous, aux croyants, aux athées, aux agnostiques de vivre ensemble, sans contrainte religieuse ou idéologique, avec une égalité de droit. »

Ce que ce préambule ne dit pas et qu’on retrouve pour partie dans ce Cabaret républicain, c’est que de grands hommes tels que Voltaire, Émile Combes, Jean Jaurès, Victor Hugo… avaient préparé le terrain pour que cette loi en faveur de la laïcité soit adoptée. Cette loi, qui paraît aller de soi dans la France de 2006 (quoique…), a été imposée par ses flamboyants partisans, après des combats d’idées acharnés. La violence du verbe était souvent de mise : « Vous ne voulez pas la séparation de l’Église et de l’État, mais la suppression de l’Église par l’État… Au lieu d’une Église libre dans un État libre, vous voulez une Église soumise dans un État fort… » éructait Aristide Briand ; « Celui qui tient la femme, celui-là tient tout. D’abord parce qu’il tient l’enfant, ensuite parce qu’il tient le mari. C’est pour cela que l’Église veut retenir la femme, et c’est pour cela que la démocratie la lui enlève sous peine de mort » tonnait en retour Jules Ferry. Quant à Voltaire, il profère cette maxime sans appel, qui provoque en 2006 des bruissements progressivement assourdissants : « Non, monsieur, tout n’est pas perdu quand on met le peuple en état de s’apercevoir qu’il a un esprit. Tout est perdu, au contraire, quand on le traite comme un troupeau de taureaux, car, tôt ou tard, ils vous frappent avec leurs cornes. » De quoi donner du grain à moudre à nos hommes et femmes politiques actuels. Mais cette sentence et le poids de ces mots peuvent-ils encore irriguer leurs neurones nécrosés par la névrose du pouvoir ?



Pour que ce Cabaret républicain soit cuit à point, il doit être farci de deux ingrédients essentiels : l’humour et la légèreté. Clara Barbuscia (direction d’acteurs) et Serge Barbuscia (mise en scène) l’ont parfaitement compris.

D’abord par le choix, un peu désuet mais très plaisant, de la forme du cabaret, et d’une mise en scène fruitée. Textes, chansons et musiques s’enchaînent sur un rythme tonique.

Ensuite, les trois comédiens – Serge Barbuscia, Sébastien Lebert et Aïni Iften – prennent un plaisir visible à jouer, avec le sérieux d’enfants taquins et farceurs, qui partageraient avec leurs copains les confitures qu’ils ont volées.

Enfin, Aïni Iften, joliment accompagnée par l’accordéon de Patrick Licasale, se révèle une grande chanteuse, à la voix chaude, inspirée, émouvante, d’où sourd le grondement de la révolte. Elle sait, en outre, se glisser dans la peau d’un nouveau personnage à chaque chanson.

Et puis, ne serait-ce que pour réentendre des textes du très grand humoriste Alphonse Allais, par exemple, ce Cabaret républicain vaut le déplacement. Je prétends même qu’il peut requinquer quelques âmes esquintées.


Cabaret républicain ou Petit abrégé historique en textes, chansons et musiques sur le thème de la séparation des Églises et de l’État
Conception et mise en scène : Serge Barbuscia
Avec : Aïni Iften, Serge Barbuscia et Sébastien Lebert
Accordéon : Patrick Licasale
Direction d’acteurs : Clara Barbuscia
Décor : Éric Faivre
Illustration affiche : Bruno Aimetti
Théâtre du Balcon 38, rue Guillaume-Puy • Avignon
Tél. : 04 90 85 00 80 – télécopie : 04 90 82 94 83
theatredubalcon@9business.fr
Samedi 10 décembre 2005 à 20 heures, dimanche 11 décembre 2005 à 16 heures, jeudi 15 décembre 2005 et vendredi 16 décembre 2005 à 20 heures
Tarifs : 16 € et 11 €
Lundi 30 janvier 2006 à 19 heures, salle Bouvier à Morières-lès-Avignon

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Published by Vincent Cambier - dans Chroniques 2005-06
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