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Festival d'Avignon

23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 16:03
UN LIVRE COMME CHAMP DE BATAILLE

En partenariat avec Beaumarchais et la SACD, le Ring Théâtre a donné une lecture de  l'oeuvre d'André Sarcq « Nous nous dirons donc vous » en présence de l'auteur et d'un  metteur en scène invité : Alain Timar. 


Oeuvre étrange que celle qui nous donne à voir l'affrontement sans merci de deux êtres – un  homme et une femme – assis sur un banc dans un parc, en ce début du XXIème siècle, au  coeur d'un mois de juillet qu'un froid glaciaire envahit peu à peu.

Mais le plus étrange est  sans doute le fait que le champ de bataille théâtral sur lequel ils se rencontrent est un livre,  un livre réel. C'est un livre – le seul – écrit en 1930 par Marcelle Sauvageot, intitulé  « Laissez-moi ». Marcelle Sauvageot, abandonnée par l'homme qu'elle aimait et qui pourtant  l'aimait aussi, est décédée de la tuberculose le 6 janvier 1934 à la tombée du jour au  sanatorium de Davos, en Suisse. Cette femme et cet homme (les comédiens Coralie Trichard et Jean-Luc Rehel) ne se  connaissent pas. Nous apprendrons assez vite qu'ils ont exactement le même âge : 34 ans,  celui qu'avait Marcelle Sauvageot au moment de son décès ! Qu'ils se prénomment, lui  Vincent, et elle... Marcelle !  Ils semblent ne faire ici que se croiser... Lui est précisément en  train de lire le livre.

C'est cet élément qui va les mettre en contact et leur faire entamer le  combat. Un combat sur le thème de l'abandon, l'abandon amoureux... Peut-on abandonner  quelqu'un qu'on aime, demande Marcelle ?... Oui, c'est possible lorsque cette décision est  dictée par la nécessité... Vincent le sait bien qui vient de quitter son ami devenu séropositif...

L'abandon : premier pas vers la mort ?


Vincent le pragmatique nous semble tout à fait bien installé dans la vie trépidante de ce début de siècle. Né en Normandie, près de Caen, il vit à Munich et est dans les affaires. De Marcelle, nous apprendrons qu'elle est née à Charleville, la patrie de Rimbaud. Elle est  enseignante en lettres, en disponibilité.   Autour d'eux, dans le parc, la ville qui l'entoure, le silence se fait... Plus de bruits de circulation. Et toujours ce froid envahissant. Mais d'où viennent ces toux qui semblent surgir  de nulle part et que Vincent est le seul à entendre ?... C'est à partir de cet instant que tout semble basculer hors du temps et que Marcelle impose  cette « inquiétante étrangeté » que l'on rencontre parfois...

Bien sûr, nous nous étions déjà posés bien des questions sur le statut de ces personnages et le pourquoi de leur rencontre... Si  Vincent nous semble bien vivant, qu'en est-il de Marcelle ? Ne serait-elle pas un fantôme,  celui de la Marcelle du livre ? La pièce nous introduit alors dans « ce temps de tension entre  le mourir et le naître, le lieu de solitude où trois rêves se croisent » évoqué par le Mercredi  des Cendres de T.S.Eliot et cité en exergue du texte d'André Sarcq. 

Henri LÉPINE (Avignon)

« Nous nous dirons donc vous » de André Sarcq.
Lecture par Jean-Luc Rehel et  Coralie Trichard en présence de l'auteur.
Metteur en scène invité : Alain Timar.
Le  Ring, jeudi 17 janvier 2008 à 20h30.
Le livre de Marcelle Sauvageot « Laissez-moi » a  été réédité en février 2004 par les Editions Phébus.

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Published by Henri LÉPINE - dans Conférences et lectures
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