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Festival d'Avignon

17 février 2008 7 17 /02 /février /2008 18:02
L’AUTRE FRANCE 

Leçon d’histoire au théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis. Point question pourtant de héros nationaux illustres. Dans Vive la France, Mohamed Rouabhi donne la parole à ces hommes et ces femmes qui ne l’ont jamais. Le portrait d’une société sombre et inégalitaire.


Si vous ne vous êtes pas renseigné sur le sujet de cette pièce avant de vous asseoir dans la salle, vous risquez d’être surpris. Bien sûr, vous vous doutiez qu’il serait question de l’histoire de la France mais de quelle manière serait-elle abordée ?

vivelafrance.jpg
La salle est plongée dans le noir, une voix off commence à parler. Des phrases choc retiennent l’attention : « Je veux parler de ce mépris. De ce mépris, qui parfois m’a laissé sans voix », « Le mépris pour notre histoire sera toujours un mépris pour nous-même ». Progressivement, la lumière laisse apparaître un homme, venu déposer un bouquet de fleur sur une tombe. Il s’agit de celle de Zied et Bouna, les deux jeunes adolescents morts électrocutés à Clichy-sous-Bois. Le ton est donné, le titre « Vive la France » doit être compris dans toute son ironie et son sarcasme.

Mohamed Rouabhi a décidé de donner la parole à ceux qui ne l’ont pratiquement jamais, ceux que l’on oublie ou que l’on ne veut pas voir. Qu’il s’agisse des SDF plantés au bord du périphérique ou des jeunes de banlieue que la société ne parvient pas à intégrer, de ces hommes qui ont combattu sous le drapeau français pendant la colonisation ou de ces minorités qui n’arrivent pas à se faire entendre.  Pendant la première partie, Mohamed Rouabhi remonte le temps. Des jeunes cagoulés slameurs et rapeurs au début de la colonisation en passant par les constructions des HLM et la guerre Viet-Nam. La deuxième partie dénonce l’état de la société aujourd’hui. Une société qui va mal où les idées d’extrême droite gagnent du terrain, où les plus démunis se sentent abandonnés et où le président de la République convoque l’autoritarisme.

Des vérités qui dérangent

Le portrait de cette France qui va mal dérange. Le propos et les scènes dégagent une violence qui peut mettre mal à l’aise. Certains plans fixes sont parfois longs et à la limite du supportable. Bien sûr, l’idée est justement de se mettre à la place de ces gens qui vivent si difficilement à la marge. Mais étant donné la longueur de la pièce (3h20 avec entracte), la succession de plans finit par lasser.

Slam, danse, musique, images d’archives, Mohamed Rouabhi propose une mise en scène variée qui permet d’instaurer un dialogue entre passé et présent. Le nombre de comédien surprend. Ils sont 29 au salut final dont Mohamed Rouabhi lui-même ; des blancs, des noirs, des jaunes, des métisses, des jeunes issus pour la majorité de la région parisienne, de Noisy, d’Epinay, de Bobigny. Une pièce dans laquelle ils disent se reconnaître. Tous prennent leur rôle à cœur. Certains ont même participé à l’écriture des slams. Malgré les constats pessimistes de Mohamed Rouabhi, sa franchise et son travail nous adresse une piqûre de mémoire sur les origines de la population française d’aujourd’hui. Il donne à voir une France jaune, blanche, noire qu’on l’habitude de voir plus facilement représentée dans les stades que sur la scène.
Juliette CELLO (Paris)

Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis
Centre dramatique national
59, boulevard Jules Guesde
93207 Saint-Denis cedex
renseignements et réservations 01 48 13 70 00
du mardi au samedi à 20h – dimanche à 16h
relâche le lundi (sauf lundi 4 février), et le mardi 5 février

Mise en scène, jeu, texte, images, scénographie : Mohamed Rouabhi
Assistanat à la mise en scène, dramaturgie, régie vidéo : Jeanne Louva rd
Avec Bijou, Inès, Ucoc, Karim Ammour, Kouthair Baccouche, Géraldine Bourgue, Mouloud Choutri, Marisa Commandeur, Cyril Favre, Farid Hamzi, Ricky Tribord, Mylène Wagram, Peggy Yanga
les voix de Thierry Desroses, Octave Lai, Issa Bidard et la chorale Moun Bwa dirigée par Inès, avec AC, Delphe, Sweaf’viv, Peggy Yanga

création lumière : Nathalie Lerat
création son : Thierry Rallet
direction technique : Julien Barbazin
régie plateau : Laurence Vlasic
administratrices : Véronique Felenbok, Florence Bourgeon
assistantes de production : Emel Hollocou, Nelly Frois sart
attaché de presse : Olivier Saksik

photos © Bellamy

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Published by Juliette CELLO - dans À Paris 2007-08
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