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Festival d'Avignon

11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 00:10
LE THÉÂTRE COMME UNE PRISON EXISTENTIELLE

Seul dans le noir sur le plateau du théâtre, figé par une poursuite qui n'éclaire tout d'abord que ses yeux, comme le piège conçu par une monstrueuse araignée, un homme se débat, tel un pantin dont une voix off de femme tiendrait les fils. Il n'est pas un  personnage de théâtre emblématique ou même un peu connu : c'est un simple électricien  venu pour changer les ampoules !... Monsieur Tout le monde donc ou encore chacun de nous en... impuissance.


Marc Apoulfer – c'est son nom – est en somme le petit cousin du Joseph K du Procès de Kafka. Comme Adam dans le Jardin d'Eden, après avoir mangé le fruit défendu de la connaissance et qui croit entendre la voix de Dieu lui reprochant d'avoir fait usage de la  fausse liberté qu'il lui avait pourtant accordée, il est agressé, poursuivi, manipulé par un  personnage off dont nous n'entendons nous aussi que la voix. Cette voix off  ne se contente pas de lui intimer des ordres,  elle  lui fait subir aussi, sans  répit, des tortures physiques et mentales, tel un montreur de marionnettes sadique...

VOIX-OFF-S.C.C.jpg
Notre  « héros » n'est jamais, ou si peu que ce soit, libre de ses mouvements et de ses attitudes.  Il  lui arrive parfois de prendre des poses qui peuvent évoquer certains tableaux de peintres  médiévaux comme par exemple une crucifixion. Il lui arrive aussi - enfin et heureusement !  - d'esquisser des gestes et paroles de révolte totale contre cette mystérieuse voix off qui est à  la fois son geôlier et son bourreau...

Perfectible mais prometteur

Stéphane Roux est l'auteur et le metteur en scène de ce spectacle – ou plutôt antispectacle –  que présente sa compagnie avignonnaise « Un peu de poésie ».  L'idée de départ en était très intéressante. Le résultat ici présenté l'est aussi. Avec quelques réserves toutefois... On pourra  regretter la présence excessive, envahissante, de cette fameuse « voix off », comme si le vrai  « spectacle » se tenait hors du plateau de théâtre. Ou encore l'utilisation excessive et un peu  facile des projections vidéo évoquant toute une série de catastrophes dont l'humanité est  parfois à l'origine, mais pas toujours...

Faut-il mettre ces quelques scories au passif d'une  élaboration et d'un montage trop rapides ? Quoiqu'il en soit,  on aimera revoir cette « Voix  Off », perfectible mais prometteuse, après que son auteur et metteur en scène aura su lui apporter les modifications qu'elle appelle... 

A l'actif du spectacle, il faut souligner particulièrement la performance – physique,  notamment – du comédien Jean-Marie Meylan dont le magnifique tonus permet de conférer  à son personnage cette désespérée force de révolte, cette nécessaire dynamique de combat  contre un sort rien moins qu'enviable et à l'origine de toutes les tragédies. 

Henri LÉPINE (Avignon)

« Voix Off », Cie « Un Peu de Poésie », Auteur et metteur en scène : Stéphane Roux,  Assistante metteur en scène : Kali, Interprète : Jean-Marie Meylan, Voix : Magali  Dumont, Arrangement voix : Benoît Pouzol, Graphisme : Osaki. Fest'hiver n° 3 des Scènes d'Avignon et Cies.

Théâtre des Carmes, jeudi 17 et samedi 19 janvier 2008.

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Published by Henri LÉPINE - dans En Région 2007-08
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